Pass sanitaire programmé jusqu'à l'été? Les députés croisent à nouveau le fer

Pass sanitaire programmé jusqu'à l'été? Les députés croisent à nouveau le fer

Publié le 19/10/2021 à 01:42 - Mise à jour à 17:42
© Christophe SIMON / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Gregory DANEL - Paris (AFP)

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Press). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

-A +A

Les députés se penchent à partir de mardi soir sur un 10e texte consacré à la crise sanitaire depuis mars 2020, avec à la clef la prolongation controversée du pass sanitaire jusqu'au 31 juillet 2022.

L'outil, honni par une minorité de la population mais utilisé par une large majorité de Français depuis l'été, est au coeur de ce projet de loi dit de "vigilance sanitaire".

Les députés vont se prononcer sur la prolongation du dispositif pour huit mois, ce qui permettra d'enjamber la présidentielle et les législatives. Un choix qui fait hurler les oppositions.

Plus de 380 amendements ont été déposés pour cette première lecture.

Gérard Larcher, président du Sénat à majorité de droite, a d'ores et déjà annoncé qu'il n'était "pas question de donner un blanc-seing" à l'exécutif pendant une période si longue et si sensible politiquement.

Le Conseil constitutionnel devrait être saisi par les oppositions si le projet de loi n'évolue pas au fil de la navette parlementaire, prévue jusque début novembre.

"C'est le pass sanitaire à vie", a critiqué la députée et candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen mardi sur France 2.

Mardi après-midi, plusieurs centaines d'opposants se sont rassemblés à proximité du Palais Bourbon, à l'appel du militant pro-Frexit Florian Philippot et en présence la députée Martine Wonner, égérie des covidosceptiques.

"Je suis contre la vaccination obligatoire et pour le libre choix de chacun, il n'y a pas lieu d'imposer cette dictature", critiquait comme d'autres Valérie âgée d'une cinquantaine d'années.

Dans l'hémicycle, la majorité devra garder un oeil sur ses propres troupes.

En commission des Lois, le député LREM de Paris Pacôme Rupin, opposant résolu au pass, a grippé le projet gouvernemental en faisant adopter de justesse un amendement qui prévoit de circonscrire l'utilisation du pass sanitaire géographiquement et en fonction de l'évolution de l'épidémie.

Mais comme attendu, le groupe LREM a déposé un amendement qui prévoit de revenir à la logique nationale du pass, tout en prenant en compte plusieurs critères que les "marcheurs" tiennent à spécifier pour justifier le recours au pass: taux de vaccination, de positivité des tests de dépistage, d’incidence ou de saturation des lits de réanimation - avec des niveaux à définir.

Preuve que le groupe majoritaire souhaite faire entendre une musique un tantinet différente, tout en restant dans le tempo dicté par le gouvernement. L'allié Modem est sur la même ligne.

- "L'exceptionnel devenu la norme" -

Le texte examiné sur fond de reflux de l'épidémie doit servir d'assurance tout risques pour l'exécutif qui veut à tout prix s'épargner, en pleine campagne électorale, un procès en impréparation en cas de retournement de tendance.

Ainsi, la validité du pass pour les plus de 65 ans et les plus fragiles pourrait être à terme soumise à l'injection d'une troisième dose de vaccin, préconisée pour ces populations. "C'est une possibilité", a indiqué mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur RTL.

Alors que la France entre dans la saison froide, qui favorise les regroupements en intérieur et donc la circulation du virus, les spécialistes guettent les signes avant-coureurs d’un possible redémarrage de l’épidémie.

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, l’agence sanitaire Santé publique France relève ainsi "une baisse moins marquée des indicateurs épidémiologiques" la semaine du 4 octobre par rapport aux précédentes, même si "l’amélioration de la situation" se poursuit.

Le recours au pass jusqu'au 31 juillet 2022, et aussi la possibilité de décréter territorialement l'état d'urgence sanitaire avec son cortège de restrictions, sont présentés comme une "boîte à outils" dans laquelle le gouvernement ne sera pas nécessairement obligé de puiser.

Une manière de tenter d'atténuer les critiques sur un Etat devenu "accro" aux régimes d'exception.

"L’exceptionnel est devenu la norme", résume le député Charles de Courson (Libertés et Territoires) qui rappelle que sur les six dernières années, entre les attentats et la crise sanitaire, le pays a vécu plus de trois ans sous le régime de différents états d'urgence.

grd-gg-adc-pr/ib/or

Auteur(s): Par Gregory DANEL - Paris (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Un serveur vérifie le pass sanitaire sur la terrasse d'un restaurant à Marseille, le 09 août 2021

Newsletter


Fil d'actualités AFP France




Commentaires

-