Un air de "ras-le-bol" à Arras après l'annonce de quatre week-ends de confinement

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Un air de "ras-le-bol" à Arras après l'annonce de quatre week-ends de confinement

Publié le 05/03/2021 à 16:55 - Mise à jour à 16:56
© DENIS CHARLET / AFP
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Auteur(s): Par Elia VAISSIERE - Arras (AFP)
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"Y en a ras-le-bol": l'humeur était plutôt noire vendredi à Arras, à la veille du premier week-end confiné d'une longue série de quatre imposée au Pas-de-Calais, dans l'improvisation et sans garantie d'efficacité selon nombre de commerçants et habitants.

"Quand on parle avec les clients, les trois quarts des gens ne sont toujours pas au courant que c’est demain", lance Justine, vendeuse dans un magasin de vêtements féminins du centre-ville, où les passants ne sont pas nombreux en dépit d'un beau soleil.

Le préfet, Louis le Franc, vient juste d'indiquer que le confinement partiel annoncé la veille par le Premier ministre Jean Castex portera sur quatre week-ends.

"On a reçu ni mail ni courrier, on a dû regarder sur Internet pour confirmer qu’on n’avait pas le droit d’ouvrir. Ce serait quand même bien de ne pas laisser les commerçants se débrouiller tout seuls, on a beaucoup de choses à réorganiser, notamment les arrivages", déplore Justine.

"Vraiment très en colère", Thierry Bolet, patron d’un magasin de jeux vidéos situé près du beffroi, s'indigne aussi d'un "vrai manque d’accompagnement".

"Au moment où je vous parle, je ne suis toujours pas averti, je ne sais pas si j’ai le droit de faire du click and collect, je n’ai aucun mail".

"L’Urssaf me dit que je n’ai pas droit aux aides avec mon code APE (Activité principale exercée), car mes produits comprennent de l’informatique. En théorie, j’aurais le droit d’ouvrir mais en cachant tout ce qui est jeux vidéos, accessoires.. Mais en fait je ne sais pas".

- "Coup dur" et "injustice" -

Pour les commerçants, le manque à gagner est d'autant plus élevé que le couvre-feu a encore davantage concentré la clientèle sur les samedis. Du coup, "quatre samedis, c’est vraiment un gros coup dur", s'inquiète Sarah Pruvost, dans une autre boutique de vêtements.

Elle tente de s'organiser "en fonction de ce qui est sorti dans les journaux": "on doit encore voir si on a droit au chômage partiel ou pas". "Quand on voit que les grandes villes continuent à vivre et que nous, une petite ville comme Arras on doit tout arrêter, c’est dur".

Dans son salon de coiffure, Manon, 26 ans, partage ce sentiment "d'injustice", opposant la quiétude locale aux foules de Paris ou Lille, où "le week-end ça grouille de monde".

"On est obligés de se réorganiser pour ouvrir le lundi, pas le choix, mais c’est pas du tout la même chose. Y’a beaucoup de gens qui travaillent le lundi".

Si elle a cette fois anticipé son rendez-vous, Fabienne Gissler, 55 ans, se voit mal, de fait, "prendre une journée de congé" pour se faire coiffer.

"On travaille toute la semaine on n’a pas le temps de faire nos courses et maintenant ça va être notre seule sortie du samedi" qui est supprimée. "Qu’on nous laisse un peu vivre, y’en a ras le bol".

- Quelle "logique"? -

Gérant d'un magasin de vêtements et chaussures pour enfants, Marc Dessailly affirme lui "comprendre les mesures", alors que le préfet a décrit "une situation sanitaire très préoccupante", avec un taux d'incidence pour le département à 406 pour 100.000 habitants, "contre 245 il y a deux semaines".

Mais ce commerçant n'est pas "sûr que c’est ça qui va aider à sortir de ce fléau". En attendant, il a ajourné l’embauche prévue d’une vendeuse.

"C’est long, très long, pénible pour tout le monde (...) et on n’a pas l’impression que ça apporte vraiment des solutions", lui fait écho Sabine, soignante à l’hôpital local.

Installée à deux mètres de sa fille pour manger un sandwich sur la place de l’Hôtel de ville, elle aurait "préféré un vrai confinement en février, au vu des chiffres affolants". "Dans un mois on va nous dire quoi? On n’arrive pas vraiment à comprendre la logique".

Auteur(s): Par Elia VAISSIERE - Arras (AFP)

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La Place des Héros à Arras le 4 mars 2021 à la veille du premier week-end confiné d'une longue série de quatre imposée au Pas-de-Calais

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