Les personnels hospitaliers dans la rue pour exiger "des moyens" pour l'hôpital

Les personnels hospitaliers dans la rue pour exiger "des moyens" pour l'hôpital

Publié le 11/01/2022 à 15:03 - Mise à jour à 20:04
© Bertrand GUAY / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP - Paris

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

-A +A

Des personnels hospitaliers sont descendus dans la rue dans toute la France mardi pour réclamer des hausses de salaires, mais aussi "des moyens" et des "postes" pour l'hôpital public lessivé par les vagues successives de Covid-19 et l'arrêt des fermetures de lits, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Paris, quelque 3.000 personnes d'après la CGT, 900 selon la police, sont parties de l'hôpital Cochin (XIVe arrondissement) pour rejoindre les Invalides derrière une banderole "ensemble pour obtenir de meilleurs salaires et l'amélioration de nos conditions de travail".

Le Ségur de la santé, qui s'est traduit par des hausses salariales et des investissements, "n'a rien réglé", a estimé auprès de l'AFP le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, évoquant des personnels hospitaliers "harassés". "C'est beaucoup plus de moyens qu'il faut, des moyens humains et financiers. Et il faut arrêter de fermer des lits", a-t-il souligné. Dans le cortège, les ballons rouges de la CGT étaient nombreux, les drapeaux de SUD plus rares.

Cette manifestation s'inscrivait dans le cadre d'une journée de mobilisation nationale à l'appel des syndicats CGT, SUD et CFE-CGC et de plusieurs collectifs de soignants (Inter-Hôpitaux, Inter-Urgences, Inter-Blocs, Printemps de la psychiatrie...).

A Bordeaux, la manifestation a réuni environ 1.500 participants selon les organisateurs. "On en a plein le CHU", "Ségur pour tous", "les premiers de cordée, c'est nous", pouvait-on lire sur les pancartes des participants, qui ont réalisé devant l'Agence régionale de santé une minute d'applaudissements pour tous les soignants "tombés en burn-out" depuis le début de la pandémie.

- "Au-delà de la fatigue" -

Pour Hakim Cherifi, médecin urgentiste à l'hôpital bordelais Saint-André, l'hôpital public a souffert de "20 ans de politique comptable" et a besoin de "plus de moyens" pour "ne pas mourir". "Avoir des patients aux urgences 24 heures sur un brancard par manque de lits, c'est ce qui me gêne le plus", a-t-il dit à l'AFP.

De nombreux techniciens et ouvriers hospitaliers étaient présents dans le cortège pour dénoncer leurs conditions de travail et leur rémunération. "On a des protocoles de nettoyage de nos machines extrêmement rigoureux et toujours plus de patients pour Covid, cancers, maladies graves, à soigner. On travaille comme à l'usine", a dénoncé Cécile Mata, 39 ans, manipulatrice en radiologie au CHU de Bordeaux, réclamant "les mêmes primes" pour les techniciens que pour les soignants afin de recruter des jeunes.

Partout, les manifestants ont dénoncé la charge de travail de plus en plus lourde, à l'instar de Charlène Germain, manipulatrice au CHU de Brest, rencontrée parmi les quelque 300 manifestants qui ont défilé dans la ville mardi matin: "l'activité a augmenté mais les effectifs n'ont pas augmenté", explique-t-elle. "On a de moins en moins de temps pour s'occuper des patients alors que par ailleurs le nombre d'examens radiologiques a presque triplé avec la crise sanitaire. Ce qu'on ressent va au-delà de la fatigue, c'est de la lassitude".

A Lille, où quelque 400 personnes ont défilé, une pancarte proclamait "plus t'es utile, moins t'es payé". Adrien, infirmier de 29 ans en établissement public de santé mentale, déplore un effectif passé de 29 à 22 équivalents temps plein dans son service au cours de ses sept ans de métier: "les effectifs sont à la rue, il n'y a pas assez de monde. J'ai toujours la vocation, mais je suis fatigué".

Parmi les manifestants, certains dénonçaient aussi le fait d'être exclus des revalorisations du Ségur de la santé, à l'instar d'Antony Valladon, 48 ans, aide-soignant dans une association qui défilait à Paris: "dans notre établissement, 50% des personnels ont été exclus" du Ségur, "les métiers du soin vont avoir les 183 euros mais pas les métiers de l'accompagnement ni les personnels non qualifiés".

kp-tsq-sf-bq/cel/bfa/swi

Auteur(s): Par AFP - Paris

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Manifestation à Paris le 11 janvier 2022 pour réclamer plus de moyens pour l'hôpital

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-