Violences sexuelles: Canal+ accusée d'avoir censuré un documentaire pour protéger Pierre Ménès

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

Violences sexuelles: Canal+ accusée d'avoir censuré un documentaire pour protéger Pierre Ménès

Publié le 22/03/2021 à 13:46 - Mise à jour à 19:04
© VALERY HACHE / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP - Paris
-A +A

Canal+ était accusée lundi d'avoir censuré un documentaire sur le sexisme dans le journalisme sportif pour protéger son chroniqueur vedette Pierre Ménès, les passages le mettant en cause dans deux affaires d'agressions sexuelles ayant été coupés de la version finale, selon le site Les jours.

Contactée par l'AFP, la chaîne s'est refusée à tout commentaire.

Diffusé dimanche sur Canal+, le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", de Marie Portolano, ancienne journaliste maison en partance pour M6, retrace plus de 40 ans de lutte pour la parité dans ce secteur très masculin, entre regards condescendants, remarques sur le physique voire harcèlement.

De Nathalie Iannetta à Clémentine Sarlat en passant par Estelle Denis, de nombreuses journalistes ont témoigné au micro de la co-réalisatrice, elle-même victime d'agression sexuelle, selon les Jours, de la part de Pierre Ménès.

En août 2016, à la fin d'une émission du "Canal Football Club", le chroniqueur lui aurait soulevé sa jupe avant de lui attrapper les fesses, "hors antenne mais face au public", affirme le média en ligne.

L'autre affaire concerne sa consoeur Isabelle Moreau, embrassée de force sur la bouche par Pierre Ménès pour "fêter" la centième, en 2011, du Canal Football Club, une scène visible sur les réseaux sociaux.

"Dans la version initiale" du documentaire, Marie Portolano montre ces images "à Isabelle Moreau sur une tablette, qui, les revoyant, fond en larmes". Une séquence coupée à "la demande de la direction des sports de Canal+", affirme le site.

De même, celles où Marie Portolano confronte Pierre Ménès aux larmes d'Isabelle Moreau et à sa propre agression, auraient été supprimées, comme toutes les interventions de journalistes masculins.

Réagissant auprès des Jours, Pierre Ménès a déclaré :"Moi, si ma direction n'a rien à dire, je n'ai rien à dire non plus. Surtout si c'est pour m'accuser de conneries et de merde".

Lundi, les réactions indignées pleuvaient sur les réseaux sociaux avec notamment plus de 16.000 tweets affiliés au mot-clé #PierreMenesOut, alors qu'une autre vidéo montrant le chroniqueur embrasser de force la chroniqueuse Francesca Antoniotti dans l'émission "Touche pas à mon sport" sur D8 (ex C8), en 2016, y était exhumée.

"Embrasser quelqu'un de force/par surprise, lui +attraper les fesses+... sur un plateau TV, dans les transports, au travail, quel que soit le contexte, il s'agit d'une agression sexuelle punie par la loi", a tweeté lundi Camille Chaize sur son compte de porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Dans le tweet également un encart qui rappelle: "Agression sexuelle punie de 5 ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende".

Injoignable lundi, Marie Portolano a tweeté dimanche "L'essentiel c'est la parole des femmes qui a été intégralement respectée par Canal+. S'il vous plaît ne l'oubliez pas".

Auteur(s): Par AFP - Paris

PARTAGER CET ARTICLE :

Newsletter


Fil d'actualités AFP France




Commentaires

-