EXCLUSIVITE : Et si Didier Raoult avait raison ? Traiter et laisser prescrire - Chapitre 14 (partie1)

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EXCLUSIVITE : Et si Didier Raoult avait raison ? Traiter et laisser prescrire - Chapitre 14 (partie1)

Publié le 28/09/2020 à 11:18 - Mise à jour le 29/09/2020 à 12:08
Guy Courtois
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Auteur(s): FranceSoir

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Après le chapitre 4 publié il y a peu, voici le chapitre 14. Chapitre ayant pour thème la peur, la peur du covid, la peur que le gouvernement met en place dans nos esprits, la peur des autres... Ce chapitre sera étalé sur plusieurs articles. Voici le premier.

 

CHAPITRE 14

QUAND LA PEUR S’EMPARE DE TOUS

« Les crises sanitaires sont beaucoup plus dangereuses par la peur qu’elles provoquent et par les surréactions, que par la réalité ». Didier Raoult

 

SYNTHÈSE DU CHAPITRE 14

Avons-nous raison d’avoir peur face au Covid-19 ?

Didier Raoult affirme qu’il faut arrêter d’avoir peur.

Néanmoins, pour un très grand nombre, la peur semble justifiée et même nécessaire.

 

1 - LES POPULATIONS DU MONDE ENTIER ONT PEUR.

Lorsque le virus arrive en Italie, la peur s’empare des sociétés, et s’accroît avec le traitement médiatique de la pandémie et les discours graves des dirigeants politiques.

Cette peur laisse place à la panique, ce qui non seulement a des effets sur l’intégrité physique et psychologique de certaines personnes, mais aussi, augmente l’attrait du grand public pour les fake news et les théories complotistes.

Cette peur panique est le résultat de l’inconnu et du sentiment de perte de contrôle auxquels la crise nous confronte.

Afin de ne pas sombrer dans une peur dénuée de raison, il est important de se déconnecter des médias, de se renseigner correctement sur la pandémie, et de prendre soin de soi.

 

2 - LA PEUR DES POPULATIONS EST SOURCE D’EXCLUSION.

L’angoisse autour du virus entraîne un sentiment de défiance et des actes discriminatoires au sein des sociétés, notamment vis-à-vis de la communauté asiatique, de la communauté LGBTQ+ et des personnels soignants.

Les personnes visées par ces comportements hostiles doivent donc faire face à une nouvelle source de stress, en plus de la crainte que suscite déjà le Covid-19.

La recherche de boucs émissaires explique, pour partie, le rejet de ces communautés.

Afin de lutter contre ces comportements irrationnels alimentés par la peur et l’ignorance, il est essentiel de s’informer convenablement sur cette crise mondiale pour faire preuve d’ouverture d’esprit.

 

3 - LA PRISE DE DÉCISION DES DÉCIDEURS POLITIQUES SE FAIT SUR FOND DE PEUR.

Les gouvernants sont influencés par les médias et les scientifiques, qui véhiculent un sentiment de peur dans leur approche axée sur le pire.

En plus de favoriser la mise en place du confinement dans de nombreux pays, les conséquences des effets médiatiques et des annonces scientifiques s’ancrent dans le long terme.

La prise en compte de ce qui est véhiculé par les médias et les rapports scientifiques, n’est pas forcément la preuve d’un comportement irrationnel des gouvernements.

Didier Raoult avait raison de dire qu’il ne faut pas se laisser envahir par la peur.

La peur qu’engendre la pandémie est probablement liée à notre rapport à la mort.

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Avons-nous raison d’avoir peur face au Covid-19 ?

 

Mars 2020, Rose-Marie a peur[1]. Octogénaire, souffrant d’obésité, de diabète et d’hypertension, elle sait qu’elle fait partie des personnes dites « à risques » face au virus. À cette peur, s’ajoutent les images et les témoignages en provenance d’Italie[2][3][4]. Là-bas, les médecins doivent faire des choix. Ils ne peuvent pas sauver tout le monde, et soignent les personnes qui ont le plus de chances de survivre. « Entre un patient de 40 ans et un de 60 ans[5] », le choix est donc fait. Alors, lorsque son neveu, Sébastien Richard, lui demande comment elle va au téléphone, Rose‑Marie, qui vit en France, exprime son inquiétude :

- « Ah, non ça ne va pas. Je suis très triste. C’est affreux, je vais mourir ! 

