Haine sur internet: "beaucoup de progrès" mais "encore beaucoup à faire"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 16 mai 2016 - 18:22
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Le logo du site Twitter est un petit oiseau bleu.
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Twitter, Facebook et YouTube ont été assignés en référé par deux associations pour non-respect de leurs obligations de modération légales.
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Internet et les réseaux sociaux restent le support de nombreux propos haineux et racistes, au point que plusieurs associations ont décidé d'engager des procédures judiciaires. Selon le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme Gilles Clavreul, "on a fait beaucoup de progrès mais il y a encore beaucoup à faire".

Face au déferlement de propos haineux sur internet, dénoncé une nouvelle fois dimanche par des associations, "on a fait beaucoup de progrès mais il y a encore beaucoup à faire", a déclaré lundi le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

"Ça fait plusieurs années que l'on sait, que l'on voit la progression de la haine sur internet et les réseaux sociaux, sous toutes ses formes", a dit Gilles Clavreul, interrogé lundi midi sur Europe-1. Concernant l'apologie du terrorisme, "un travail très important a été engagé", "avec déjà plus de 1.500 sites" internet bloqués, a-t-il souligné.

Mais au-delà de l'incitation au terrorisme, "c'est aussi cette haine au quotidien qu'on voit se déverser sur les réseaux sociaux. Et par rapport à ça, on a fait beaucoup de progrès mais on sait très bien qu'il y a encore beaucoup à faire".

Dimanche, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et SOS Racisme ont annoncé qu'ils allaient assigner en référé Twitter, YouTube et Facebook pour non-respect de leurs obligations de modération légales qui imposent aux hébergeurs de supprimer dans un délai raisonnable les contenus manifestement illicites.

Cette action en justice a été décidée après que ces associations ont signalé des contenus haineux à ces trois acteurs du web et observé leurs réactions. Le résultat est marquant: sur 586 contenus signalés, seuls 4% ont été supprimés sur Twitter, 7% sur YouTube et 34% sur Facebook (étude menée du 22 mars au 10 mai).

Twitter, Facebook et YouTube suppriment "inégalement" ces contenus racistes, antisémites ou xénophobes et "dans certains cas ils ne le font pas assez", a déclaré Gilles Clavreul. Il a dit les inciter à développer une politique de modération des contenus mais "ça coûte cher, c'est compliqué".

"Mon rôle c'est que chacun fasse le maximum pour qu'on régule davantage internet", a poursuivi le délégué interministériel, précisant que lui même avait saisi "à 40 reprises les procureurs de la république pour obtenir des condamnations".

"En 2014, il y a eu 13.000 signalements à la plateforme Pharos du ministère de l'Intérieur, l'année dernière 26.000", a-t-il ajouté, estimant qu'il avait "deux fois plus de prise de conscience" des internautes.

 

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