Fresque de street art jugée "anti-police": le maire de Grenoble invoque la liberté d'expression

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 27 juin 2016 - 15:32
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Street Art Grenoble
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©Philippe Desmazes/AFP
Cette fresque "est une allégorie de l’État", assure l'organisateur du festival.
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Le maire de Grenoble Eric Piolle (EELV) a invoqué la liberté d'expression ce lundi pour défendre une oeuvre de street art jugée "anti-police". La fresque, due à l'artiste Goin, représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers en tenue anti-émeute, dont l'un tient un bouclier sur lequel est écrit "49-3". Elle a été réalisée dans le cadre d'un festival subventionné par la municipalité.

Le maire de Grenoble Éric Piolle (EELV) a invoqué ce lundi 27 la liberté d'expression après la polémique suscitée par une œuvre d'art urbain jugée "anti-police" et réalisée dans le cadre d'un festival subventionné par la municipalité. "On comprend bien sûr l'émoi de la police. Mais comprendre cet émoi ne veut pas dire s'asseoir sur les textes fondateurs de la République", a souligné M. Piolle. "La liberté d'expression fait partie des bases fondamentales de la République. C'est ce que nous défendons tous et ce que la police a défendu après les attentats contre Charlie Hebdo", a-t-il ajouté, en refusant de commenter l’œuvre en elle-même.

Due à l'artiste Goin, cette fresque représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers en tenue anti-émeute, dont l'un tient un bouclier sur lequel est écrit "49-3". Elle a suscité de nombreuses condamnations de parlementaires de droite comme de gauche, qui en ont demandé le retrait. "Plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois", a même réagi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans un tweet, en estimant que ces derniers attendaient du maire "qu'il leur dise ses regrets". "Il faut que le ministre de l'Intérieur fasse la liste des œuvres autorisées ou non", a commenté M. Piolle, en disant regretter que les élus réclament un "droit de censure, 18 mois après Charlie".

L’œuvre, réalisée dans le cadre du Grenoble Street Art Fest, qui a rassemblée 45 artistes pendant trois semaines, doit de toute façon être détruite "la semaine prochaine" dans le cadre de travaux de réaménagement de la gare prévus de longue date, selon Éric Piolle. Une vingtaine de fresques de ce type ont été peintes dans le cadre de ce festival subventionné à hauteur de 25.000 euros par la mairie.

"Ce n'est pas une commande publique de la mairie", a cependant précisé le maire, en parlant d'un "festival indépendant" sur lequel "nous ne voulons pas avoir de droit de regard". L'organisateur du festival, Jérôme Catz, a indiqué à l'AFP que l'artiste Goin avait titré l’œuvre L’État matraquant la liberté pour "montrer qu'il n'avait rien contre les policiers en tant qu'individus". Cette fresque, conçue il y a six mois, "est une allégorie de l’État", a-t-il souligné.

 

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