Quatre ans requis contre Jacques Mariani pour la corruption d'un surveillant de prison

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Quatre ans requis contre Jacques Mariani pour la corruption d'un surveillant de prison

Publié le 16/05/2017 à 22:05 - Mise à jour à 22:10
© BERTRAND LANGLOIS / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP
-A +A

Quatre ans de prison et une amende de 50.000 euros ont été requis mardi contre Jacques Mariani, héritier d'un baron de la bande criminelle corse de La Brise de Mer, jugé par le tribunal correctionnel de Marseille pour la corruption d'un surveillant de prison.

Guillaume Payet, l'agent pénitentiaire de la centrale de Saint-Maur (Indre) où était détenu Jacques Mariani jusqu'en 2013, a reconnu devant le tribunal la remise de sept à huit téléphones portables, de clés 3G et d'une trentaine de bouteilles d'alcool en contrepartie d'une somme totale de 15.000 euros.

La procureure Sophie Mercier a par ailleurs dénoncé "une insulte faite à sa profession et un comportement particulièrement grave car il a créé un danger au sein de la maison centrale". Elle a requis contre l'agent pénitentiaire Guillaume Payet deux ans de prison avec sursis, une amende de 20.000 euros et une interdiction définitive d'exercer une fonction publique.

Membre du grand banditisme insulaire, Jacques Mariani, 51 ans, qui purgeait notamment jusqu'en février une condamnation de 15 ans de réclusion pour l'assassinat d'un jeune nationaliste en 2001 à Bastia, a, tout au long de l'instruction, dénoncé un acharnement de la justice contre lui.

"Il ne faut pas inverser les rôles", a rétorqué Mme Mercier. "Vous jugez bien l'acharnement de Jacques Mariani à se maintenir dans l'illégalité et la délinquance pour conserver son influence délétère. Son sentiment de toute-puissance manifeste l'anime toujours".

En liberté conditionnelle et sous surveillance électronique, Jacques Mariani est jugé depuis lundi en son absence, après avoir fait savoir au tribunal qu'il ne s'estimait pas en sécurité à Marseille. La procureure a abandonné les poursuites concernant des faits de blanchiment en bande organisée et de recel d'abus de biens sociaux retenus par le juge d'instruction.

Les téléphones portables et matériel informatique remis au détenu par le surveillant empruntaient, selon la procureure, "une chaîne de remise" composée de proches et d'affidés.

Une peine de deux ans de prison et une amende de 10.000 euros ont été requises contre Walid Sassi, un jeune Aixois qui s'était lié d'amitié avec Jacques Mariani lors d'une détention commune. Deux ans de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ont aussi été réclamés contre Pascale Mariani, la sœur jumelle de Jacques Mariani soupçonnée d'avoir préparé les envois d'objets illicites.

Contre Antoine Patacchini, notaire corse radié il y a 32 ans, deux ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende ont été réclamés. Jugé pour recel, il avait récupéré en 2006 le trésor de guerre de son ami Francis Mariani, père de Jacques, mort en 2009 dans l'explosion d'un hangar. Part du butin du casse du siècle -celui de l'UBS à Genève en 1990- ou fruit d'activités illicites? Cette somme avait été "administrée" par Antoine Patacchini comme en témoignent des comptabilités occultes retrouvées chez les proches de Francis Mariani. La défense de Jacques Mariani devait plaider sa relaxe.

Le délibéré a été fixé au 22 mai à 08H30.

Auteur(s): Par AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Antoine Versini (C), l'avocat de Jacques Mariani, au tribunal correctionnel de Marseille le 15 mai 2017

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-