- Mais pourquoi dis-tu ça ?, s’exclame son neveu.

- Ah, mais tu sais très bien. Je ne suis qu’une vieille bonne à jeter à la poubelle. J’ai 89 ans, si je vais à l’hôpital, on va me laisser mourir sans me soigner. On ne soigne plus les gens de mon âge, il n’y a pas assez de respirateurs. J’ai bien vu ce qu’il s’est passé en Italie et dans le Grand Est. C’est vraiment affreux. Et en plus, tu sais bien, mon petit Sébastien, avec mes problèmes de santé… j’ai tout ce qu’il faut pour être la première à mourir. 

- Mais non, Tatie, ne dis pas de bêtises, tu ne vas pas mourir. Et pourquoi tu l’attraperais, ce virus ?

- Tu sais bien pourquoi je l’attraperais, aujourd’hui, je suis sur une chaise roulante, je ne peux plus me déplacer. Comment je peux être sûre que la personne qui vient s’occuper de moi ne va pas me le transmettre ? C’est vraiment affreux ».

Rose-Marie n’est pas la seule dans cette situation. Nombre de personnes âgées, ou bien tout simplement fragiles comme elle, vivent dans la peur.

 

A contrario, l’histoire de María Branyas est rassurante. Elle est la preuve qu’il est possible de guérir du Covid-19 à n’importe quel âge. Cette dame de 113 ans, considérée comme la doyenne d’Espagne, survit en effet au virus. Après « une infection urinaire et un peu de fièvre associée », elle est diagnostiquée positive au nouveau coronavirus en avril 2020[6]. La supercentenaire[7] contracte une forme légère de la maladie. Après plusieurs semaines de confinement, la voilà guérie. Sa fille, Rosa Moret, affirme sur TV3 que sa mère « va bien, elle est en forme, avec l’envie de parler, d’expliquer, de faire ses réflexions, elle redevient elle‑même[8] ». Ce que confirme la concernée : « La santé ça va, bien sûr, j’ai eu quelques petits problèmes qui ont été accentués par mon grand âge. Mais tout le monde a des problèmes de santé[9] ». Née le 4 mars 1907 aux États-Unis, il ne s’agit pas de la première épidémie à laquelle la centenaire doit faire face. Alors âgée de 11 ans, et vivant en Espagne, elle connaît la grippe espagnole. Cette dame est donc une vraie force de la nature, d’autant plus qu’elle se trouve également en Espagne lorsque la guerre civile éclate en 1936. Quand une employée de la maison de retraite, où elle vit depuis 20 ans au nord de Barcelone, lui demande le secret de sa longévité, María lui répond qu’elle a « une bonne santé[10] ».

 

Didier Raoult affirme qu’il faut arrêter d’avoir peur.

 

En 2016, dans son livre Arrêtons d’avoir peur !, Didier Raoult analyse les causes de la peur et tente de les relativiser. Il affirme ainsi que « l’homme a toujours eu peur du changement[11] ». La raison : « Les changements, par nature imprévisibles, sont vécus comme dangereux par nos sociétés qui ont la volonté d’immobiliser le cours des choses, par exemple, en utilisant et en abusant du principe de précaution. » De plus, il note que les pays riches sont plus sujets à la peur que les pays pauvres. En reprenant la fable du Savetier et du Financier de Jean de La Fontaine, le professeur explique les raisons de ce décalage : « Les riches ont peur de perdre ce qu’ils ont... ». Il conseille donc à l’homme, qui « recherche des formes de stabilité », « de s’adapter […] pour survivre dans un environnement en transformation permanente ». L’autre raison qui explique que les pays riches « vivent en permanence avec un sentiment de fin du monde », est, selon Didier Raoult, liée « aux moyens d’information actuels qui délivrent en continu de mauvaises nouvelles, la plupart du temps fausses, notamment en matière de santé ». Ainsi, les médias jouent un rôle non négligeable dans le sentiment de peur qu’éprouvent les populations, notamment dû au fait que « l’être humain a une appétence naturelle pour les mauvaises nouvelles ». Il met aussi en avant le fait que « les risques nouveaux engendrent plus de craintes que les risques connus (accidents de voiture, cigarettes, etc.) ». Enfin, le spécialiste des maladies infectieuses affirme que « les hommes politiques, qui répondent en priorité aux émotions de la population, alimentent en retour l’inquiétude latente face à des menaces fictives[12] ». Il s’agit donc du serpent qui se mord la queue.

