Législatives: le ton monte entre la Nupes et la macronie

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le pôle politique de l'AFP - Paris
Publié le 13 juin 2022 - 06:20
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Le président français Emmanuel Macron a voté au Touquet (nord de la France), le 12 juin 2022
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POOL/AFP - Ludovic MARIN
Le président français Emmanuel Macron a voté au Touquet (nord de la France), le 12 juin 2022
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Après avoir fait jeu égal au premier tour des élections législatives, l'alliance mélenchoniste (Nupes) et la coalition présidentielle entament lundi une semaine de duel, dont l'enjeu est la capacité pour Emmanuel Macron à conserver la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

"Contrairement à ce que dit M. Mélenchon, qui a un problème avec la réalité, nous sommes la force politique qui a le plus de candidats au deuxième tour", a lancé la Première ministre Elisabeth Borne depuis le Calvados lundi matin, en qualifiant le leader Insoumis de "Premier menteur".

La macronie, réunie sous l'étiquette Ensemble!, a devancé l'alliance LFI-EELV-PS-PCF d'un peu plus de 21.000 voix seulement, sur 23,3 millions de votants au premier tour (25,75% des voix, contre 25,66% pour la Nupes), selon le ministère de l'intérieur.

Mais cet écart est contesté par la Nupes qui revendique la première place et accuse Beauvau de "tripatouillages", en arguant notamment que le ministère "reclasse des candidats Nupes en divers gauche". "On ne peut pas avoir des mœurs de république bananière", a fulminé Jean-Luc Mélenchon. C'est "de la bidouille", a-t-il renchéri le soir au JT de 20H00 de France 2.

Si le camp présidentiel garde l'avantage dans les projections des 577 sièges de députés, le suspense est total pour savoir si Emmanuel Macron parviendra, deux mois après sa réélection, à conserver une majorité absolue de 289 sièges lui permettant de faire voter ses réformes, à commencer par celle des retraites.

Les différents instituts donnent le camp Macron dans une fourchette de 255 à 295 sièges, quand la gauche rassemblée sous la bannière Nupes est évaluée entre 150 et 210 sièges.

Pour tous, la semaine qui s'ouvre doit servir à conjurer une abstention record qui a atteint 52,49% des inscrits, dépassant le précédent en 2017 (51,3%).

"C'est un avertissement", constate auprès de l'AFP TV le politologue Pascal Perrineau, selon qui "il n'y a pas de désir qu'Emmanuel Macron ait presque les pleins pouvoirs, mais il n'y a pas de désir non plus que la gauche Nupes soit en position dominante".

- LR et "l'ironie de l'histoire" -

Une participation accrue est, en théorie, la seule réserve dont peut bénéficier la Nupes après avoir fait l'union des partis de gauche dès le premier tour.

"Je ne vais pas caresser la tête de tout le monde", a haussé le ton lundi soir Jean-Luc Mélenchon sur France 2: "Je veux juste dire aux jeunes qu'il faudrait quand même qu'ils se mêlent un peu de leurs affaires, parce que c'est pas la peine de venir râler sur Parcoursup si, après, c'est pas pour voter pour ceux qui veulent l'abolir".

A l'inverse, Ensemble! peut bénéficier, toujours en théorie, de l'apport d'une partie des électeurs de LR au premier tour.

Le parti de la droite, qui a réuni son comité stratégique lundi après-midi, a limité la casse en totalisant avec l'UDI 11,3% des voix, même s'il va perdre son titre de premier groupe d'opposition à l'Assemblée.

L'espoir est ainsi ténu pour la gauche d'imposer une cohabitation à Emmanuel Macron. "Attention à l'effet en trompe-l'œil", prévient auprès de l'AFP le patron de l'Ifop, Frédéric Dabi, qui rappelle qu'"on a exactement le même score pour la gauche (qu'il y a cinq ans), sauf qu'en 2017, la gauche était partie complètement désunie dans chaque circonscription, alors que là, la Nupes a permis de créer une dynamique".

Du côté de l'exécutif, les regards sont rivés sur le sort des 15 membres du gouvernement engagés.

La partie s'annonce serrée pour Amélie de Montchalin (Transition écologique), distancée dans l'Essonne, ou Clément Beaune (Europe), en ballottage défavorable à Paris.

La majorité sortante, après des tâtonnements qui ont hérissé la gauche dimanche soir, a appelé clairement lundi à n'accorder aucune voix au RN dans la soixantaine de circonscriptions où s'affronteront des candidats lepénistes et mélenchonistes au second tour.

- "Pas une seule voix" pour le RN -

"Dans ces cas précis, RN-Nupes, soyons très clairs: pas une seule voix pour le Rassemblement national", a lancé sur RTL la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire.

"Mais si on a affaire à un candidat (de la Nupes) qui ne respecte pas nos valeurs républicaines, qui insulte nos policiers, qui demande de ne plus soutenir l'Ukraine, qui veut sortir de l'Europe, nous n'appelons pas à voter pour lui", a aussi précisé Mme Borne, en déplacement lundi matin, chez elle, dans le Calvados.

Comme prévu, les candidats du Rassemblement national (18,68%) n'ont pas réussi à capitaliser sur la dynamique de Marine Le Pen et ses quelque 41,45% de suffrages recueillis au second tour de la présidentielle.

Cantonné à huit élus en 2017, le contingent de députés RN devrait cependant être nettement plus étoffé dimanche prochain, et compter encore dans ses rangs Mme Le Pen, largement en tête dans sa circonscription du Pas-de-Calais (53,96%, mais non-élue au premier tour, faute de participation suffisante).

Elle a critiqué la Nupes, une "opposition de carton pâte", qui est "en pleine manœuvre avec En Marche depuis l'élection présidentielle". Et tendu la main aux électeurs d'Eric Zemmour, battu dimanche comme toutes les autres figures de son parti Reconquête.

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