Macron récuse les accusations de dérive autoritaire en France

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Macron récuse les accusations de dérive autoritaire en France

Publié le 04/12/2020 à 11:18 - Mise à jour à 19:28
© BENOIT TESSIER / POOL/AFP/Archives
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Auteur(s): Par Laurence BENHAMOU, Eric LAGNEAU - Paris (AFP)

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"Je ne peux pas laisser dire qu'on réduit les libertés en France", a affirmé vendredi Emmanuel Macron sur le média en ligne Brut, en prônant l'apaisement après les vives polémiques sur les "violences policières" - une expression qu'il a accepté de prononcer- et la loi sur la "sécurité globale".

Pendant 2h15, le chef de l'Etat a balayé une multitude de sujets dans un style qui a parfois évoqué celui du "grand débat" au début de 2019, et répondu du tac au tac aux questions, parfois incisives, des journalistes de Brut, site de vidéos surtout regardé par les jeunes. Il a aussi, brièvement, été véhément pour défendre son ambition écologique.

"C'est un grand mensonge. On n'est pas la Hongrie ou la Turquie", s'était-il auparavant écrié en étant longuement interrogé sur les tensions politiques créées par la concomitance des images du tabassage par des policiers d'un producteur noir et de la controverse sur l'article 24.

Ce débat "a été contaminé par un discours militant, hostile au gouvernement et à votre serviteur", selon lui. "Ne laissons pas la France être caricaturée", a-t-il réclamé, en regrettant que des journalistes participent à une "co-production de la mauvaise image" du pays.

Répondant au journaliste Rémy Buisine, récemment mis à terre par des policiers lors de l'évacuation brutale de migrants place de la République à Paris, Emmanuel Macron a reconnu qu'il y avait de "la violence dans notre société" pour laquelle il devait y avoir "zéro tolérance des deux côtés".

D'un côté, "il y a des policiers qui sont violents" et "qu'il faut sanctionner". "Je n'ai pas de problème à répéter le terme de violences policières mais je le déconstruis", car "c'est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique, a-t-il précisé.

De l'autre, il a dénoncé les violences contre une policière "attaquée par des fous", des "gens ensauvagés" lors de la manifestation samedi dernier à Paris contre le texte de loi "sécurité globale".

Il a ainsi rendu hommage aux "milliers de policiers et policières qui ont subi des violences depuis 3 ans, qui pour certains ont été tués".

- discriminations "insoutenables" -

A propos de l'évacuation de la place de la République, Emmanuel Macron a considéré qu'il n'était "jamais normal d'avoir des comportements qui ne sont pas à la hauteur des attentes" mais a estimé qu'il "fallait enlever les tentes" de migrants.

Il a affirmé que le vrai problème était "le droit d'asile (...) détourné par des réseaux de trafiquants".

Un autre défi est, selon lui, de regarder en face la question des contrôles au faciès. Car, "aujourd'hui, quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (...) On est identifié comme un facteur de problème et c'est insoutenable", a-t-il regretté.

Le chef de l'Etat a promis le lancement en janvier d'une plateforme nationale de signalement des discriminations, gérée par l'Etat, le Défenseur des droits et des associations. Les caméras-piétons pour les policiers seront parallèlement généralisées.

Il a par ailleurs envisagé une nouvelle "aide exceptionnelle" pour les jeunes en précarité à cause de la crise du Covid-19, ainsi qu'une amélioration du système des bourses étudiantes. Le gouvernement "va tout faire" pour pouvoir rouvrir "travaux dirigés et demi-amphis" en présentiel un peu plus tôt en janvier et non fin-janvier début février comme prévu jusqu'à présent, a-t-il aussi affirmé.

- "Pas de leçons à recevoir" -

En fin d'entretien, le président a tapé du poing sur la table pour réfuter tout recul sur ses engagements écologiques, reconnaissant seulement un "échec collectif" sur l'interdiction du glyphosate. "Je n'ai pas de leçons à recevoir!" "Personne n'en a autant fait depuis dix ans"!", s'est-il emporté, interrogé sur la mise en oeuvre des propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

"Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c'est la Bible ou le Coran", a-t-il lancé. "Moi je suis vraiment très en colère contre des activistes qui m'ont aidé au début et qui disent maintenant, il faudrait tout prendre", a-t-il dit en citant les critiques de Cyril Dion, un garant de la Convention.

Brièvement interrogé sur son avenir politique, il a déclaré qu'il ne pouvait pas "se mettre dans la disposition d'être candidat" à la présidentielle de 2022. Car dans ce cas, "je ne pourrai plus prendre les risques que je dois prendre et les bonnes décisions", a-t-il expliqué, en n'excluant pas l'éventualité qu'il ne puisse pas se représenter.

En choisissant de s'exprimer dans Brut, Emmanuel Macron a voulu s'adresser aux jeunes, souvent déprimés par les deux confinements, privés de petits boulots et de lien social. "C'est dur d’avoir 20 ans en 2020", avait-il reconnu en octobre.

Un sondage publié vendredi par Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro montre que le chef de l'Etat progresse nettement chez les jeunes: 49% des 18-24 ans jugent qu’il a été un bon président, 58% le trouvent sympathique, 45% humble et 41% proche des gens.

Auteur(s): Par Laurence BENHAMOU, Eric LAGNEAU - Paris (AFP)


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Le président Emmanuel Macron, le 1er décembre 2020 à l'Elysée, à Paris

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