Publicités déguisées ciblant les enfants : l’UE donne un mois à TikTok

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Publicités déguisées ciblant les enfants : l’UE donne un mois à TikTok

Publié le 01/06/2021 à 17:18
Money SHARMA / AFP
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Auteur(s): FranceSoir
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Vendredi 28 mai, la Commission européenne et le réseau des autorités nationales des consommateurs (CPC) ont lancé un dialogue formel avec TikTok pour pousser la plateforme à revoir ses pratiques commerciales et sa politique concernant les publicités. Cela fait suite à une alerte lancée par l'Organisation européenne des consommateurs (BEUC) en février dernier. Maintenant, l’UE lui accorde un mois pour répondre à la plainte et discuter avec les autorités d'une résolution.

La pandémie aurait exposé les jeunes aux pratiques abusives du réseau social

L’Union Européenne craint que l'application, très populaire chez les jeunes, notamment après plusieurs mois de confinement, soit en train d'enfreindre les lois sur la protection des données des enfants, notamment en pratiquant du marketing caché, des techniques de publicité agressive ciblant les enfants et avec des pratiques trompeuses envers les consommateurs. “La pandémie actuelle a encore accéléré la numérisation. Cela a créé de nouvelles opportunités, mais a également créé de nouveaux risques, en particulier pour les consommateurs vulnérables,” explique Didier Reynders, commissaire chargé de la justice, qui cite l'interdiction de cibler les enfants et les mineurs avec des bannières dans les vidéos comme exemple de publicité déguisée. Pour lui, le dialogue lancé devrait aider TikTok à se conformer aux règles de l'UE pour protéger les consommateurs.

Des « Conditions d’utilisation » injustes, ambigües et favorisant TikTok au détriment de ses utilisateurs

L’alerte rédigée par le BEUC mettait en lumière plusieurs pratiques trompeuses du réseau social. Non seulement la gestion des données est opaque, mais elle confère en plus à TikTok un droit irrévocable d'utiliser, de distribuer et de reproduire les vidéos publiées par les utilisateurs, sans rémunération. Cela pose aussi un problème concernant le droit d'auteur. Une fonction qui caractérise la plateforme et l’a rendu populaire, est la possibilité d’acheter des pièces virtuelles que l’on peut échanger contre des cadeaux virtuels pour les célébrités de TikTok ou des utilisateurs. La politique relative aux objets virtuels de TikTok qui gère cette fonctionnalité contient des clauses abusives et des pratiques trompeuses. TikTok revendique aussi un droit absolu de modifier le taux de change entre les pièces et les cadeaux, faussant potentiellement la transaction financière en sa propre faveur.

TikTok ne parvient pas à protéger les enfants et les adolescents de la publicité cachée et du contenu potentiellement dangereux sur sa plate-forme

Les challenges dangereux pullulent aussi régulièrement sur la plateforme, mettant en danger la vie des jeunes consommateurs de vidéos. La dernière, « le rêve indien » qui consiste à s'auto provoquer une syncope en hyperventilant avant de se mettre en apnée le plus longtemps possible, peut causer paralysie, convulsions ou handicap. En janvier dernier, une fillette de 10 ans est morte asphyxiée en Italie, alors qu’elle participait à un autre défi popularisé sur Tiktok, le « jeu du foulard » . Après cet accident, l’Italie a bloqué l’accès à la plateforme pour les moins de 13 ans.

TikTok commence à se mettre aux normes et crée un centre de transparence

Caroline Greer, directrice des politiques publiques de TikTok Europe, a déclaré que TikTok avait pris de nombreuses mesures pour protéger les jeunes utilisateurs, notamment en rendant tous les comptes de ceux de moins de seize ans privés par défaut et en désactivant leur accès à la messagerie directe. De plus, les utilisateurs de moins de 18 ans ne peuvent pas acheter ou recevoir de cadeaux virtuels, « et des politiques strictes interdisant la publicité qui s'adresse directement aux personnes n'ayant pas atteint l'âge du consentement numérique » ont été mises en place. En avril, TikTok a ouvert un centre de transparence en Europe où les experts peuvent obtenir un aperçu de ses politiques de modération et de recommandation de contenu, de sécurité de la plate-forme et de politique de confidentialité des utilisateurs, etc.

Auteur(s): FranceSoir

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L’Union Européenne craint que l'application, très populaire chez les jeunes, notamment après plusieurs mois de confinement, soit en train d'enfreindre les lois sur la protection des données des enfants, notamment en pratiquant du marketing caché

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