 

Son analyse de la peur, faite en 2016, est avant-gardiste pour analyser celle que nous connaissons en 2020 avec la pandémie de Covid-19. Notons également que le professeur affirme, dans son livre, que « l’anxiété et le pessimisme font notre malheur[13] ». Et, le moins que l’on puisse dire, est que son opinion sur la peur n’a pas changé depuis. En effet, alors que la peur liée à la pandémie de Covid-19 gagne le monde entier, Didier Raoult appelle au calme et dénonce « tout le délire autour de la gravité monstrueuse de cette maladie[14] ». Selon lui, « les crises sanitaires sont beaucoup plus dangereuses par la peur qu’elles provoquent et par les surréactions, que par la réalité[15] ». Ainsi, l’épisode que nous vivons serait « dangereux plus par la peur […], que par le nombre de morts qu’il cause[16] ».

 

La peur liée à l’épidémie est en partie due au fait que nous avons tendance à surestimer la mortalité que la maladie engendre. Mais, selon le professeur, la mortalité liée au Covid-19 n’a pas de quoi inquiéter : « Dans la population la plus à risque, la mortalité est de 1 %, donc il faut arrêter de raconter des choses qui terrifient les gens. Bien entendu, si vous ne testez que les gens en réanimation et [que] vous dites à tous les gens qui sont un peu malades de rester chez eux, vous aurez une vision de la gravité de la maladie qui n’aura rien à voir avec la gravité de la maladie. […] Donc moi, je ne vois pas de signaux de mortalité qui soient spécifiquement redoutables, je ne vois pas de modifications de la mortalité générale dans le pays[17] ». C’est pourquoi le virologue affirme qu’il faut relativiser la dangerosité mortelle du nouveau coronavirus par rapport aux autres infections respiratoires : « Il faut faire attention que nos réactions ne soient pas disproportionnées face au risque réel. Le risque réel, c’est la mort. C’est ça, le risque réel. Ou c’est, éventuellement, un séjour en réanimation, ce qui est assez désagréable. Ce type de danger est un danger qui n’apparaît pas, à ce stade, plus grand que celui des autres infections respiratoires[18] ». Il envoie donc un message aux décideurs politiques : « Il faut essayer de convaincre la population que les faits ne sont pas dramatiques[19] ».

 

Néanmoins, pour un très grand nombre, la peur semble justifiée et même nécessaire.

 

Malgré les arguments de Didier Raoult, « l’hystérie mondiale[20] » ne semble pas dénuée de raison. En effet, comment ne pas avoir peur lorsque l’on constate qu’en Italie, les médecins font un tri entre les patients, pour choisir qui sauver ? Comment dire aux personnes âgées qu’il ne faut pas qu’elles s’inquiètent, alors que le virus tue surtout les seniors[21] ?

 

D’ailleurs, selon de nombreuses personnes, il convient de nuancer les affirmations du virologue. La peur n’est pas uniquement un danger. Au contraire, elle nous protège des comportements à risques. Si nous n’avions pas peur, écouterions-nous les conseils des autorités sanitaires ? Si nous n’avions pas peur, les pertes seraient, peut-être, bien plus nombreuses.

 

1 - LES POPULATIONS DU MONDE ENTIER ONT PEUR.

Lorsque le virus arrive en Italie, la peur s’empare des sociétés, et, s’accroît avec le traitement médiatique de la pandémie et les discours graves des dirigeants politiques.

