Je déprime à Noël, pourquoi?

Je déprime à Noël, pourquoi?

Publié le 21/12/2018 à 14:47 - Mise à jour à 15:56
©Walt Disney Pictures
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Auteur(s): Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction
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A Noël –voire le soir du 31– certains s’amusent comme des petits fous, et d’autres vivent cette date comme une véritable souffrance. Pourquoi cet effondrement psychique et comment le combattre, pour garder le sourire? Pour France-Soir, le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer livre ses conseils.

Il n’est pas facile d’expliquer son angoisse et sa dépression passagère aux alentours de Noël alors que l’entourage s’affaire à organiser des choses vraisemblablement festives.

Dans un certain inconscient collectif, Noël et le jour de l’An sont les deux plus beaux jours de l’année. Les télévisons passent des séries et des téléfilms où tout est beau, élégant et soyeux. Qui n’a pas rêvé de passer noël à New York ou à Londres… Et pourtant cette joie des autres vous ne la ressentez pas, bien au contraire: c’est l’heure du bilan de son année.

Entre crise de couple ou divorce, middle age crisis qui touche à présent même les trentenaires, les dettes accumulées, les questions sans réponse, il vous est impossible même d’essayer de faire semblant.

C’est dans le bonheur, la réussite, les éclats de rire des autres que vous vous sentez finalement assez perdus. Pourtant, il ne faut pas confondre l’angoisse liée aux fêtes avec la dépression dite saisonnière. La déprime de Noël c’est une personne sur quatre en moyenne, même si cela à tendance à devenir une personne sur trois. Il existe des causes beaucoup plus concrètes que vous ne l’imaginez: la dépression peut aussi être la conséquence de la baisse de luminosité et à la dureté de l'hiver, mais elle trouve aussi d’autres origines, empreintes de gravité, comme le thème de la famille. 

> On ne choisit pas sa famille

L’image de la photo qui ressemble à une cousinade, d’une unité familiale comblée et soudée jusqu’à la mort, vous n’y croyez plus. A vos yeux, la famille symbolise des obstacles. Par conséquent, les problèmes de famille sont des "moteurs" à déprime ou ont vocation à rouvrir des cicatrices encore peu suturées. Vous aimez retrouver la femme ou l’homme que vous aimez mais pas nécessairement toute votre famille, trop de non-dits, de petites flèches décochées se sont immiscées entre eux et vous et finalement vous avez décidé que cela suffisait de toujours pardonner béatement. Rien ne vous garantit que cette soirée idyllique ne viendra pas ajouter un nouveau problème sur les anciens! 

Les absents vous manquent, ceux qui sont loin sur la terre, comme loin dans le ciel. Ça commence et ça revient, encore un point de suture qui saute. Ces regards jaloux sur vous, sur vos vêtements comme sur vos choix vous pèsent. Votre belle-sœur a une situation plus envieuse que vous, ses bambins sont mieux élevés et cela se voit. Et tous ces proches qui ont tout réussi…

Certains n’ont plus de famille chez qui passer les fêtes à Noël. C’est cette réflexion qui provoque en vous un sentiment de solitude, vous ressassez en boucle votre angoisse et la déprime est palpable. Voir des scènes de bonheur, chez vos collègues, dans la rue un jour de fête: difficile de ne pas être triste.

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Le temps qui passe se ressent, l’idée de la jeunesse éternelle et du temps qui ne comptait pas, les souvenirs joyeux et heureux vous reviennent dans la figure comme un boomerang. Rien, jamais ne sera à l’image de vos premiers Noëls quand petit enfant vous découvriez cette lumière étincelante, comme ces cadeaux que vous attendiez depuis votre Noël dernier. L'indolence prend le pas sur tout, tout comme la sensation de sécurité qui a disparu alors que, présente, elle rassurait autrefois. Adulte, les fêtes ont perdu toute féerie. Ces moments soi-disant heureux vous font rejaillir le passé.

Le traitement qui fonctionne: se forcer à faire plaisir aux autres. Attendu que pour vous, les fêtes sont un moment douloureux à dépasser, concentrez-vous sur ceux que vous aimez ou que vous affectionnez. Cessez de vous attrister sur votre sort. Faites des cadeaux! Pas nécessairement chers, ni forcément impossibles, visez plutôt des présents personnalisés! N’est-ce pas l'intention qui compte?

Une de vos relations, un ancien collègue est lui sujet à la déprime de fin d’année ou vit un syndrome d'abandon? Conviez-le à votre table! Prendre du temps avec une personne, enfant ou adulte, qui rayonne de bonheur vous aidera à passer ce moment difficile.

Vous ne savez pas où aller pour réveillonner? Amis, famille ne répondent pas, ou semblent tous toujours occupés? Donnez de votre personne à des gens qui en ont besoin. Rendez-vous dans un foyer d'accueil, offrez un dîner somptueux à des nécessiteux, cela vous aidera à dépassionner.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (https://psy-92.net/). Il est l'auteur d'un nouvel ouvrage Une vie heureuse et réussie (mode d'emploi) aux éditions Marie B.

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Auteur(s): Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction

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Pour certains, Noël rime plutôt avec tristesse ou dépression.

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