Conférence sur la Libye : Haftar est arrivé à Palerme

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Par Imed LAMLOUM avec Charles ONIANS à Rome - Palerme (Italie) (AFP)
Publié le 12 novembre 2018 - 05:00
Mis à jour le 13 novembre 2018 - 00:08
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Khalifa Haftar, homme fort de la Cyrénaïque et chef de l'Armée nationale libyenne, le 7 mai 2018 à Benghazi
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© Abdullah DOMA / AFP/Archives
Khalifa Haftar, homme fort de la Cyrénaïque et chef de l'Armée nationale libyenne, le 7 mai 2018 à Benghazi
© Abdullah DOMA / AFP/Archives

Une conférence internationale sur l'avenir de la Libye, en proie au chaos depuis 2011, s'est ouverte lundi soir à Palerme en présence du maréchal Haftar, homme fort de l'est du pays, finalement arrivé en Sicile après un long suspense.

Le maréchal Khalifa Haftar a été accueilli peu après 20H30 (19H30 GMT) à la Villa Igiea par le président du Conseil italien Giuseppe Conte, après avoir laissé planer l'incertitude sur sa participation à cette conférence internationale. Il a toutefois refusé de participer au dîner offert par M. Conte. Ce dernier a toutefois prévu de le rencontrer, avec les autres responsables libyens invités à Palerme, pour une série de bilatérales prévues dans la soirée, selon un responsable italien.

Venu brièvement saluer les journalistes à la salle de presse après le dîner, M. Conte n'a pas confirmé la tenue de ces entretiens. "Les bilatérales ici, se font tout le temps. On continuera à travailler demain", s'est-il contenté de dire.

Le maréchal Haftar, qui contrôle l'est du pays, est réticent à s'asseoir à la même table que certains des participants, qu'il considère comme des extrémistes islamistes, également invités à Palerme, selon son entourage.

En faisant durer le suspense sur sa participation, "Haftar a déjà réussi à convaincre la conférence de Palerme de l'importance de son rôle dans tout accord potentiel (...) et à renforcer sa position d'acteur clé de la crise libyenne", a estimé Mohamed ElJarh, analyste libyen.

Enième tentative pour lancer un processus électoral et politique censé sortir le pays de l'ornière, cette conférence suit celle de Paris en mai dernier qui avait abouti à un accord sur une date, le 10 décembre, pour la tenue d'élections nationales.

Les Nations unies, chargées de trouver une solution en vue de stabiliser la Libye, minée par les divisions et les luttes de pouvoir depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, ont toutefois annoncé jeudi que le processus électoral a été retardé et devrait finalement démarrer au printemps 2019.

De premières réunions ont déjà eu lieu à Palerme dans l'après-midi, consacrées à la sécurité, un des thèmes forts de cette conférence, selon le président du Conseil italien Giuseppe Conte.

"La sécurité est une pré-condition nécessaire pour assurer la stabilité du pays", a rappelé M. Conte dans un entretien avec le journal La Stampa publié lundi.

M. Conte a rencontré dans l'après-midi, avant le début officiel de cette conférence, l'émissaire des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé.

Comme lors du sommet de Paris en mai dernier, M. Haftar a été invité autour de la même table avec le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj, le président du Parlement, Aguila Salah, et celui du Conseil d'Etat, équivalent d'une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri.

La conférence de Palerme, minée par les tensions entre factions libyennes, l'est aussi par les divisions entre les différents pays qui s'intéressent de près à la Libye.

- "Unifier les positions" -

Dans une interview à l'AFP jeudi, M. Sarraj a ainsi souhaité que la conférence débouche sur "une vision commune vis-à-vis du dossier libyen", soulignant "la nécessité d'unifier les positions" de Paris et Rome.

Après la rencontre de Paris, Rome avait reproché à la France de vouloir faire cavalier seul sur la Libye, dirigée aujourd'hui par deux entités rivales: le GNA, issu d'un processus onusien basé à Tripoli et une autorité installée dans l'Est soutenue par un Parlement élu en 2014 et une force armée dirigée par M. Haftar.

En mai, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d'élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

"Nous soutenons les élections le plus tôt possible, mais des délais artificiels et un processus précipité seraient contre-productifs", a déclaré jeudi David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine, au Middle East Institute de Washington.

Un avis partagé par M. Salamé qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l'Onu qu'une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d'élections avant la fin de l'année.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est attendu à Palerme, tout comme la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. "La France souhaite le succès de cette conférence", a indiqué lundi le ministère français des Affaires étrangères.

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