"Sage femme": Deneuve et Frot, deux Catherine réunies (VIDÉO)

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"Sage femme": Deneuve et Frot, deux Catherine réunies (VIDÉO)

Publié le 15/03/2017 à 00:07 - Mise à jour le 21/03/2017 à 20:37
©Michaël Crotto/Memento Films
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Auteur(s): Jean-Michel Comte

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Une sage-femme sérieuse et sans éclat, une riche bourgeoise exubérante et égoïste: pour leur premier duo au cinéma, Catherine Frot et Catherine Deneuve interprètent deux personnages à l'opposé l'un de l'autre dans le film "Sage femme" –sans trait d'union– qui sort ce mercredi dans les salles.

Ce sont les deux Catherine les plus célèbres du cinéma français et elles n'avaient jamais joué ensemble. C'est chose faite dans le film Sage femme (ce mercredi 22 sur les écrans), dans lequel Catherine Deneuve et Catherine Frot interprètent deux personnages que tout oppose et qui, bien sûr, vont se rapprocher l'une de l'autre.

Claire (Catherine Frot), 49 ans, est sage-femme. Elle vit seule et, dans la vie comme dans son métier, c'est la droiture même, jusqu'à la caricature: elle a voué sa vie aux autres, refuse de quitter sa maternité qui va fermer, est végétarienne et non-fumeuse, rentre chez elle à vélo au petit matin dans son immeuble de banlieue où l'ascenseur est souvent en panne, et jardine pendant ses jours de congés dans un petit jardin participatif.

Un jour, elle reçoit un appel téléphonique de Béatrice (Catherine Deneuve), qui fut jadis la maîtresse de son père avant que celui-ci ne se suicide. Béatrice débarque dans la vie de Claire, et c'est son exact contraire, jusqu'à la caricature: riche bourgeoise égoïste et fantasque, légère et insouciante, elle fume comme un pompier, boit des whiskies à 10h du matin avec des cacahuètes ou de bons coups de rouge à midi pour accompagner son entrecôte/frites, trimballe dans une poche en plastique des liasses de billets gagnés dans des parties de cartes clandestines, et se moque du quand-dira-t-on.

Claire hésite à renouer les liens avec cette Béatrice qui a fait du mal à son père et qui débarque ainsi après 30 ans d'absence. Mais elle se laisse attendrir, surtout quand l'autre lui explique qu'elle souffre de tumeurs au cerveau. Entre le feu et la glace, entre la cigale et la fourmi commence alors une cohabitation qui n'était pas gagnée d'avance…

"Tout oppose Claire et Béatrice, mais peu à peu, cette opposition devient source de complémentarité, d’échange, de sagesse. (…) Chacune vient combler un manque dans la vie de l’autre", explique le réalisateur, Martin Provost, dont c'est le 6e film et qui avait connu la consécration avec le 3e, Séraphine, vainqueur de sept César en 2009 dont ceux de meilleur film et de meilleure actrice pour Yolande Moreau.

Il y a parfois un air des films des frères Dardenne dans ce Sage femme (d'ailleurs Olivier Gourmet, l'acteur fétiche des deux réalisateurs belges, y joue un rôle important) qui balance entre la chronique sociale (la maternité, le métier de sage-femme, le chômage, la banlieue, les vies tranquilles et sans relief) et l'histoire intimiste entre ces deux femmes, mère et fille de substitution qui apprennent à s'aimer malgré leurs différences. C'est sage et gentiment humaniste, un peu tristounet, accompagné d'une musique parfois mielleuse, avec quelques séquences qui font chaud au cœur et d'autres moins réussies.

Le film commence par des images de deux vrais accouchements, volonté du réalisateur de définir d'entrée son personnage principal et de rendre hommage à cette profession respectée de tous. Rien d'autobiographique mais, explique-t-il, "j’ai moi-même été sauvé à la naissance par une sage-femme. Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables. Quand ma mère m’a raconté la vérité sur cette histoire, c’était il y a un peu plus de deux ans, je suis immédiatement parti à sa recherche, sans même savoir son nom. Les archives de l’hôpital où je suis né étant détruites tous les vingt ans, il ne demeure aucune trace. Ma mère se rappelait qu’elle n’était pas toute jeune. Je suis convaincu qu’elle est morte. J’ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film et, à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui oeuvrent dans l’ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour".

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

Auteur(s): Jean-Michel Comte


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Catherine Deneuve et Catherine Frot, ce sont la cigale et la fourmi.

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