Du "Front" au "Rassemblement", Marine Le Pen veut raviver la flamme de la droite nationale

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Du "Front" au "Rassemblement", Marine Le Pen veut raviver la flamme de la droite nationale

Publié le 11/03/2018 à 04:00 - Mise à jour à 18:08
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Auteur(s): Par Anne RENAUT, Paul AUBRIAT - Lille (AFP)

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Les adieux au Front national: Marine Le Pen a proposé dimanche aux militants de rebaptiser son parti d'extrême droite "Rassemblement national", pour tenter de retrouver la dynamique qui l'avait portée au second tour de la présidentielle.

"La rénovation pour laquelle vous m'avez élue, je vous demande maintenant de la conduire à son terme, c'est la condition de notre succès", a-t-elle déclaré dans son discours de clôture du 16e congrès de sa formation à Lille. Ce nouveau nom sera soumis à un vote par courrier des militants, dont le résultat ne sera pas connu avant au moins 6 semaines.

Fusion sémantique de "Front national" et "Rassemblement bleu marine", la nouvelle dénomination rappelle également le nom du groupe parlementaire frontiste à l'Assemblée nationale entre 1986 et 1988, "Front national-Rassemblement national".

Objectif: poursuivre l'entreprise de dédiabolisation entamée depuis la prise du parti par Mme Le Pen, en 2011.

Dimanche, la fille de Jean-Marie Le Pen a été réélue à l'unanimité - puisque seule candidate - pour un troisième mandat de présidente, lors d'un congrès qu'elle voulait de "la refondation".

Les militants ont également voté les changements de statuts qui suppriment le titre de président d'honneur, occupé par l'encombrant ex-président du parti, Jean-Marie Le Pen. Ce dernier n'a donc désormais plus aucun lien avec le mouvement qu'il avait fondé en 1972.

A la fois forte d'un score historique à la présidentielle avec près de 11 millions de voix au second tour, mais affaiblie par un débat d'entre-deux tours raté et une image dégradée, Marine Le Pen entend reprendre la main.

Dans son discours de clôture, l'ex-avocate de 49 ans a tenté de s'imposer comme première opposante au président de la République, en fustigeant "l'errance" d'Emmanuel Macron.

"Dans la France de M. Macron, être +marcheur+ c'est être un nomade, tout comme le sont les migrants et les expatriés fiscaux", a déclaré la dirigeante devant 1.500 militants.

Le nom du mouvement "En Marche" fondé par Emmanuel Macron "est en soi une profession de foi pour un nomadisme décomplexé avec pour prolongements implicites un sans-frontiérisme et un immigrationisme irréductibles", a-t-elle ajouté.

S'adressant à l'aile droite de son parti, incarnée par sa nièce et ex-députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen a dénoncé une "société sans limites", en "pleine inversion des valeurs".

Pour son aile gauche, qu'incarnait son ancien bras droit Florian Philippot avant qu'il claque la porte du parti en septembre, elle a promis de "protéger" les Français du "déclassement programmé", de défendre les services publics et de mettre en œuvre un "patriotisme économique".

- "Rien ne change vraiment" -

L'équilibre des sensibilités au sein du parti avait déjà été respecté, dimanche matin, lors de la présentation du nouveau "parlement du parti", dont le mode de scrutin permet de rayer des noms et donc d'obtenir un classement.

Louis Aliot, le compagnon de Mme Le Pen, a été le mieux élu par les militants, devant Steeve Briois, un autre très proche, jusqu'alors secrétaire général du mouvement.

Nicolas Bay, un fidèle mais dont d'aucuns estiment qu'il porte d'intarissables ambitions, notamment en portant la ligne conservatrice auparavant incarnée par Marion Maréchal-Le Pen, complète le podium. En 2014, lors du précédent scrutin, il n'avait été élu qu'à la dixième place.

L'exécutif du parti a également été renouvelé: l'ancien secrétaire général Steeve Briois devient l'unique vice-président du mouvement, Wallerand de Saint-Just reste trésorier. Entrent en outre pour la première fois au bureau exécutif Sébastien Chenu, jusqu'à présent porte-parole, David Rachline, maire de Fréjus, et le député du Pas-de-Calais Bruno Bilde.

"Rien ne change vraiment", a soufflé un cadre FN dans les couloirs, alors que dimanche, un sondage Ifop pour le JDD indiquait que seuls 39% des Français souhaitent la candidature de Mme Le Pen à la prochaine présidentielle en recul de deux points par rapport à septembre 2017, contre 61% qui ne la souhaitent pas.

Samedi, elle avait pu compter sur les encouragements de Steve Bannon, ex-directeur de campagne de Donald Trump.

Invité surprise et vedette du congrès, celui qui incarne la droite américaine la plus dure, régulièrement soupçonné d'accointances avec les suprémacistes blancs, a voulu convaincre que "l'Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire".

D'ici là, le nouveau parti de Marine Le Pen, ripoliné, rebaptisé et expurgé de Jean-Marie Le Pen, garde l'un de ses fondamentaux: la flamme, calque du logo du parti néofasciste italien Mouvement Social Italien (MSI, aujourd'hui disparu) restera son emblème, a promis la présidente.

Auteur(s): Par Anne RENAUT, Paul AUBRIAT - Lille (AFP)


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