Au royaume du Lesotho, les rêves olympiques d'une micro station de ski

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Au royaume du Lesotho, les rêves olympiques d'une micro station de ski

Publié le 20/07/2018 à 06:55 - Mise à jour à 14:34
© MARCO LONGARI / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Gregory WALTON - Montagnes de Maluti (Lesotho) (AFP)
-A +A

Nichée dans les montagnes pelées du petit royaume du Lesotho, à quelque 3.000 mètres d'altitude, l'une des deux seules stations de ski d'Afrique sub-saharienne propose trois pistes et un snowpark. Un tout petit domaine skiable, très isolé, mais qui attire touristes et jeunes sportifs en quête de rêve olympique.

"Afriski a toujours été une destination unique", explique Martin Schultz, chargé de la neige artificielle dans cette station du nord-est du Lesotho, tout près de la frontière sud-africaine.

Pendant l'hiver austral, de juin à août, ce Sud-Africain de 35 ans échange sa planche de surf contre son snowboard.

La principale piste d'Afriski - bande blanche d'un kilomètre de long au milieu d'un majestueux paysage à l'herbe brunâtre - propose une neige artificielle et damée d'excellente qualité.

En l'absence de chutes de neige à l'exception de quelques semaines par an, la station, ouverte en 2002 dans les montagnes de Maluti, peut continuer à fonctionner grâce aux canons et températures négatives.

Les skieurs expérimentés dévalent la piste principale, qui culmine à 3.222 mètres et se termine au pied de la station, très compacte. Là, en terrasse, des touristes se réchauffent avec du vin chaud, en écoutant de la musique diffusée à plein régime.

"A vos marques, prêts, partez", lance une monitrice de ski américaine, à un petit bout qui monte sur un téléski spécial débutant, un tapis roulant. Sur le snowpark à côté, de jeunes casse-cou enchaînent flips et slides.

- Le Lesotho aux JO ? -

Martin Schultz, qui a travaillé comme prof de ski en Europe, rêve que cette micro station permette un jour au Lesotho de décrocher une place aux jeux Olympiques d'hiver.

"L'une des priorités d'Afriski est d'essayer d'élargir la communauté des skieurs au Lesotho. Nous avons des programmes pour enfants qui suscitent beaucoup d'intérêt", notamment dans les écoles, explique-t-il.

Aucun professeur de ski de la station n'est originaire du Lesotho. Mais ce n'est peut-être plus qu'une question d'années.

"Des enfants d'employés de la station sont excellents. Certains sont promis à un bel avenir", assure Martin Schultz. "On peut espérer que ces gamins aient un niveau olympique pour qu'ils puissent faire un jour flotter le drapeau du Lesotho aux JO."

Thabang Mabari par exemple est monté pour la première fois sur les planches à trois ans. A 10 ans maintenant, il enchaîne à toute allure les virages, casque jaune assorti à ses chaussures de ski.

Dans ce petit royaume enclavé, l'un des pays les plus pauvres au monde, Thabang skie gratuitement, grâce à ses parents tous les deux employés dans la station.

"Il adore ça. C'est dans ses gènes la compétition. De tous les enfants de personnels ici, il a été le premier à skier", raconte fièrement sa mère Mathabang Mabari, 36 ans.

- Trois remonte-pentes -

Le Lesotho n'a encore jamais été représenté aux JO d'hiver, et ses pays voisins d'Afrique australe peinent à faire mieux.

Le Sud-Africain Sive Speelman avait bien été qualifié pour les jeux de Sotchi en 2014 par la Fédération internationale de ski, mais son comité olympique avait refusé de l'aligner aux JO, estimant nulles ses chances de gagner.

Son rêve d'être le premier Noir sud-africain dans sa discipline a encore été douché cette année. A PyeongChang en Corée du Sud, il a simplement accompagné, comme assistant technique, le seul Sud-Africain qualifié pour les JO d'hiver, Connor Wilson.

"Je ne serais jamais allé aux JO" sans Afriski, assure le jeune skieur blanc de 21 ans.

"Il y a un énorme potentiel ici. Les gamins du coin me rejoignent toujours pendant mon entraînement. Ils m'imitent. Un jour j'espère, ils représenteront le Lesotho aux JO d'hiver", explique Connor Wilson.

Le moniteur français de ski et snowboard Thomas Frontoni, 23 ans, recommande absolument l'expérience Afriski.

"Il y a une seule piste (pour les bons skieurs), mais je pense que si un Européen vient en Afrique du Sud, il peut venir s'amuser ici un ou deux jours."

"Il y a un snowpark, une école de ski, c'est petit mais il y a vraiment tout", ajoute le jeune homme originaire de Nice, dans le sud-est de la France. Des chalets sont même baptisés du nom de prestigieuses stations alpines, "Courchevel" ou ... "Maribel" pour Méribel.

Pour une journée sur les pistes équipées de trois remonte-pentes, compter 50 euros par adulte, forfait et équipement compris.

"J'ai vu ici des gamins sud-africains, argentins, canadiens", explique Martin Schultz. "Ils ne viennent pas ici parce qu'il y a une piste d'un kilomètre, ils ne viennent pas parce que les montagnes sont imposantes. Ils viennent skier en Afrique parce que c'est sur leur +Bucket list+", la liste des choses qu'il faut absolument faire avant de mourir.

Auteur(s): Par Gregory WALTON - Montagnes de Maluti (Lesotho) (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Vue de la station de ski d'Afrisk, dans les montagnes de Maluti, le 11 juillet 2018 au Lesotho

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-