Trois amendes requises contre le directeur de l'abattoir d'Alès, épinglé par L214

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Trois amendes requises contre le directeur de l'abattoir d'Alès, épinglé par L214

Publié le 11/02/2019 à 14:55 - Mise à jour à 14:56
© PASCAL GUYOT / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par AFP - Alès

-A +A

Trois amendes de 750 euros ont été requises lundi devant le tribunal de police d'Alès contre le directeur de l'abattoir de la ville gardoise, poursuivi après la diffusion d'une vidéo de l'association L214 ayant eu un retentissement national en octobre 2015.

"+La montagne a accouché d'une souris+: c'est possible mais c'est le droit", a souligné le procureur de la République d'Alès François Schneider, en reprenant l'une des critiques acerbes des avocats des associations de défense des animaux qui se sont portées parties civiles.

Le procureur a assuré que seules trois infractions sur les 175 relevées au cours de l'enquête avaient pu être poursuivies en raison notamment du fait que les vidéos n'avaient pu être datées et que la prescription s'appliquait alors à la plupart des infractions, notamment pour les maltraitances et actes de cruauté.

“Aujourd'hui cela tient carrément du miracle qu'une audience se tienne avec ces trois contraventions de quatrième classe”, pour "des infractions qui ont perduré jusqu'au dépôt de plainte", a-t-il souligné. M. Schneider a requis “le maximum prévu” dans ce cadre contre Jack Pagès, directeur de l'abattoir pour des pièges équin et bovin inadaptés et une absence de protection visuelle pour les ovins en attente d'abattage.

Auparavant, M. Pagès, carrure solide et ton assuré, ancien boucher abatteur, et directeur de l'abattoir municipal depuis 1997 avait nié à la barre les trois infractions, estimant que les installations étaient conformes.

Pour sa part, Me Caroline Lanty, pour l'association L214 a dénoncé dans sa plaidoirie "la cure d'amaigrissement spectaculaire” de la procédure, estimant que huit personnes auraient pu être poursuivies pour 175 infractions. Sur les contraventions reprochées, elle a insisté sur le fait que la non-conformité des installations avaient provoqué “des souffrances inutiles” aux animaux abattus de cette manière.

Pour l'Alliance anticorrida, Me Lionel Marzials a parlé “d'images d'une violence absolue” avec “des animaux découpés vivants” dans “des états de souffrance extrêmement conséquents”.

C'est avec ces images clandestines dans l'abattoir municipal d'Alès qu'avait débuté la dénonciation d'une série de scandales sur les pratiques d'abattage en France.

Pour la défense du directeur de l'abattoir, Me Isabelle Mimran a demandé la relaxe sur les trois infractions, estimant notamment que les vidéos n'avaient “jamais pu être datées” et n'avaient jamais “fait l'objet d'expertise”. “On n'a pas de garantie de la sincérité des images qui sont présentées”, a-t-elle estimé. “Quand ces vidéos ont été diffusées ça a été un choc national... il y a des séquelles économiques très importantes”, a-t-elle souligné, mais il n'existe selon elle pas de “preuves matérielles” des infractions.

“On est en permanence sous contrôle des services de l'Etat, on ne fait pas n'importe quoi”, a conclu le directeur de l'abattoir, avant que la présidente ne mette sa décision en délibéré au 8 avril.

Auteur(s): Par AFP - Alès


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Un journaliste filme l'abattoir d'Alès le 15 octobre 2015

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-