Venezuela: 600 portraits pour valoriser un quartier à la réputation hyper violente

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Par AFP - Caracas
Publié le 13 avril 2022 - 01:42
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Photos d'habitants accrochées à Petaré, réputé un des quartiers les plus dangereux au monde, dans le cadre du projet global de l'artiste français JR "Inside Out," le 12 avril 2022
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© Federico PARRA / AFP
Photos d'habitants accrochées à Petaré, réputé un des quartiers les plus dangereux au monde, dans le cadre du projet global de l'artiste français JR "Inside Out," le 12 avril 2022
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Quelque 600 portraits en noir et blanc d'habitants sont exposés depuis mardi dans le secteur de San Blas de l'immense quartier populaire de Petaré de Caracas, réputé hyper-violent.

Ces grands portraits de 3 mètres sur 2 mètres ont été accrochés ici près d'un terrain de sports, là sur une petite place, là encore à des murs de San Blas, entre les habitations construites de manière anarchique les unes sur les autres de ce sous-quartier de Petaré, souvent qualifié de plus grand bidonville d'Amérique du sud.

L'opération a été organisée par la fondation Inside Out de l'artiste français JR.

"L'idée est de faire ressortir à l’extérieur, dans le monde entier, ce qu'il y a de bon du quartier: inside out (dedans, dehors)", souligne le photographe Juan Calero, directeur du projet, qui a signé une partie des clichés.

Il a aussi fait appel à des photographes vénézuéliens, et certains du quartier. "On n'entend que les mauvaises choses de Petaré. (Le projet) donne une image positive du quartier à travers l'art et la photographie", ajoute-t-il.

"Ce sont tous des gens de la communauté. J'ai pleuré d'émotion,je n’avais jamais vu une image si immense de moi", confie Eilyn Gutierrez, 40 ans, "styliste, cuisinière et activiste", en posant devant son image placardée sur une guérite.

"Le projet est excellent pour montrer que dans cette communauté comme dans beaucoup d'autres, il y a du talent à exploiter, de l'art à sortir, et beaucoup de potentiel", dit-elle.

"Le quartier, conclut-elle, ce n'est pas seulement le mauvais. Il y a des bonnes choses, il suffit de nous donner l'opportunité de nous connaitre".