Attentat du Drugstore en 1974: Carlos à nouveau condamné à la perpétuité

Attentat du Drugstore en 1974: Carlos à nouveau condamné à la perpétuité

Publié le 23/09/2021 à 15:37 - Mise à jour à 19:16
© Benoit PEYRUCQ / AFP
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Auteur(s): Par Anne-Sophie LASSERRE - Paris (AFP)

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Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, 71 ans, a été à nouveau condamné jeudi à Paris à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'attentat meurtrier du Drugstore Publicis en 1974, au terme de son ultime procès devant la justice française.

Après plus de deux heures de délibérations, la cour d'assises spéciale, qui ne statuait que sur la durée de la peine, a confirmé la condamnation à la prison à vie, déjà prononcée à deux reprises à l'encontre de Carlos dans ce dossier vieux de 47 ans.

"Merci beaucoup", a répondu depuis le box, d'une voix neutre, cette figure du terrorisme "anti-impérialiste" des années 1970-80.

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, il s'était dit "fier de son parcours révolutionnaire", se plaisant à réaffirmer qu'il avait "tué 83 personnes, au moins", mais rechignant à s'expliquer sur l'affaire du Drugstore, une "manipulation grossière" selon lui.

"Ce positionnement, malgré son âge et de longues années en détention" a convaincu la cour de condamner Carlos à la peine maximale, afin de "préserver" tout risque de réitération, ont motivé les magistrats professionnels.

La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général, Rémi Crosson du Cormier, qui avait réclamé la "sanction suprême", à la hauteur de la "gravité des faits".

Carlos avait été condamné en mars 2017 à la perpétuité pour avoir lancé une grenade dans la galerie marchande du grand magasin parisien, une peine confirmée un an plus tard en appel.

Tout en maintenant le verdict de culpabilité du "Chacal" dans l'attaque qui a fait deux morts et 34 blessés en 1974, la Cour de cassation avait ordonné en novembre 2019 un troisième procès, portant uniquement sur le quantum de la peine.

L'avocate de Carlos, Isabelle Coutant Peyre, a dénoncé l'absurdité de ce "faux procès", s'insurgeant par ailleurs contre le "délai déraisonnable" de la procédure.

"Je (lui) ai conseillé de ne pas" se pourvoir en cassation, a réagi Me Coutant Peyre, à l'issue du délibéré. "Il appartient au Venezuela de faire une demande à l'Etat français pour son transfèrement", a-t-elle considéré.

Emprisonné en France depuis son arrestation au Soudan en 1994, Carlos purge deux autres condamnations à la prison à vie, pour un triple meurtre en 1975 à Paris et pour quatre attentats à la bombe commis en France en 1982 et 1983 (11 morts et 191 blessés).

L'arrêt de la cour d'assises "ne sera historique que dans le sens où il mettra un terme au long parcours judiciaire de celui qui est incarcéré depuis 27 ans", avait estimé l'avocat général.

- "Inacceptable !" -

Chevelure et moustache blanches, foulard au cou et pochette glissée dans sa veste, montre apparente au poignet, Carlos a soigné sa dernière apparition devant une cour d'assises.

Mais le "révolutionnaire professionnel" vieillissant n'a fait le spectacle que devant une poignée de soutiens, auxquels il a lancé œillades, baisers et poing levé.

Celui qui parfois se livrait à de longs monologues dans les prétoires a pris la parole en dernier, comme il est d'usage, pour 13 minutes seulement, vilipendant un dossier "prescrit, sans témoin".

Pendant les deux jours d'audience, il s'est montré tantôt souriant, tantôt pestant contre la fouille de ses effets personnels ou le "vol de (ses) stylos", le jugeant "inacceptable". "Avant il y avait de l'ordre et du respect", s'est-il emporté.

L'attaque du Drugstore Publicis a eu lieu le 15 septembre 1974 à Paris, vers 17H10: une grenade lancée par un homme depuis le restaurant en mezzanine du Drugstore avait explosé dans la galerie marchande en contrebas, à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes.

Sans ADN ni aveux, la justice a validé la thèse de l'accusation, selon laquelle cet attentat visait à faciliter la remise en liberté d'un Japonais arrêté à Orly, membre de l'Armée rouge japonaise dont un commando venait également d'exiger la libération lors d'une prise d'otages à l'ambassade de France à La Haye.

Ce mouvement était proche d'une branche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) dont Carlos était devenu l'un des bras armés en Europe.

Carlos avait été reconnu coupable à partir d'un faisceau d'éléments, dont le témoignage d'un ancien compagnon d'armes repenti, Hans Joachim Klein, mais aussi le rapprochement de la grenade utilisée au Drugstore avec celles abandonnées après la prise d'otages de La Haye.

Auteur(s): Par Anne-Sophie LASSERRE - Paris (AFP)

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Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 22 septembre 2021

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