Martinique: malgré la pandémie, une messe pour "passer cette épreuve"

Martinique: malgré la pandémie, une messe pour "passer cette épreuve"

Publié le 15/08/2021 à 19:01 - Mise à jour à 19:04
© Lionel CHAMOISEAU / AFP
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Auteur(s): Par Cécile AZZARO - Schœlcher (France) (AFP)

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Press). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

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La flambée des cas de Covid-19 en Martinique n'empêche pas la tenue des messes: en ce jour de l'Assomption, les paroissiens de Schoelcher, à quelques kilomètres de Fort-de-France, se sont rassemblés dès l'aube pour "trouver le courage de passer cette épreuve".

A 7H00, l'église catholique Notre-dame-de-la-Nativité a fait le plein, avec environ 120 personnes, compte tenu des mesures barrières obligatoires.

Toutes les portes et fenêtres sont laissées ouvertes, l'assistance porte le masque, les paroissiens sont invités à se désinfecter les mains à l'entrée au gel hydroalcoolique et une rangée de bancs sur deux est occupée.

Des conditions qui rassurent Josseline Sébastien, 74 ans, corsage en dentelle blanche et jupe bleue. "J'ai jamais raté ma messe", explique-t-elle, venue "prier pour les personnes qui sont atteintes (par le virus) et celles qui s'en sont allées".

"On n'a pas fermé l'église cette fois (malgré le confinement strict imposé, NDLR), c'est important, au moins on a cela par rapport à la pandémie, par rapport à tout ce qui se passe avec tous ces morts", souligne aussi Violette Chevalier, 55 ans, chef de la chorale, à la sortie de la messe.

"On se dit qu'on a la foi quand même pour nous aider et pour nous remonter le moral aussi", ajoute cette femme longiligne, toute de blanc vêtue, comme une majorité de paroissiens présents.

"Encore plus en cette période de pandémie, nous avons besoin de nous retrouver, nous croyants, pour proclamer notre foi et se dire que nous pourrons passer cette épreuve", renchérit Reine-Véronique Lefranc, 54 ans. "Ça nous donne la force, le courage, c'est vraiment important".

- "Que Marie me dise d'aller me vacciner" -

Alors que l'augmentation des contaminations au Covid-19 se traduit en Martinique par une explosion des formes graves de la maladie et une saturation des hôpitaux, le père Fortuné Gibon a rapidement évoqué la situation devant ses paroissiens.

Il les a invités "à un peu plus de vigilance par les temps qui courent", soulignant "l'inquiétude que chacun porte en son cœur" et la tristesse des "familles endeuillées".

"Quels sont ces jours que nous vivons aujourd'hui, où la pandémie fait des ravages et fait violence à l'homme et à l'humanité?", a-t-il demandé, déplorant "tant de décès, la vie de l'homme est menacée".

Il a ensuite égrainé une longue liste de noms de personnes décédées, dont certaines du Covid.

"Nous avons perdu beaucoup d'amis", confie Yvette Raymond, 66 ans, robe colorée et cheveux tressés, à la sortie de l'église.

Mais la pandémie ne l'a pas découragée à venir. "La messe, pour nous Martiniquais, c'est important, c'est notre premier souci".

Yvette est venue fêter "Marie, notre maman du ciel". "Nous attendons tout d'elle pour que nous puissions sortir de cette pandémie", affirme la paroissienne, certaine qu'"avec la foi, et avec Marie, nous allons nous en sortir".

"Je ne suis pas inquiète, parce que je fais confiance à ma maman du ciel", poursuit-elle, expliquant qu'elle n'est pas vaccinée, car "j'attends qu'elle me dise d'aller me vacciner".

"Les gens préfèrent se dire +On croit donc rien ne va nous arriver+, mais c'est pas comme ça", se désole Violette Chevalier, la chef de la chorale, regrettant que beaucoup n'aient "pas compris l'utilité du vaccin".

Auteur(s): Par Cécile AZZARO - Schœlcher (France) (AFP)

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Des croyants lors d'une messe dans l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Schoelcher, en Martinique, le 15 août 2021

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