Toulouse: l'homme interpellé avec des coups de muselière mis en examen et écroué

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Toulouse: l'homme interpellé avec des coups de muselière mis en examen et écroué

Publié le 30/04/2020 à 14:32 - Mise à jour à 16:20
© Christophe SIMON / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par AFP - Toulouse

-A +A

Un homme, dont la vidéo de l'interpellation musclée à Toulouse avec des coups de muselière était devenue virale sur le net, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, a indiqué jeudi à l'AFP le parquet.

Interpellé dans la nuit du 24 au 25 avril, il est poursuivi pour "violences avec arme, menaces de mort, violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, rébellion, port et détention d'arme de catégorie C, administration de substances nuisibles", a précisé le parquet de Toulouse.

Cette interpellation musclée avait suscité l’indignation des défenseurs des droits de l'Homme tandis que les syndicats de police invoquaient la dangerosité d'un individu présenté comme malade psychiatrique.

"Après une altercation avec un voisin, il a été trouvé sur la voie publique avec un fusil. Retranché à son domicile, après négociations pendant plusieurs heures, il a été transporté à l'hôpital dont il s'est enfui en menaçant un agent de sécurité", selon le parquet.

"Repéré dans une rue par la police, son interpellation a été particulièrement difficile en raison de son opposition et de son gabarit impressionnant. Les conditions de cette interpellation font l'objet d'une enquête", a conclu le parquet.

"Mon client n'a aucun passif psychiatrique comme on a pu le dire. Les faits rapportés par les policiers sont très à charge", a pour sa part indiqué à l'AFP Me David Lanes, précisant qu'il avait fait appel de la détention provisoire prononcée mercredi.

Sur les images tournées dans la nuit de vendredi à samedi dans le quartier de Purpan, où se trouve un CHU, on peut voir un policier frapper un homme au visage à coups de muselière tandis que d'autres agents tentent de le maîtriser au sol.

Selon l'avocat, les faits se sont déroulés en deux temps. Dans la soirée de vendredi à samedi, l'homme a menacé avec "un vieux fusil non chargé" l'un de ses voisins qui était venu chez lui réclamer du papier à rouler.

"Appelé par le voisin, les gendarmes se sont alors rendu à son domicile, où il ont trouvé une hachette et un vieux fusil. Comme il avait absorbé une grande quantité de tranquillisant, ils ont appelé les pompiers qui l'ont conduit aux urgences de l’hôpital Purpan", a indiqué l'avocat.

Le quinquagénaire a ensuite décidé de quitter les urgences contre l'avis du médecin et est parti alors que le service de sécurité de l'hôpital tentait de s'interposer. Puis repéré par une patrouille de police qui a lâché un chien sur lui, il a été mordu et avait la main en sang, selon son conseil.

"Comme il saignait, il leur a dit qu'il était malade, qu'il avait une hépatite. Lui, il voulait prévenir les policiers et eux retiennent que c'était une menace", s’est indigné Me Lanes.

"On ne peut pas interpeller quelqu'un de cette façon. Sur lui il n'avait aucune arme, il avait été fouillé avant d'être pris en charge par les pompiers", selon lui.

L'homme, qui habite à Longages à une trentaine de kilomètres au sud de Toulouse, "a eu une jeunesse agitée, des condamnations pour violences, mais ce sont des faits des années 90", a précisé Me Lanes.

Dés dimanche, le syndicat Unité SGP Police, avait justifié les méthodes d'interpellation évoquant un individu de "1m90 pour 130 kilos (...) qui s'était évadé d'un service psychiatrique (et était) désigné comme instable psychologiquement et potentiellement en possession d'une grenade et d'une arme de poing".

La LDH de Toulouse avait pour sa part dénoncé la "violence" de l'interpellation qualifiant les images de choquantes.

Auteur(s): Par AFP - Toulouse


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Badge police

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-