Sid-Ahmed Ghlam nie le crime dont il est accusé mais reconnaît être allé en Syrie

Sid-Ahmed Ghlam nie le crime dont il est accusé mais reconnaît être allé en Syrie

Publié le 27/09/2021 à 18:39 - Mise à jour à 21:10
© Benoit PEYRUCQ / AFP
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Auteur(s): Par Alain JEAN-ROBERT - Paris (AFP)

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"J'ai ma part de responsabilité mais je n'ai pas assassiné Aurélie Châtelain". Au premier jour de son procès en appel pour un projet d'attentat à Villejuif et un meurtre en 2015, Sid-Ahmed Ghlam a persisté à nier un crime pour lequel il a été condamné à la perpétuité.

Il a en revanche reconnu, pour la première fois, s'être rendu en Syrie pour y rencontrer des responsables de l'Etat islamique (EI).

"Je me suis bien rendu en Syrie" en octobre 2014 et en février 2015, a dit l'étudiant algérien devant la cour d'assises spéciales, confirmant des déclarations faites récemment à un psychologue en prison.

Lors de son premier procès, Sid-Ahmed Ghlam soutenait qu'il ne s'était jamais rendu en Syrie tout en reconnaissant qu'il avait rencontré des cadres de l'EI en Turquie.

Ces cadres qui l'avaient chargé de commettre un attentat en France étaient Abou Mouthana, identifié comme Abdelnasser Benyoucef, chef des opérations extérieures de l'EI et un certain Amirouche, identifié comme Samir Nouad, qui supervisait les attentats de l'EI en Europe, a confirmé Sid-Ahmed Ghlam.

Abdelnasser Benyoucef et Samir Nouad sont probablement morts en Syrie, respectivement en avril 2016 et en avril 2017, dans des frappes de la coalition.

Contrairement à ce qu'il avait indiqué lors de son premier procès, Sid-Ahmed Ghlam n'a pas évoqué lundi une rencontre avec Abou Omar, identifié comme Abdelhmid Abaaoud.

Mort dans l'assaut de sa planque à Saint-Denis cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud était le chef opérationnel des commandos des attentats du 13-Novembre.

"Je reconnais avoir appartenu à une association de malfaiteurs", a également admis l'étudiant algérien.

"Une association de malfaiteurs terroriste", le reprend la présidente de la cour d'assises spéciale de Paris, Emmanuelle Bessone. "Euh, oui, terroriste", concède le jeune homme rasé de près et vêtu d'une veste en daim sur une chemise blanche.

Debout dans le box où comparaissent aussi quatre coaccusés - un cinquième sous contrôle judiciaire comparaît libre -, Sid-Ahmed Ghlam, 30 ans, a insisté sur son abandon de "l'idéologie" islamiste.

"J'ai mûri, j'ai changé (...) J'ai évolué dans le bon sens", a répété le jeune homme qui soutient être "sorti de cette idéologie en 2017, 2018". "De nature je ne suis pas violent".

"Je ne minimise pas les choses que je voulais faire", soutient-il encore, mais il maintient qu'il a volontairement renoncé à son projet d'attentat contre une église.

"En vous écoutant, je ne vois pas de quelle manière vous avez changé", l'apostrophe Me Antoine Casubolo-Ferro, l'avocat de la famille d'Aurélie Châtelain, la jeune femme assassinée.

A aucun moment, comme en première instance, Sid-Ahmed Ghlam ne jette un regard vers le banc des parties civiles où siègent l'ex-compagnon, le père et la belle-mère d'Aurélie Châtelain.

- Promesses d'explication -

"S'il reconnaissait ce qu'il a fait, ça nous permettrait de savoir vraiment ce qui s'est passé vis-à-vis de ma fille, mais je ne pense pas qu'il va revenir sur ce qu'il a dit", a regretté hors-audience auprès de l'AFP Jean-Luc Châtelain.

Des "explications", il y en aura, a pour sa part affirmé en marge des débats Me Christian Benoit, l'avocat du jeune Algérien. Ce procès "va être l'occasion pour Sid-Ahmed Ghlam de donner un certain nombre de précisions, de donner beaucoup d'éclaircissements sur la façon dont les choses se sont passées".

La thèse de l'accusation, validée en première instance par la cour d'assises, soutient que Sid Ahmed Ghlam a abattu Aurélie Châtelain pour lui voler sa voiture, qu'il s'est blessé accidentellement en remettant l'arme à sa ceinture et que sa blessure l'a contraint à renoncer à son projet d'attentat.

En première instance, il a été condamné à la réclusion à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans et d'une interdiction définitive du territoire français à l'issue de sa peine.

Parmi ses coaccusés, Rabah Boukaouma, considéré par l'accusation comme le "logisticien en chef" de l'opération, a été condamné à trente ans de réclusion, dont une période de sûreté des deux-tiers. Des peines de quinze et vingt-cinq ans de réclusion ont été prononcées contre deux autres complices, Abdelkader Jalal et Farid Brahami.

Le procès en appel est prévu jusqu'au 29 octobre.

Auteur(s): Par Alain JEAN-ROBERT - Paris (AFP)

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Ce croquis d'audience réalisé le 27 septembre 2021 montre Sid Ahmed Ghlam lors de son procès en appel à Paris après avoir été condamné à la réclusion à perpétuité en 2020 pour le m

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