Soupçons de caisses occultes au Sénat: "aucune instruction" de Larcher

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Soupçons de caisses occultes au Sénat: "aucune instruction" de Larcher

Publié le 13/03/2017 à 13:48 - Mise à jour à 20:49
© LIONEL BONAVENTURE / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP
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François Thual, l'un des mis en examen dans l'enquête sur des soupçons de détournements de fonds au sein du groupe de l'ex-UMP au Sénat, assure n'avoir reçu du président de la haute assemblée Gérard Larcher (LR) "aucune instruction" pour effectuer des paiements en liquide à des élus, ont indiqué lundi à l'AFP ses avocats.

"François Thual tient à préciser qu'il n'a jamais reçu du président Gérard Larcher aucune instruction relative au financement de la vie politique", ont déclaré lundi ses avocats Me Pablo Felmer Roa et Mathias Chichportich, réagissant à un article publié dans le Journal du Dimanche (JDD).

De son côté, l'avocat de Bruno Retailleau, actuel président du groupe UMP au Sénat, lui aussi cité dans l'article, affirme qu'"il n'y a jamais eu le moindre emploi fictif" à la haute assemblée, contrairement à ce que dit le JDD.

Selon l'avocat, Me Alexandre Varaut, l'article "vise clairement à mettre en cause, sans fondement, les soutiens de François Fillon". Il promet de "poursuivre pour diffamation toutes les publications qui se livreraient à de telles accusations mensongères" sur des emplois fictifs.

Selon le JDD, François Thual, réentendu vendredi par le juge d'instruction, "a déclaré qu'en 2011, +à la demande de Gérard Larcher et d'André Dulait+, alors trésorier de l'URS (Union des républicains du Sénat)", une association au coeur de l'enquête judiciaire, "il avait bien sorti des espèces pour +aider certains sénateurs dans le but de faire reconduire la majorité sénatoriale+".

Pour les avocats de François Thual, "des raccourcis hasardeux ont conduit à diffuser des informations inexactes".

En juillet 2015, François Thual a été le premier mis en examen dans ce dossier instruit depuis fin 2013 au pôle financier de Paris après une enquête préliminaire du parquet de Paris ouverte en 2012. Ancien secrétaire général de l'URS, il a été aussi conseiller au cabinet de Gérard Larcher à la présidence du Sénat.

L'enquête s'est accélérée fin 2016 avec la mise en examen des sénateurs Les Républicains (ex-UMP) Jean-Claude Carle, ex-trésorier du groupe UMP sénatorial, Henri de Raincourt, ex-président du groupe, et de l'ancien élu André Dulait. Au moins six personnes ont été mises en examen.

Les enquêteurs s'intéressent à un possible système occulte de compléments de revenus avec des sommes d'argent remises à des sénateurs, en plus de leurs indemnités légales, depuis deux comptes du groupe UMP à la chambre haute, et par le biais notamment de l'URS, un sous-groupe rallié par d'anciens giscardiens et centristes à la fondation de l'UMP en 2002. Les faits présumés couvrent la période postérieure à 2009.

"J'avais pour habitude de tirer entre 5.000 et 6.000 euros par mois sur l'un des deux comptes de l'URS, que j'allais chercher à la banque et que je remettais ensuite au collaborateur de M. Carle", avait raconté François Thual à l'AFP, confirmant son témoignage au Monde.

"Depuis sa première audition, Monsieur François Thual a constamment tenu les mêmes déclarations en indiquant avoir agi dans le cadre d'un système qui lui avait été présenté comme parfaitement légal", ont précisé les avocats, en soulignant qu'"aucun enrichissement personnel ne lui est reproché".

Auteur(s): Par AFP

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Le palais du Luxembourg, siège du Sénat, le 25 novembre 2016 à Paris

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