 

L’épidémie de Covid-19 est synonyme de peur dans le monde entier. L’inquiétude face au virus s’amplifie lorsqu’il se répand en dehors de la Chine et arrive en Italie. À cet instant, l’Europe se sent en danger, car le virus est désormais sur son continent. Nous pouvons constater ce phénomène en France avec l’évolution de la médiatisation du virus. Lorsque celui-ci est en Chine, les médias français relaient surtout « le côté policier et très autoritaire du confinement[22] », et non le problème sanitaire. Puis, lorsque l’Italie, pays voisin, est touchée par le virus, les médias passent « d’un problème presque politique, politico-militaire ou militaro-politique en Chine, à un vrai problème sanitaire[23] ». Autre exemple : le journal suisse Le Temps et des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne s’intéressent aux effets « de ce nouveau coronavirus et de la pandémie qu’il provoque[24] » au sein des moteurs de recherche, des médias et des réseaux sociaux. Ils analysent donc les « tendances sur Twitter, le volume des recherches sur Google et celui des articles publiés en ligne par les médias en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse[25] », faisant référence à ce virus. Leur étude démontre que « la flambée de cas en Lombardie a fait basculer la prise de conscience dans les pays voisins[26] ». Lorsque, entre le 20 et le 22 février 2020, le nombre de contaminés passe de 3 à 62, les recherches Google et les Tweets à propos du Covid-19 augmentent à vue d’œil. Ainsi, ce n’est que lorsque l’Italie fait face à son tour à la pandémie, que ses voisins européens prennent conscience du risque sanitaire et commencent à avoir peur. Ce qui n’est pas le cas au départ, quand le virus est seulement localisé à Wuhan. On pourrait être tenté de dire : loin des yeux, loin de la peur ! De plus, le point presse du directeur général de l’OMS du 3 mars 2020 ne rassure pas les populations, puisque ce dernier explique « [qu’à] l’échelle mondiale, environ 3,4 % des personnes atteintes de la Covid-19[27], dont les cas ont été notifiés, sont décédées. À titre de comparaison, la grippe saisonnière tue généralement moins de 1 % des personnes infectées[28] ». Toutefois, ce taux est à relativiser, puisqu’il s’agit du taux de létalité apparent, qui est « obtenu à partir du rapport entre le nombre de personnes mortes du Covid‑19, et celles qui ont été testées positives pour cette maladie[29] ». Il dépend donc « de la capacité de chaque pays à détecter des cas et à les prendre en charge correctement[30] ». Ce qu’explique Michèle Legeas, enseignante à l’École des hautes études en santé publique : « Vous avez énormément de gens qui ne vont pas présenter de symptômes ou très peu. Plus vous augmentez la recherche des personnes qui ne présentent pas de signes, pour le même nombre de morts, vous baissez la létalité observée[31] ». Il convient de différencier ce taux de létalité apparent du taux de létalité réel, qui lui, rapporte « le nombre de décès constatés à cause d’une maladie […] au nombre total de personnes qui ont eu cette maladie. Et plus seulement au nombre de cas confirmés par test[32] ». Selon une prépublication de l’Institut Pasteur datant du 20 avril 2020[33], le taux de létalité réel du Covid-19 serait donc de 0,53 %. Simon Cauchemez, épidémiologiste qui a travaillé sur cette étude, explique bien cette différence entre le taux de létalité apparent et le taux de létalité réel, permettant de comprendre pourquoi les résultats de l’OMS et ceux de l’Institut Pasteur sont différents : « L’OMS n’a regardé que les cas symptomatiques détectés (CFR[34]), alors que nous prenons en compte les personnes infectées qui ne sont pas détectées, car elles ont des symptômes légers ou qu’elles sont asymptomatiques, grâce à des modélisations. C’est l’IFR[35][36] ». L’OMS, qui selon Jean-Dominique Michel, a pour doctrine de « paniquer diligemment face à tout nouveau danger épidémique[37] » parce « qu’il vaut mieux s’affoler trop tôt que trop tard[38] », finit par jouer un rôle dans la peur du grand public face à l’épidémie, alors qu’au début, elle avait minimisé l’épidémie. Mais au-delà du rapprochement géographique du virus vers l’Europe, et du taux de létalité apparent annoncé par le directeur général de l’OMS, sans remise en perspective, la peur est également alimentée par le traitement médiatique de la pandémie. En effet, pas un jour ne passe sans que le Covid-19 ne soit présent au sein des médias. En France, par exemple, les chaînes d’information en continu sont comme en « édition spéciale permanente », notamment depuis l’intervention d’Emmanuel Macron annonçant la fermeture des écoles et des crèches, jeudi 12 mars à 20 heures[39] ». Ainsi, du lundi 16 mars au dimanche 22 mars 2020, les chaînes d’information françaises consacrent « 74,9 % du temps d’antenne […] au coronavirus et à ses conséquences »[40]. La médiatisation du Covid-19 est donc sans précédent dans l’histoire de l’information télévisée. Ce phénomène de surmédiatisation d’un événement s’appelle un « blast » : « Un événement qui "efface" tous les repères traditionnels, toutes les grilles, et presque toutes les autres infos[41] ». L’omniprésence et le poids de la pandémie au sein des médias sont telles que les journalistes doivent user d’ingéniosité afin de faire entendre les autres informations. La rédaction internationale de Radio France décide donc de créer un format « destiné à mettre en avant "cinq infos du monde garanties sans Covid-19" : le "Par ailleurs", sous-titré "Le monde en bref sans Covid-19" [42] ». Quant au grand public, il est réceptif à cette surmédiatisation. La preuve en est qu’au mois de mars 2020, la télévision française connaît une audience historique. Selon une étude de l’institut Médiamétrie, « Les Français ont regardé la télévision en moyenne 4 h 29 par jour au mois de mars, soit 44 minutes de plus qu’en mars 2019[43] ». Avec une telle médiatisation du virus, et une aussi grande audience, il n’est donc pas étonnant que les gens prennent peur. C’est ce que pointe du doigt Stéphane Bern sur RTL : « Tous les soirs, par exemple, on a le décompte pays par pays, plus particulièrement de la France, du nombre de personnes qui sont contaminées, du nombre de gens hospitalisés, en réanimation, et puis le nombre de morts. On égraine comme ça de jour en jour. […] J’ai un coup au cœur chaque soir quand j’entends les chiffres. Et comment relativiser, comment prendre le recul nécessaire pour accepter ?[44] »

