Adrian Hong, opposant au régime nord-coréen et chef présumé du commando de Madrid

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Adrian Hong, opposant au régime nord-coréen et chef présumé du commando de Madrid

Publié le 28/03/2019 à 06:45 - Mise à jour à 11:08
© Ed JONES / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Paul HANDLEY - Washington (AFP)
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Il prône le renversement du régime de Pyongyang, a de nombreux alias et l'origine de son financement est floue: Adrian Hong est le chef présumé d'un groupe d'opposants à Kim Jong Un qui aurait mené une attaque inédite contre l'ambassade nord-coréenne à Madrid.

Le 22 février, une dizaine d'hommes avaient pris d'assaut le bâtiment, retenant en otage ses occupants avant de s'enfuir en emportant clés USB, ordinateurs, disques durs et un téléphone mobile. Ils auraient ensuite proposé ce matériel à la police fédérale américaine.

Le chef du commando serait Adrian Hong Chang, un ressortissant mexicain de 35 ans, selon la justice espagnole. Mais lors de son séjour, il s'est fait appeler "Matthew Chao" et a commandé un Uber en tant que "Oswaldo Trump".

Après l'attaque de l'ambassade, il se serait envolé pour New York et n'a pas été vu depuis.

Il opère depuis 2005 aux Etats-Unis, où il propose son aide aux Nord-Coréens tentant de fuir leur pays et veut renverser le régime de la dynastie des Kim. Il a co-fondé le groupe Liberty in North Korea (LiNK), basé en Californie, qui accompagne les réfugiés nord-coréens dans leur installation.

En décembre 2006, il avait été arrêté en Chine, avec deux autres militants qui tentaient d'aider six Nord-Coréens en fuite. Tous avaient été libérés au bout de 10 jours.

Peu après, Adrian Hong quitte LiNK et se présente comme le responsable du cabinet de consulting Pegasus Strategies, toujours dans le but de faire tomber le régime de Pyongyang. L'entreprise, dont il est le président et seul salarié, est présentée dans un article sur Hong comme voulant "utiliser la technologie dernier cri pour pénétrer les sociétés fermées et permettre aux peuples de ces nations de communiquer entre eux et avec le monde".

Selon son CV, donné à la fondation TED dont il a fait partie en 2010, il aurait enseigné les droits humains et la politique étrangère en Corée du Sud, à l'université Ewha, et aurait été chercheur aux Etats-Unis, à Yale.

- "Répétition générale" -

L'homme s'exprime dans un bon anglais et connaît bien les politiques nord-coréenne et américaine. Mais rares sont les spécialistes de la Corée du Nord à Washington qui le connaissent, ou qui connaissent l'origine de ses financements.

En 2011, il apparaît à Tripoli, en Libye, en pleine révolte. Selon un ancien associé de TED, l'homme d'affaires jordanien Souleimane Bakhit, il participe à une opération d'évacuation de 15.000 civils blessés vers des hôpitaux jordaniens.

L'opposant continue à militer contre le régime nord-coréen. "Je considère que le Printemps arabe est une répétition générale pour la Corée du Nord", dit-il au quotidien The National d'Abou Dhabi.

"Mais la Corée du Nord est un adversaire bien plus mortel, préparé et énorme pour le peuple que la Syrie, la Libye, l'Egypte, la Tunisie ou le Yémen", ajoute-t-il, citant "l'omniprésence de la sécurité publique et de la police secrète, la taille de l'armée et sa mobilisation, le manque d'espoir ainsi que la pauvreté et la malnutrition de la population".

En 2015, il fonde à New York le Joseon Institute, du nom de la dynastie qui occupa le trône coréen de 1392 à 1910, année de l'annexion par le Japon. Sa mission: préparer des plans pour la gestion de la transition, grâce notamment à des "commissions secrètes".

Ses liens avec le groupe Défense civile Cheollima (DCC), qui a revendiqué le raid sur l'ambassade, sont moins clairs.

La DCC est apparue en 2017 lorsqu'elle avait publié sur internet une vidéo du fils de Kim Jong Nam, demi-frère exilé du dirigeant nord-coréen, expliquant s'être mis en sécurité après l'assassinat de son père à l'aéroport de Kuala Lumpur en février 2017.

Le groupe s'est autoproclamé en février gouvernement nord-coréen en exil, baptisé "Joseon libre", et affirme que les représentations diplomatiques nord-coréennes sont "illégales".

Auteur(s): Par Paul HANDLEY - Washington (AFP)

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Le drapeau nord-coréen, le 9 mars 2019 à Pyongyang

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