Violences des casseurs: le ministre de la Justice dit "travailler" à un texte

Violences des casseurs: le ministre de la Justice dit "travailler" à un texte

Publié le 09/12/2020 à 12:36 - Mise à jour à 14:06
© Alain JOCARD / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP - Paris

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Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a indiqué mercredi "travailler" à un texte pour "renforcer le dispositif" de lutte contre les casseurs lors des manifestations, après un samedi de manifestation contre la loi sur la sécurité globale émaillé de violences et dégradations.

"On va réunir très prochainement les procureurs, les policiers, les préfets. J'ai lancé cette initiative pour qu'on puisse mieux travailler ensemble" et "renforcer le dispositif", a répondu Eric Dupond-Moretti à une auditrice de France Inter qui s'inquiétait des violences lors des manifestations.

Samedi, les images de violences ont ému une grande partie de l'opinion et de l'échiquier politique.

L'intervention des forces de l'ordre face aux casseurs pose deux problèmes selon le ministre: celui des "risques de dégâts collatéraux" - avec des manifestants non concernés qui se retrouvent violentés - et le "problème de la preuve".

"Autrefois, nous avions mis en oeuvre une intervention préventive sur autorisation du procureur de la République. Elle a porté ses fruits. On ouvrait les sacs et on y découvrait des masques, des armes, des marteaux, du gaz lacrymogène, des vêtements noirs, des cagoules", a rappelé le ministre.

"Or, ceux-là ce sont organisés", a poursuivi le ministre, "ils viennent clairsemer leurs outils, la veille, l'avant-veille" puis se "glissent dans la manifestation au côté de gens honnêtes".

"Je travaille (à un texte) avec méthode et précision", a ajouté M. Dupond-Moretti.

La veille, le Premier ministre Jean Castex avait déclaré à l'Assemblée nationale que le gouvernement allait "remettre l'ouvrage sur le métier pour trouver la solution la plus adaptée pour que cessent ces comportements inadmissibles", jugeant que ça faisait "trop de temps que ces casseurs s'immiscent dans les manifestations".

En 2019, le Conseil constitutionnel avait censuré un article d'une proposition de loi "anticasseurs" portant sur l'interdiction administrative de manifester.

"Attention, texte ne veut pas dire loi, ça peut être plutôt un décret ou circulaire", a-t-on précisé dans l'entourage du ministre. "Une réflexion a été lancée avec le ministère de l'Intérieur, le préfet de Paris et le parquet de Paris".

"L'objectif est de judiciariser en amont pour permettre le démantèlement des réseaux et identifier les actes préparatoires", a précisé une source proche du dossier.

Plus que la question du maintien de l'ordre ou de l'action des Black Blocs, l'idée est de mieux décortiquer ce groupe et son organisation pour "prendre le problème à la racine", selon la même source.

"On peut améliorer la législation, mais les grandes difficultés sont des difficultés de terrain, de mise en oeuvre pratique, d'interpellations, de montage de procédures", a souligné la députée LREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois, devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

"Aujourd'hui, l'angle mort est moins la dimension sécuritaire que la dimension judiciaire. C'est celui-là qu'il faut traiter. Il y a une défaillance dans la judiciarisation", estime auprès de l'AFP Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, à l'origine de la proposition de loi "anticasseurs".

"C'est pourquoi je propose des brigades anti-Black Blocs spécialisées. Pour qu'il y ait un suivi de chaque individu, exactement comme le font les services de renseignements, en amont, en aval de chaque manifestation (...), par exemple pour prouver la récidive, en infiltrant les bandes, pour détecter les profils et en faisant une veille sur les réseaux sociaux, en réalité en effectuant un travail de police judiciaire", a-t-il poursuivi.

meh-mdh-jmt-vm-adc/jk/tes

Auteur(s): Par AFP - Paris

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Des casseurs lors de la manifestation à Paris le 28 novembre 2020 contre la loi dite de sécurité globale

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