"T2 Trainspotting": 20 ans après, Danny Boyle toujours accro (VIDÉO)

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"T2 Trainspotting": 20 ans après, Danny Boyle toujours accro (VIDÉO)

Publié le 26/02/2017 à 17:32 - Mise à jour le 28/02/2017 à 21:02
©UGC Distribution
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Auteur(s): Jean-Michel Comte

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Le brillant réalisateur britannique Danny Boyle donne une suite, plus de 20 ans après, au film qui l'avait rendu célèbre, "Trainspotting". Son "T2", qui sort ce mercredi dans les salles, a comme acteur principal celui du premier, Ewan McGregor.

Dans le jargon des critiques de cinéma et des cinéphiles branchés, on appelle cela un "film culte": en 1996, Trainspotting marquait son époque en racontant, dans un esprit punk no-future avec images psychédéliques et bande-son survoltée, le mal de vivre et les frasques de quatre junkies d'Edimbourg accros à l'héroïne dans l'Ecosse ravagée par le chômage. Vingt ans après, voici la suite, T2-Trainspotting (ce mercredi 1er sur les écrans français), qui oscille entre coup de jeune et coup de vieux –en penchant nettement vers le second.

A l'époque, le film avait rendu célèbres le réalisateur Danny Boyle et l'acteur principal  Ewan McGregor, pour leur deuxième film après Petits meurtres entre amis deux ans auparavant. Tous deux se retrouvent pour cette suite, avec la même équipe et les mêmes personnages.

Mark Renton (Ewan McGregor, 45 ans aujourd'hui) revient dans sa ville d'Edimbourg après un long exil à Amsterdam où il a trouvé du travail et s'est marié. Il tente de renouer avec ses trois copains, qu'il avait volés de 16.000 livres en s'enfuyant après un trafic de drogue 20 ans auparavant, à la fin du premier Trainspotting. Les trois, comme lui, ont vieilli.

Il revoit d'abord Spud (Ewen Bremner, 45 ans), suicidaire, solitaire et toujours junkie, et tente de lui redonner le goût de vivre en lui vantant les bienfaits du jogging en plein air: "Sois accro, mais à autre chose", lui dit-il.

Les retrouvailles avec Sick Boy (Jonny Lee Miller, 44 ans) sont plus difficiles. Celui-ci, accro à la cocaïne, vit d'embrouilles, de chantages, de vols de cartes bleues, tient un pub désert dans une banlieue pourrie, et veut ouvrir un "sauna" avec sa copine Veronika, une jeune prostituée bulgare. D'abord réticent à revoir celui qui l'a volé 20 ans plus tôt, il accepte finalement d'être remboursé et d'essayer de faire des affaires avec lui.

Quant au troisième pote, Begbie (Robert Carlyle, 55 ans), il n'est pas question pour Mark de le revoir, car c'est devenu son ennemi juré qui ne lui a pas pardonné. Mais Begbie, en prison depuis 20 ans, s'évade, renoue avec sa famille, reprend ses cambriolages et va bientôt apprendre que Mark est de retour en ville…

"T2 Trainspotting évoque la différence entre l’enfance et l’âge adulte", explique Danny Boyle. "Dans le film original, il est question de l’irresponsabilité propre à la jeunesse, cette période où l’on se fout de tout et en particulier du temps qui passe, ou du moins c’est ce qu’on pense. Dans T2, c’est l’inverse: c’est le temps qui se fout des personnages. Le film est saturé d’images d’hommes, de femmes et d’enfants –même imaginaires– déçus".

En effet dans cette suite les anti-héros sont fatigués, plus vieux mais pas plus raisonnables, et le film est plus sombre et plus triste, même s'il garde le même rythme et si la bande-son tente d'être à la hauteur de celle du premier film. Ici la réalisation comporte de nombreux flash-back, sur l'histoire des quatre personnages mais aussi sur l'époque dans laquelle ils vivaient, entre "c'était mieux avant" et "ce n'est pas pire aujourd'hui".

Avant, on vénérait George Best, le meilleur footballeur nord-irlandais de tous les temps, et les quatre junkies d'Edimbourg refusaient le slogan anti-drogue "Choisis la vie". Aujourd'hui, tout le monde a un smartphone et passe son temps sur les réseaux sociaux –addiction moderne qui donne l'occasion d'un superbe monologue d'Ewan McGregor.

Il y a une histoire et du suspense dans ce T2, et cela reste une comédie noire déjantée sur la misère sociale. Mais on retrouve moins d'humour et de surprises que dans le premier, malgré tout le savoir-faire de Danny Boyle, 60 ans, réalisateur au talent protéiforme, de La plage (2000) à Steve Jobs (2015) en passant par Slumdog Millionaire (2008, Oscar du meilleur réalisateur), le fascinant Trance (2013) ou la mise en scène de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres en 2012.

Cette suite semble un passage obligé dans sa carrière et la phrase de Sick Boy à Mark dans le film pourrait s'appliquer à lui: "Tu es un touriste dans ta propre jeunesse". Une nostalgie et un vieillissement que le réalisateur assume, comme les acteurs ont eu le courage de le faire eux aussi: "Lorsqu’on compare les acteurs à ce qu’ils étaient y a 20 ans, c’est assez brutal", rigole Danny Boyle. "Il y a 10 ans, ils ne semblaient pas avoir tant changé que ça, je me moquais d’ailleurs gentiment d’eux en leur disant qu’ils devaient se mettre beaucoup de crème sur le visage pour avoir l’air toujours aussi jeunes! Mais 20 ans c’est long, et cela se sent. Les garçons ont accepté le fait d’avoir changé physiquement et d’être comparés à ce qu’ils étaient en 1996. Ils ont fait preuve d’une grande sincérité. Ils n’ont pas eu peur de se montrer tels qu’ils sont aujourd’hui, ce qui est précisément le sujet du film".

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

Auteur(s): Jean-Michel Comte


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