La Corée du Nord affirme avoir testé un missile intercontinental

La Corée du Nord affirme avoir testé un missile intercontinental

Publié le 04/07/2017 à 10:17 - Mise à jour le 05/07/2017 à 21:20
© STR / KCNA VIA KNS/AFP
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Auteur(s): Par AFP

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Séoul et Washington ont répliqué mercredi au lancement historique d'un missile intercontinental (ICBM) nord-coréen par plusieurs tirs de missiles simulant une attaque contre la direction du régime de Pyongyang.

Le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un a affirmé mercredi que le tir d'un ICBM la veille, jour de la fête nationale américaine, était un "cadeau" aux "salauds d'Américains".

Il s'agit d'un succès majeur pour le régime de Pyongyang, dont l'objectif avoué est d'être en mesure de menacer le sol continental américain du feu nucléaire.

"Cela n'arrivera pas", avait promis en janvier le président américain Donald Trump.

"Nous avons confiance dans notre capacité à nous défendre contre la menace limitée, naissante, qui est présente", a de son côté déclaré mercredi Jeff Davis, porte-parole du Pentagone.

Reste que selon de nombreux experts, le Hwasong-14 testé mardi pourrait atteindre l'Alaska.

Cette percée constitue un défi géopolitique pour la Maison blanche et impliquera une réévaluation de la menace nord-coréenne.

Pyongyang, qui a déjà mené cinq essais nucléaires et dispose d'un petit stock de bombes atomiques, soutient que son nouveau missile peut porter "une grosse tête nucléaire".

Moins de 24 heures après cet essai largement condamné par la communauté internationale, les forces sud-coréennes et américaines ont tiré de la péninsule plusieurs missiles de courte portée qui se sont abattus en mer du Japon.

- 'L'armistice et la guerre' -

L'agence sud-coréenne Yonhap a parlé d'un "message d'avertissement", quand l'état-major interarmes sud-coréen expliquait que cet exercice avait "montré la capacité d'une frappe de précision contre le quartier général de l'ennemi en cas d'urgence".

Le président sud-coréen Moon Jae-In, par ailleurs favorable à une reprise du dialogue avec le Nord, a dénoncé une "provocation".

"La Corée du Nord doit mettre immédiatement un terme à cela et, pour cette raison, nous devrions travailler en vue de sanctions plus intensives" contre ce pays, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui a également soutenu l'idée de sanctions plus dures.

"La retenue, qui est un choix, est ce qui sépare l'armistice de la guerre", a de son côté déclaré le général américain Vincent Brooks, commandant des forces américaines en Corée du Sud.

"Comme le montrent ces tirs de missiles à munitions réelles de l'Alliance, nous sommes en mesure de modifier notre choix quand l'ordonnent les dirigeants nationaux de l'Alliance", a-t-il averti.

Environ 28.000 militaires américains sont déployés sur la péninsule.

Ces tirs devraient provoquer la fureur du régime de Pyongyang, qui se dit justement acculé au développement de programmes balistique et militaire par la menace que pose pour sa survie la présence massive de troupes américaines au Sud.

Plusieurs résolutions assorties de sanctions ont été votées par le Conseil de sécurité pour tenter de pousser Pyongyang à renoncer à ces programmes interdits.

L'exécutif de l'ONU doit se réunir en urgence mercredi pour évoquer le dossier nord-coréen, le secrétaire général Antonio Guterres ayant qualifié mardi soir le tir nord-coréen de "violation éhontée des résolutions" et d'"escalade dangereuse".

Ce lancement avait aussi entraîné une vive réaction de Donald Trump, qui a demandé à Pékin, principal soutien international de Pyongyang, de "mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes".

Dans un nouveau tweet mercredi M. Trump a accusé Pékin de saper les efforts des Etats-Unis en renforçant ses échanges commerciaux avec Pyongyang.

- Hawaï à portée ? -

Alors que le président chinois Xi Jinping se trouvait mardi à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine, la Russie et la Chine ont de leur côté appelé à un double "moratoire": Pyongyang arrêterait ses tests nucléaires et balistiques et Washington renoncerait à organiser des manoeuvres militaires à grande échelle aux côtés de son allié sud-coréen.

Après avoir personnellement supervisé le tir de mardi, le leader nord-coréen a inspecté le missile Hwasong-14, et "dit sa satisfaction, affirmant qu'il était beau comme un joli garçon et bien fait".

Des questions demeurent cependant sur les caractéristiques de ce projectile, sur la capacité de Pyongyang à miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile et sur sa maîtrise de la technologie de rentrée dans l'atmosphère.

L'engin a eu une trajectoire "parfaite" et "a atteint sa cible avec précision", selon l'agence KCNA.

Le missile n'a parcouru qu'une distance inférieure à 1.000 km. Mais l'altitude qu'il a atteinte -plus de 2.800 km selon Pyongyang- prouve qu'il peut aller bien plus loin.

Le ministre sud-coréen de la Défense Han Min-koo a estimé sa portée potentielle à 7.000 ou 8.000 km, ce qui lui permettrait largement d'atteindre le commandement américain du Pacifique installé à Hawaï.

Auteur(s): Par AFP

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