 

Enfin, la peur au sein des populations, est également une conséquence de la communication des responsables politiques. Durant l’épidémie, ces derniers essaient de gérer au mieux la crise en informant et donnant des consignes, comme la distanciation physique et le confinement. Pour mieux se faire entendre, ils n’hésitent pas à prendre un ton martial lors de leurs discours. Par exemple, l’Italie ouvre le bal. Lorsqu’il déclare, le 9 mars 2020, que le pays va être confiné, le président du Conseil des ministres, Giuseppe Conte, affirme : « C’est l’heure la plus sombre de notre Histoire[45] ». D’ailleurs, Domenico Arcuri, en charge de l’urgence sanitaire liée à la pandémie en Italie, va même jusqu’à qualifier les fournitures médicales de « munitions » dont le pays a besoin pour gagner « cette guerre[46][47] ». Même musique en France. Lors de son allocution télévisée du 16 mars 2020, Emmanuel Macron répète six fois que « nous sommes en guerre[48] ». Il appelle donc les Français à la « mobilisation générale » contre un « ennemi […] invisible, insaisissable[49] ». En Espagne, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, annonce le 22 mars 2020 le prolongement du confinement de deux semaines, et affirme que « La guerre est permanente[50] ». Aux États-Unis, le président Trump se compare le 18 mars 2020 à « un président en temps de guerre[51] », puis déclare sur Twitter le 27 mars 2020 que « le monde est en guerre contre un ennemi caché. Nous gagnerons[52] ! ». Au Royaume-Uni, pour l’anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie, Boris Johnson, le Premier ministre, compare la pandémie à la Seconde Guerre mondiale, dans une lettre adressée aux vétérans : « En cet anniversaire, nous sommes engagés dans un nouveau combat contre le coronavirus qui exige le même esprit d’effort national que vous avez incarné il y a 75 ans[53] ». Nous pouvons également mentionner Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, qui qualifie le Covid‑19 « d’ennemi de l’humanité[54] ». Autant de déclarations qui mettent en état d’alerte les populations du monde entier.

