Congé paternité: les pères pas toujours à la fête

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Congé paternité: les pères pas toujours à la fête

Publié le 16/06/2017 à 08:59 - Mise à jour à 09:35
© ROLF VENNENBERND / DPA/AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par AFP

-A +A

Après l'annonce du gouvernement d'un possible congé maternité unique, des voix s'élèvent à quelques jours de la fête des pères pour réclamer l'allongement du congé paternité, une mesure bénéfique à la parentalité qui pourrait aussi réduire les inégalités entre les femmes et les hommes.

A la naissance de son enfant, Robin, 33 ans, avait tout organisé pour être à la maison avec sa compagne dès la sortie de la maternité. Mais c'était sans compter sur la réaction de son chef de service à sa demande de congé paternité: "Tu ne veux pas plutôt le prendre à la fin de ton contrat? En juillet, ça ne m'arrange pas que tu sois absent".

"Déboussolé car c'était la première fois qu'on lui en faisait la demande", son supérieur met "la pression" sur Robin, à l'époque en CDD, pour qu'il le repousse. "Je n'ai pas du tout apprécié son attitude", témoigne à l'AFP ce cadre.

Instauré en 2002, le congé "de paternité et d'accueil du jeune enfant", onze jours consécutifs pour une naissance simple et 18 jours pour une naissance multiple, vient compléter le congé de naissance obligatoire de trois jours. Optionnel et indemnisé par l'Assurance maladie en fonction du salaire, il est pris par environ sept pères sur dix.

Trop court, parfois mal perçu dans les entreprises, moins incitatif que dans d'autres pays européens: il est aujourd'hui critiqué autant par les hommes, qui le trouvent inégalitaire, que par des femmes, qui aimeraient ne pas être seules à gérer une naissance dans le foyer.

"On ne parviendra pas à gommer les inégalités femmes-hommes si on écarte à ce point les pères", estime Robin, jugeant que "les mecs ne se sentent pas autant investis, parce qu'ils n'ont pas le temps pour s'occuper pleinement du bébé".

- "Plaidoyer" -

Sur internet, une pétition lancée récemment pour demander son allongement à quatre semaines connaît un certain succès avec près de 52.000 signatures, à l'approche de la fête des pères dimanche.

"Le congé paternité concrétise le moment où on devient père mais c'est trop court", explique l'auteur de ce "plaidoyer", Naro Sinarpad (pseudonyme), un informaticien de 30 ans qui dénonce les cas où ce "moment important" dans la vie peut devenir "un vrai casse-tête".

Depuis des années, l'association SOS Préma milite pour que "comme en Suède, le père soit vraiment impliqué à la naissance" et demande "un congé spécifique" pour les pères d'enfants hospitalisés. "On en voit qui perdent leur travail, surtout des commerciaux parce qu'ils ne font pas leur chiffre", déplore à l'AFP Charlotte Bouvard, sa directrice.

Dans une note publiée en janvier, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) recommandait de le rendre obligatoire et de le doubler, voire l'allonger à six semaines.

Selon l'Observatoire, qui a calculé qu'il coûtait 274 millions d'euros annuels contre trois milliards d'euros pour le congé maternité, le doter de "plus de dépense publique" permettrait de "réduire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes".

"Le congé paternité n'est pas qu'une question individuelle, c'est aussi une question sociale", explique à l'AFP l'économiste Hélène Périvier, auteure du rapport, pour qui l'obliger "c'est éviter des effets discriminatoires de l'employeur sur l'employé et partager de façon plus égalitaire les rôles sociaux des parents".

La mesure n'est pas au programme du nouveau gouvernement. L'obligation n'est pas toujours efficace "car elle peut donner le sentiment d'une intrusion dans la vie personnelle", explique à l'AFP Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité femmes-hommes.

Selon elle, il faudrait "déjà mieux communiquer sur l'existant" car les "normes masculines du pouvoir dans la culture du travail empêchent encore certains hommes de prendre des jours enfant malade ou un congé parental".

En février, un allongement du congé paternité à 14 jours avait été votée en première lecture à l'Assemblée nationale mais les élections ont interrompu le processus législatif.

Auteur(s): Par AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Sur internet, une pétition lancée récemment pour demander l'allongement du congé paternité à quatre semaines a rassemblé près de 52.000 signatures.

Newsletter


Fil d'actualités Lifestyle




Commentaires

-