L'étoile montante des échecs Alireza Firouzja veut éclipser Magnus Carlsen

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Florian SOENEN - Paris
Publié le 14 juin 2022 - 10:12
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Le joueur d'échecs d'origine iranienne Alireza Firouzja lors d'une partie contre le Biélorusse Vladislav Kovalev pendant la 82e édition du tournoi Tata Steel à Wijk aan Zee, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2020
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ANP/AFP/Archives - Koen SUYK
Le joueur d'échecs d'origine iranienne Alireza Firouzja lors d'une partie contre le Biélorusse Vladislav Kovalev pendant la 82e édition du tournoi Tata Steel à Wijk aan Zee, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2020
ANP/AFP/Archives - Koen SUYK

Il est aussi brillant sur l'échiquier que discret en dehors: le Français Alireza Firouzja est considéré par le champion du monde Magnus Carlsen comme son unique challenger motivant, mais va devoir le prouver face aux meilleurs lors du Tournoi des candidats.

A Madrid le 18 juin, Alireza Firouzja aura mieux à faire que de fêter ses 19 ans: il tentera surtout de poursuivre sa route vers le titre de champion du monde des échecs.

Un beau cadeau mais pas inaccessible tant son accession fulgurante ne semble pas connaître de limites: troisième joueur au classement mondial des échecs par points, il est considéré comme le favori du tournoi des Candidats. La compétition réunit huit joueurs dans la capitale espagnole du 16 juin au 5 juillet pour désigner celui qui tentera de renverser Magnus Carlsen de son trône des échecs.

Le Norvégien a fait savoir qu'il hésitait à rejouer un match de championnat du monde, après avoir gagné les cinq derniers, mais qu'un match avec Firoujza le ferait changer d'avis.

"Il ne pense qu'au titre de champion du monde" raconte à l'AFP Sébastien Mazé, entraîneur de l'équipe de France d'échecs avec laquelle Firoujza a terminé vice-champion d'Europe par équipes lors de sa première compétition sous le drapeau tricolore en décembre 2021, en étant désigné meilleur joueur du tournoi.

Le jeune homme à l'allure frêle ne se disperse pas, est inaccessible à la presse ou aux sponsors, et n'est que très peu présent sur les réseaux sociaux.

- Rupture avec l'Iran -

Discret certes, mais pas sans caractère: d'origine iranienne, Firouzja a quitté son pays après que la fédération lui a interdit de disputer le championnat du monde de parties rapides en décembre 2019, ne voulant pas que des joueurs iraniens puissent affronter des joueurs israéliens.

Alireza Firouzja s'est tout de même présenté à la compétition, sous la bannière de la fédération internationale, et a terminé vice-champion derrière Magnus Carlsen.

Peu de temps auparavant, il s'était installé à Chartres. "Alireza avait demandé à faire les Internationaux de France. Quand il est arrivé, il a dit qu'il cherchait une structure pour pouvoir continuer sa carrière" raconte François Gilles, le président de C'Chartres Echecs, l'un des meilleurs de France.

Toute sa famille l'a accompagné dans l'Eure-et-Loir, notamment son père, qui le suit à chacun de ses tournois, ou encore son frère aîné, également bon joueur d'échecs.

"Ce sont des gens intellectuellement très vifs. Les parents ont appris le français à une vitesse exceptionnelle", apprécie M. Gilles.

Depuis, Alireza Firouzja, qui préfère généralement s'exprimer en anglais bien qu'il sache parler un peu français, a été naturalité en juillet 2021.

- Joueur internet -

Il a aussi parfaitement réussi à s'intégrer au sein de l'équipe de France, y compris avec Maxime Vachier-Lagrave, auquel il a pris le statut de N.1 français.

"Il a beau être jeune, il est ultra complet. Il est capable de jouer des ouvertures (premiers coups de la partie ndlr) très différentes du jour au lendemain. Ses adversaires ne savent pas du tout où il va", décrit Sébastien Mazé.

Car s'il est jeune sur le circuit professionnel, Firouzja a déjà derrière lui des milliers de parties en ligne, propices à diversifier son style mais aussi à jouer vite.

"Il s'est quand même créé tout seul en Iran, avec les parties rapides sur internet", estime M. Gilles.

Mais dans des parties au format classique, qui peuvent s'étaler sur plus de six heures, le Français a aussi appris à ralentir le tempo, en témoigne son impressionnante fin d'année 2021, qui lui a permis de grimper quelques mois au 2e rang mondial.

Depuis, comme souvent, il s'est tenu plusieurs mois à l'écart des compétitions d'échecs, et n'a presque pas joué en 2022. Mais à chaque fois, il est revenu plus fort de ses pauses. Ses adversaires sont prévenus.

14/08 à 18:20
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