Critique - Les Animaux fantastiques 2: la magie n'opère pas (vidéo)

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Critique - Les Animaux fantastiques 2: la magie n'opère pas (vidéo)

Publié le 14/11/2018 à 10:15 - Mise à jour à 11:27
©Warner Bros
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Auteur(s): Victor Lefebvre
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"Les Animaux fantastiques", saga prequelle de "Harry Potter", offre ce mercredi son deuxième épisode sur cinq avec "Les Crimes de Grindelwald". Si l'esthétique, la mise en scène de l'univers magique aux millions de fans et les personnages principaux sont à la hauteur, le film s'égare dans une multitude d'intrigues frustrantes et difficiles à comprendre qui cassent le rythme, vraisemblablement pour préparer la suite.

La magie ne résout pas tous les problèmes. Il ne suffit pas qu’un film s’inscrive dans une saga au succès planétaire pour en faire une réussite. Les Animaux fantastiques: Les crimes de Grindelwald, en salles ce mercredi 13, en est une décevante illustration. En cause, cette manie hollywoodienne de prévoir des suites de blockbusters (5 en l’occurrence) à l’avance, le succès commercial étant assuré quoi qu’il arrive.

Résultat: le film de David Yates, malgré des qualités esthétiques indéniables et de nombreuses scènes réjouissantes, s’égare, vraisemblablement obligé de coller à une trame en partie établie par la saga Harry Potter (qui se déroule bien plus tard), et à préparer les trois épisodes suivants. Le film en lui-même semble presque oublié dans l’opération.

Voir: "Les Animaux fantastiques" succèdera à "Harry Potter" avec 5 films

Le touchant Norbert Dragonneau, toujours bien interprété par Eddie Redmayne, et ses animaux fantastiques -qui avaient tant fait pour la magie du premier prequel- ne semblent avoir qu’un rôle secondaire dans cette aventure. Et le recentrage sur l’ascension du mage noir Grindelwald (Johnny Depp) ne suffit pas à l’expliquer.

Une bonne partie du film se penche sur une intrigue a priori secondaire et mal amenée: une quête d’identité de Croyance, l’obscurus du précedent épisode dont les pouvoirs sont convoités par Grindelwald. Entre ces trois pistes et des romances inégales, le film manque cruellement de rythme.

La magie s'avère un outil bien commode mais insuffisant pour cacher ces errements. Et même les fans les plus rigoureux de l’univers de J.K Rowling risquent d’être perdus. Il est en tout cas absolument inconcevable de voir ce film sans connaître le monde de Harry Potter ni avoir vu (et même revu) les premières aventures de Norbert Dragonneau. Le suspens frustrant de ce mystère familial et alambiqué qui déroute le spectateur ne prend fin qu’avec des révélations lourdement amenées à quelques minutes de la scène finale, superbe par ailleurs. Trop d'intrigues, trop de personnages... Bref, la magie n’opère pas.

Et c'est bien dommage car le film apporte pourtant de nombreux éléments réjouissants: les dialogues comiques, les personnages principaux bien construits (Jude Law fait un Albus Dumbledore tout à fait convainquant), les créatures fantastiques superbement dessinées (mais trop peu exploitées), un monde magique et ses enjeux bien recréés avec des références aux sept livres mais aussi les libertés nécessaires... Quant à la grande révélation finale qu’il serait criminel de spoiler, elle fera bondir les fans, mais de colère pour certains qui crieront sans doute au crime de lèse-majesté. Elle témoigne en tout cas d’une volonté de faire de cette nouvelle série de films une saga à part entière, avec sa propre identité.

Les Crimes de Grindelwald pourrait en effet n’être que le parent pauvre des Animaux fantastiques, un épisode fourre-tout qui doit permettre de véritablement mettre en place l’intrigue, laissant plus de libertés aux suivants pour créer une saga indépendante. Un mal nécessaire "pour le plus grand bien".

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Auteur(s): Victor Lefebvre

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Eddie Redemayne, toujours aussi émouvant en Norbert Dragonneau, est malheuresement presque oublié dans "Les animaux fantastiques: Les crimes de Grindelwald".

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