 

Retrouvez la suite du chapitre la semaine prochaine. 

Livre disponible sur Amazon au format kindle et broché 

 

[1] Interview réalisée par Guy Courtois. Les prénoms et noms des personnes ont été changés afin de conserver leur anonymat, France, avril 2020.

[2]« Italie : le choix déchirant des médecins », France, FranceInfo, 9 mars 2020.

[3] AFP, « Coronavirus en Italie. « On doit choisir qui soigner, comme en situation de guerre », dit un médecin », France, Ouest-France, 9 mars 2020.

[4] « Coronavirus en Italie : "des médecins obligés de choisir qui doit mourir" », Royaume-Uni, BBC News, 28 mars 2020.

[5] Rédaction avec AFP, « Dans le nord de l’Italie, « on doit choisir qui soigner, comme en situation de guerre » », France, L’Obs, 9 mars 2020.

[6] Rédaction avec AFP, « Espagne : à 113 ans, la doyenne du pays survit au coronavirus », France, Le Parisien, 13 mai 2020.

[7] « La doyenne des Espagnols, âgée de 113 ans, a guéri du coronavirus », France, LCI, 13 mai 2020.

[8] Rédaction avec AFP, « À 113 ans, la doyenne espagnole guérit du coronavirus », France, Le Figaro, 13 mai 2020.

[9] « Coronavirus : la doyenne de l’Espagne âgée de 113 ans a survécu au virus », France, FranceInfo, 13 mai 2020.

[10] Rédaction avec AFP, « Espagne : à 113 ans, la doyenne du pays survit au coronavirus », France, Le Parisien, 13 mai 2020.

[11] RAOULT D., « Arrêtons d’avoir peur ! », France, Michel Lafon, 2016.

[12] Ibid.

[13] Ibid.

[14] RAOULT D., « Où en est le débat sur l’Hydroxychloroquine ? », France, IHU Méditerranée Infection YouTube, 5 mai 2020.

[15] RAOULT D., « Coronavirus : un risque de pandémie ? », France, IHU Méditerranée Infection YouTube, 25 février 2020.

[16] RAOULT D, « Chloroquine : pourquoi tant de haine ? », France, IHU Méditerranée Infection YouTube, 3 mars 2020.

[17] RAOULT D., « Coronavirus, analyse des données épidémiques dans le monde : diagnostiquer doit être la priorité », France, IHU Méditerranée Infection YouTube, 17 mars 2020.

[18] RAOULT D., « Coronavirus : un risque de pandémie ? », France, IHU Méditerranée Infection YouTube, 25 février 2020.

[19] Ibid.

[20] RAOULT D., « Arrêtons d’avoir peur ! », France, Michel Lafon, 2016.

[21] « Policy Brief: The Impact of Covid-19 onolderpersons », Organisation des Nations unies, mai 2020.

[22] ROMEYER H. Interviewée par QUINTON F., « Covid-19 : ‘‘La médiatisation tend aujourd’hui à céder un peu plus à la panique’’ », France, La Revue des médias, 9 mars 2020.

[23] Ibid.

[24] « Interactif.Comment la médiatisation de l’épidémie de Covid-19 a-t-elle évolué ? », France, Courrier international, 4 avril 2020.

[25] Ibid.

[26] Ibid.

[27] Dans cette citation, nous avons conservé le vocabulaire original de l’OMS « la Covid- 19 », bien que nous ayons choisi une règle différente pour notre livre : « le Covid‑19 ».

[28] ADHANOM GHEBREYESUS T., « Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point presse sur la Covid-19 du 29 juin 2020 », Suisse, Organisation mondiale de la santé, 29 juin 2020.

