Le Hamas dit accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967

Le Hamas dit accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967

Publié le 01/05/2017 à 20:14 - Mise à jour à 23:40
© MOHAMMED ABED / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

-A +A

Le Hamas islamiste palestinien a annoncé lundi soir, pour la première fois de son histoire, avoir modifié son programme politique, disant accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967 et insistant sur le caractère politique et non religieux du conflit avec Israël.

Le Hamas est considéré comme "terroriste" par les Etats-unis, l'Union européenne et Israël et nombre de ses dirigeants sont visés par des sanctions.

En amendant pour la première fois en près de 30 ans ses textes fondateurs, dénoncés par beaucoup --Israël en tête-- comme "antisémites", il tente de revenir dans le jeu des négociations internationales, estiment les experts.

Cette annonce intervient à 48 heures de la première rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, à couteaux tirés avec le Hamas. A ce sujet, M. Mechaal a dit à l'AFP espérer que la nouvelle administration américaine "agisse plus sérieusement pour la cause palestinienne et change les conceptions erronnées au sujet du peuple palestinien".

- "Renouvellement" -

"Le Hamas est un mouvement vivant qui se renouvelle", a plaidé son chef Khaled Mechaal lors d'une conférence de presse à Doha. Mais, a indiqué l'ancien Premier ministre Ismaïl Haniyeh à l'AFP, le Hamas "reste attaché à ses principes traditionnels, ses stratégies et ses constantes".

Le Hamas insiste sur le fait qu'il ne reconnaît pas l'Etat hébreu et un document rendu public évoque "la Palestine, du fleuve Jourdain à la mer Méditerranée".

Mais dans le document, le Hamas estime qu'"un Etat palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale, (...) est une formule de consensus national".

"Nous sommes prêts à coopérer avec quiconque pouvant nous aider à obtenir" cet Etat, a ajouté M. Mechaal.

En inscrivant qu'il accepte un Etat limité à la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, le Hamas endosse les frontières déjà reconnues par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont il ne fait pas partie.

En outre, le document qui s'ajoute à la charte originelle de 1988, affirme que le Hamas est "en conflit avec le projet sioniste et non avec les juifs en raison de leur religion".

Le mouvement prend par ailleurs ses distances avec les Frères musulmans égyptiens.

"Idéologiquement, nous faisons partie de l'école frériste (...) mais nous ne suivons aucun mouvement en termes d'organisation", a précisé M. Mechaal, un gage donné au voisin égyptien, selon les observateurs.

Avec l'annonce de ces changements, le mouvement entend s'ouvrir au dialogue avec les autres forces palestiniennes mais surtout avec les capitales étrangères qui, jusqu'ici, refusent tout dialogue officiel avec le Hamas, qui contrôle depuis 10 ans la bande de Gaza.

- Le Hamas "se moque du monde" -

Israël a toutefois déjà répliqué qu'il n'était pas convaincu. Le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense en charge des Territoires occupés, a estimé que le Hamas "se moque du monde en essayant de se présenter avec ce soi-disant document comme une organisation éclairée".

"Ils creusent des tunnels pour mener des actes terroristes et tirent des milliers et des milliers de missiles sur des civils israéliens", a accusé David Keyes, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

Le Hamas a combattu, aux côtés d'autres mouvements armés, à trois reprises l'armée israélienne à Gaza depuis 2008. Et il refuse, a dit M. Mechaal, "que quiconque attente à la résistance et à ses armes".

"Considérer la charte de 1988 comme caduque fait débat depuis des années au Hamas. Pour ne pas l'abroger, un nouveau document a été rédigé pour établir les positions politiques du Hamas", explique à l'AFP Leïla Seurat, chercheur associée au Centre de recherches internationales (CERI).

Pour cette spécialiste du Hamas, la reconnaissance des frontières de 1967 n'implique "pas une reconnaissance d'Israël". "La seule nouveauté, c'est qu'il l'inscrit pour la première fois dans un document propre au mouvement" qui vaut également pour sa branche armée, souligne-t-elle. Militaires et politiques sont régulièrement présentés comme concurrents au sein du Hamas.

M. Mechaal a toutefois prévenu: "la politique du Hamas est de refuser les négociations directes avec Israël car il n'y a pas d'équilibre des forces".

Le Hamas doit annoncer sous deux semaines le nom du successeur de Khaled Mechaal, qui incarne l'aile pragmatique et conciliante du Hamas et qui a joué, selon Mme Seurat, "un rôle fondamental" dans la rédaction du document présenté lundi. Le vainqueur pressenti est Ismaïl Haniyeh, sur la même ligne.

Auteur(s): Par AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Le numéro deux du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh (d), le 24 mars 2017 à Gaza.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-