Un collectif d'agents publics déplore une "perte de sens" au travail

Un collectif d'agents publics déplore une "perte de sens" au travail

Publié le 20/09/2021 à 14:57 - Mise à jour à 23:14
© Martin BUREAU / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP - Paris

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Le collectif d'agents publics Nos services publics a publié lundi une vaste enquête alertant sur la "perte de sens" éprouvée au travail par les fonctionnaires et contractuels.

Sur les 4.555 répondants à un questionnaire administré en ligne, "80% déclarent être confrontés +régulièrement+ ou +très fréquemment+ à un sentiment d'absurdité dans l'exercice de leur travail".

"De réorganisations en désorganisations organisées, j'ai été transférée d'office sur un poste où je n'avais aucune connaissance [...] Pas d'accompagnement, pas de formation, une hiérarchie +destructrice+: j'ai fini par craquer au bout d'un an", confie Sylvie, adjointe administrative.

Ce ressenti progresse avec l'âge: seuls 23% des moins de 30 ans affirment éprouver "très fréquemment" un sentiment d'absurdité, soit douze points de moins que chez les 50-59 ans (35%).

Il est "lié avant tout à l'incapacité des agents à mener à bien les missions de service public pour lesquelles ils se sont engagés", explique le collectif.

Dans le secteur médical, en particulier, la crise sanitaire a agi comme un révélateur de ce désenchantement.

"Je travaille à l'AP-HP depuis 1985. Je n'ai jamais connu un tel nombre de couches décisionnelles: le patient est devenu une donnée abstraite", regrette Valérie.

En se basant sur les témoignages des répondants, Nos services publics détaille cinq catégories principales de motifs qui engendrent la perte de sens: "Le manque de moyens, un défaut de vision, le sentiment de servir autre chose que l'intérêt général, le poids de la structure et le manque de reconnaissance."

Le niveau de rémunération, à ce titre, pèse moins que les injonctions contradictoires ou les dysfonctionnements administratifs.

Le collectif a transmis lundi les résultats de l'enquête à la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin. "La priorité numéro 1 de son action est le sens des métiers du service public", assure le ministère.

Malgré ces difficultés, 52% des personnes interrogées déclarent rester à leur poste pour le service de l'intérêt général, et 50% pour l'intérêt des missions.

Mais 37% des répondants justifient leur maintien dans la fonction par "la difficulté de changer", en particulier les enseignants, et 35% par "la stabilité de l'emploi".

Le questionnaire a été administré en ligne du 30 avril au 31 août 2021. Parmi les répondants, ceux de catégorie A (2.805 réponses) sont surreprésentés par rapport à leur poids réel dans les effectifs globaux de la fonction publique.

A l'inverse, les répondants de catégorie B (447) et C (294) sont sous-représentés. Les contractuels représentent 12% de l'échantillon.

Si le ministère garantit que les témoignages collectés seront étudiés en détail, il fait part de ses réserves sur l'interprétation globale des résultats, "la méthodologie choisie n'étant pas celle d'un sondage représentatif".

"Le nombre de réponses, le nombre de témoignages écrits recueillis et leur niveau de concordance sont néanmoins significatifs d'un sentiment de mal-être partagé chez les agents des services publics dans tous les secteurs, par tous les statuts et par tous les âges", estime pour sa part le collectif.

Auteur(s): Par AFP - Paris

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