"La forme de l'eau": le grand favori des Oscars 2018 (vidéo)

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"La forme de l'eau": le grand favori des Oscars 2018 (vidéo)

Publié le 20/02/2018 à 00:42 - Mise à jour à 16:52
©20th Century Fox
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Auteur(s): Jean-Michel Comte

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Une histoire d'amour entre une femme de ménage muette et un monstre aquatique capturé par les militaires dans l'Amérique des années 60: le film "La forme de l'eau", du réalisateur mexicain Guillermo del Toro, sort ce mercredi, une semaine et demie avant les Oscars dont il est le grand favori.

Avec 13 nominations, c'est le grand favori des Oscars 2018 qui seront attribués le 4 mars. Après avoir obtenu le Lion d'or de la Mostra de Venise en septembre dernier et été trois fois primé aux Bafta 2018, La forme de l'eau, originale histoire d'amour sur fond de science-fiction et de fantastique concoctée par le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro, sort ce mercredi 21 sur les écrans français.

L'histoire se situe dans les années 60, en pleine guerre froide. Elisa (Sally Hawkins), jeune femme muette qui mène une existence morne et solitaire , est femme de ménage dans un laboratoire ultrasecret et souterrain dirigé par les militaires et les services secrets, près de Baltimore.

Un jour, elle est appelée pour nettoyer une grande pièce au sol couvert de sang sur lequel elle retrouve deux doigts humains coupés. Et elle y découvre, immergé dans un caisson rempli d'eau, un monstre mi-homme mi-poisson, que les chercheurs et militaires ont capturé et sur lequel ils mènent des expériences.

En cachette, Elisa va revenir, seule, pour entrer en contact avec la créature mystérieuse, qui n'a pas l'air si méchante ni si monstrueuse. Elle lui donne des œufs durs, lui apprend le langage des signes, lui passe des disques, danse devant lui.

Entre eux d'eux s'établit peu à peu une communication, une relation complice, voire un début d'amitié. Alors, quand les militaires commencent à envisager de dépecer la créature, convoitée par des agents russes infiltrés, Elisa décide de l'aider à s'évader…

Pourquoi ce titre? "L’eau prend la forme de son contenant, mais malgré son apparente inertie, il s’agit de la force la plus puissante et la plus malléable de l’univers. N’est-ce pas également le cas de l’amour? Car quelle que soit la forme que prend l’objet de notre flamme –homme, femme ou créature–, l’amour s’y adapte", explique Guillermo del Toro.

Le réalisateur mexicain à l'univers très personnel, avec des monstres et des personnages fantastiques dans la plupart de ses films, films d'auteur comme L'échine du Diable (2001), Hellboy (2004), Le labyrinthe de Pan (2006) ou Pacific Rim (2013), s'ouvre ici au grand public avec une histoire d'amour poétique, à la fois conte fantastique, récit onirique, fable politique et éloge de la différence façon La Belle et la Bête.

"Je voulais raconter une très belle histoire sur le thème de l’espoir et de la rédemption, un antidote au cynisme de notre époque. Je souhaitais qu’elle prenne la forme d’un conte de fées dans lequel une modeste jeune femme fait une découverte extraordinaire qui va bouleverser sa vie", explique-t-il. "Et puis j’ai pensé qu’il serait intéressant de juxtaposer cet amour avec la banalité destructrice de la haine entre les nations, comme durant la guerre froide, et de la haine entre les êtres causée par les différences –d’origine, de couleur de peau, d’aptitude ou de sexe".

Malgré deux ou trois scènes gores qui ne s'imposaient pas, son film respire la poésie dans une atmosphère de mystère, de science-fiction, de suspense et de mélange des genres qui est aussi une belle déclaration d'amour au cinéma sous toutes ses formes.

Son homme-poisson est un hommage à celui de L'étrange créature du lac noir, film de Jack Arnold de 1954. Et le fait que les deux personnages principaux ne parlent pas et ne communiquent que par les gestes, la danse ou la musique, ne fait qu’amplifier leur histoire d’amour, dans un monde où incompréhension, méfiance et haine s’interposent entre les humains. "L’amour est un sentiment si puissant qu’il se passe de mots", conclut Guillermo del Toro.

Auteur(s): Jean-Michel Comte


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Pour Sally Hawkins, c'est l'amour monstre.

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