Sécheresse, loups et pesticides: Didier Guillaume face aux angoisses des agriculteurs

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Sécheresse, loups et pesticides: Didier Guillaume face aux angoisses des agriculteurs

Publié le 29/08/2019 à 14:17 - Mise à jour à 17:18
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Auteur(s): Par AFP - Paris

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Gestion de la population de loups, lutte contre la sécheresse et pesticides : à la veille de la rentrée, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a tenté de répondre jeudi aux angoisses des paysans en annonçant une série de mesures.

Dans un entretien sur CNews, il n'a toutefois pas fait de commentaires sur les accords commerciaux avec le Canada et le Mercosur, traités contre lesquels les agriculteurs ont manifesté cet été. Il n'a pas non plus développé le sujet du bien-être animal, se contentant de promettre des mesures sans les dévoiler.

- "Effaroucher" les loups -

"Je souhaiterais un décret pris par le Premier ministre ou la ministre de la Transition écologique, non pas pour tuer, mais pour effaroucher, que l'éleveur qui a le permis de chasse puisse défendre son troupeau" a dit le ministre jeudi matin sur CNews. "Effaroucher, c'est mettre un coup de fusil, pas forcément tuer, mais les faire partir", a-t-il précisé.

"Nous venons de mettre en place le plan loup, et nous avons la possibilité de faire des prélèvements jusqu'à 17% de la population de loups, car le loup n'est plus une espèce en voie de dépeuplement (...) il y a plus de 500 loups sur le territoire français".

Mais dans les Hautes-Alpes, les éleveurs du parc des Ecrins sont dans une situation particulière : "Dans un parc naturel on ne peut pas tirer, c'est la loi", a rappelé le ministre, en assurant avoir "vu la détresse des éleveurs, qui n'en peuvent plus".

Les éleveurs qui bloquaient l'entrée principale de la préfecture des Hautes-Alpes depuis lundi soir ont levé le camp dans la nuit, sans avoir obtenu l'autorisation de tirer sur les loups, à l'issue d'une rencontre mercredi soir entre la patronne de la FNSEA et la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

- Sécheresse: des retenues d'eau autorisées -

A l'heure où la sécheresse a de nouveau affecté les cultures et l'élevage, M. Guillaume a également annoncé que le gouvernement allait autoriser la mise en place d'une "soixantaine" de retenues d'eau sur le territoire, entre 2019 et 2022, pour mieux gérer l'irrigation des terres agricoles.

"On ne va pas regarder la pluie tomber du ciel pendant six mois et la chercher les six autres mois de l'année. Il s'agit de capter l'eau de pluie, de la retenir dans des retenues +collinaires+, (...) pour pouvoir la restituer après dans les sols, lorsqu'il y a sécheresse", a-t-il expliqué.

Alors que ces projets sont régulièrement attaqués devant les tribunaux administratifs par les associations de défense de l'environnement, le ministre a rappelé avoir, avec le ministère de la Transition écologique, "obtenu une instruction arbitrée par le Premier ministre" pour "à nouveau faire des retenues d'eau".

- Pesticides: des "zones de non traitement" -

M. Guillaume a aussi prévenu que l'Etat imposerait des "zones de non traitement", où l'épandage de produits phytosanitaires sur les cultures sera interdit, si riverains, élus et agriculteurs n'arrivent pas à se mettre d'accord pour établir ensemble des "chartes" territoriales d'épandage.

"Nous mettons en place des chartes départementales, des chartes territoriales, dans lesquelles les riverains, les agriculteurs, les élus, sous l'autorité du préfet, doivent se mettre d'accord pour les zones d'épandage. S'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, alors nous mettrons en place ce qu'on appelle des zones de non traitement. Le conseil d'Etat nous l'a demandé".

Le ministre n'a pas indiqué quelles étaient les limites dans le temps pour cet exercice de démocratie locale et est resté également très flou sur la possibilité d'une zone de "deux" à "cinq" mètres autour des habitations.

Mme Borne avait affirmé mardi partager "totalement la préoccupation du maire de Langouët" (Ille-et-Vilaine), qui a tenté de prendre un arrêté interdisant l'utilisation de pesticides à moins de 150 mètres de toute construction. Elle a annoncé qu'un projet de réglementation était à l'étude, pour instaurer une "zone minimale entre les épandages et les habitations".

Le principal syndicat agricole FNSEA s'est, lui, prononcé pour des solutions "au cas par cas" plutôt qu'une stricte délimitation imposée par l'Etat, qui réduirait la surface agricole utile et ainsi les revenus des agriculteurs français, déjà passablement fragilisés.

Auteur(s): Par AFP - Paris


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