L'ex-international de football, Tony Vairelles, jugé pour violences avec arme

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Par Antoine POLLEZ - Nancy (AFP)
Publié le 21 mars 2022 - 18:19
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Tony Vairelles, ancien attaquant de l'équipe de France de football, et trois de ses frères comparaissent libres depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Nancy pour des violences avec arme commises dix ans plus tôt à la sortie d'une boîte de nuit.

Fabrice, Jimmy, Giovan et Tony Vairelles doivent répondre jusqu'à vendredi de "violences en réunion, avec préméditation et avec arme", et encourent jusqu'à dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Ils avaient dans un premier temps été mis en examen pour tentative d'assassinat, mais ont échappé à la cour d'assises à la faveur d'une requalification des faits.

Les quatre frères sont soupçonnés d'avoir ouvert le feu et blessé trois vigiles de la discothèque Les Quatre-As à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) dans la nuit du 22 au 23 octobre 2011.

Les vigiles sont poursuivis pour violences en réunion avec armes, en l'occurrence "une bombe lacrymogène, des barrières de sécurité et une matraque", des fait passibles de cinq ans d'emprisonnement.

Au cours de la soirée, Giovan et Jimmy, alors âgés respectivement de 20 et 30 ans, avaient rapidement eu une altercation avec les vigiles à cause de l'interdiction de garder son verre sur la piste de danse. Mais la dispute avait dégénéré en rixe violente et s'était poursuivie sur le parking de l'établissement.

- Témoignages chaotiques -

Après avoir quitté les lieux, les frères Vairelles étaient revenus armés, accompagnés de Tony et Fabrice, 38 et 40 ans à l'époque.

Les trois videurs, blessés par arme à feu, avaient été pris en charge par une ambulance. Deux d'entre eux n'ont plus travaillé depuis et sont en pré-retraite, tandis que le troisième, incapable de se tenir debout de manière prolongée, a perdu son travail de tourneur-fraiseur.

Au premier jour du procès, le tribunal a tenté de reconstituer les faits initiaux de violence, survenus à l'intérieur de la boîte de nuit.

A défaut de vidéosurveillance, les magistrats ont écouté les témoignages, quelque peu chaotiques, des différents protagonistes.

"Je me suis fait passer à tabac, je prenais tellement de coups que je ne voyais plus rien", a témoigné Giovan Vairelles, aujourd'hui âgé de 30 ans. "Il était à moitié en vrac", a ajouté Jimmy.

"C'est lui qui m'a donné un coup d'abord, j'ai donné des coups pour me protéger", a répliqué Carlo Di Napoli, l'un des agents de sécurité, allemand d'origine italienne, quinquagénaire à la carrure imposante. "A l'époque, je faisais 120 kg", a-t-il précisé, pour expliquer comment il avait réussi à "ceinturer" son opposant, après l'avoir "giflé".

Les débats des prochains jours doivent porter sur les violences survenues ensuite, à l'extérieur de l'établissement, jusqu'aux coups de feu.

- "Traces de poudre" -

Avant d'aborder le fond de l'affaire, l'avocate des frères Vairelles, Virginie Barbosa, avait réclamé la nullité de la procédure, arguant de la lenteur de l'enquête qui a vu se succéder quatre juges d'instruction.

"C'est lamentable de juger dans de telles conditions, dans un tel délai", a-t-elle soutenu, rappelant que le procès s'ouvrait "dix ans et cinq mois" après les faits.

Le tribunal a joint l'incident au fond, et tranchera la question en même temps que l'ensemble du dossier.

"Ce qui est ennuyeux avec un dossier qui est resté si longtemps à l'instruction, c'est qu'on n'a aucune certitude, on ne sait pas d'où viennent les balles", a dit à l'AFP Me Barbosa. "On peut faire des condamnations de groupe, mais ce n'est pas ça la justice".

"Qui a fait quoi, cela ressortira des débats. Il y a des traces de poudre relevées sur les mains d'un des frères Vairelles, des éléments matériels permettront de faire la lumière sur les faits", a assuré Mathieu Schwartz, avocat des vigiles.

Tony Vairelles, issu de la communauté gitane, a été sélectionné à huit reprises en équipe de France, de 1998 à 2000 (1 but). Attaquant haut en couleur à la célèbre "coupe mulet", il a notamment porté les couleurs de Lens, Lyon, Bordeaux, Bastia et Gueugnon.