[29] LEBOUCQ F. et MOULLOT P., « Pourquoi LCI dit que la létalité du Covid-19 est passée de 3,5 % à 0,5 % ? », France, Libération, 26 mai 2020.

[30] « Coronavirus : comment est calculé le taux de létalité ? », France, FranceInfo, 12 mars 2020.

[31] Ibid.

[32] LEBOUCQ F. et MOULLOT P., « Pourquoi LCI dit que la létalité du Covid-19 est passée de 3,5 % à 0,5 % ? », France, Libération, 26 mai 2020.

[33] SALJE H., TRAN KIEM C., LEFRANCQ N., COURTEJOIE N., BOSETTI P. & al., « Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France », France, pasteur-02548181, 2020.

[34] CFR pour case fatality rate, correspondant au taux de létalité apparent. Il s’agit du « nombre de décès imputables à la maladie divisé par le nombre de cas connus, qui ne donne que peu d’information sur le risque associé à l’épidémie, car il est très dépendant du taux de dépistage ». Source : « Développement d’un modèle mécanistico-statistique pour calculer le taux de létalité réel du Covid-19 », INRAE, 12 mai 2020.

[35] IFR pour infection fatality rate, correspondant au taux de létalité réel. Il s’agit du « nombre de décès imputables au Covid-19 divisé par le nombre de cas réels ». Source : « Développement d’un modèle mécanistico-statistique pour calculer le taux de létalité réel du Covid-19 », INRAE, 12 mai 2020.

[36] LEBOUCQ F. et MOULLOT P., « Pourquoi LCI dit que la létalité du Covid-19 est passée de 3,5% à 0,5% ? », France, Libération, 26 mai 2020.

[37] MICHEL J.-D., « Covid : anatomie d’une crise sanitaire », France, humenSciences, juin 2020.

[38] Ibid.

[39] BAYET A. et HERVÉ N., « ÉTUDE. Information à la télé et coronavirus : l’INA a mesuré le temps d’antenne historique consacré au Covid-19 », France, La Revue des médias, 24 mars 2020.

[40] Ibid.

[41] Ibid.

[42] Ibid.

[43] « Confinement : la télévision enregistre des audiences records en mars, avec 4 h 29 d’écran par jour et par Français », France, FranceInfo, 30 mars 2020.

[44] SASTRE G., « Frédéric Lenoir : "Il y a une surmédiatisation du coronavirus qui fait que c’est anxiogène" », France, RTL, 25 mars 2020.

[45] TOSSERI O., « Coronavirus : tout entière en quarantaine, l’Italie privilégie les déplacements professionnels », France, Les Échos, 10 mars 2020.

[46] « Coronavirus et métaphore guerrière », France, AgoraVox, 13 avril 2020.

[47] SPINELLI F., « “L’emergenza coronavirus come una guerra” : è davvero così ? », Italie, Il Ciriaco, 16 avril 2020.

[48] PIETRALUNGA C. et LEMARIÉ A., « » Nous sommes en guerre » : face au coronavirus, Emmanuel Macron sonne la « mobilisation générale » », France, Le Monde, 17 mars 2020.

[49] Ibid.

[50] GONZÁLEZ Á., « Pedro Sánchez anuncia 5 nuevas medidas contra el Covid-19 », Espagne, As,22 mars 2020.

[51] AFP, « Coronavirus : Trump se compare à un président “en temps de guerre“ », Belgique, Le Soir, 18 mars 2020.

[52] TRUMP DJ., [@realDonaldTrump] « The world is at war with a hidden enemy WE WILL WIN! » [Tweet], Twitter, 27 mars 2020.

[53] AFP, « Boris Johnson compare la lutte contre la Covid-19 à la Seconde Guerre mondiale », Canada, Le Soleil, 8 mai 2020.

[54] Rédaction avec AFP, « Le patron de l’OMS qualifie le virus d’ennemi de l’humanité », France, Le Figaro, 18 mars 2020.

 

 

Auteur(s): FranceSoir


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