Selfies et tourisme: quand les photos Instagram abîment la nature

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Selfies et tourisme: quand les photos Instagram abîment la nature

Publié le 29/10/2020 à 11:09 - Mise à jour le 30/10/2020 à 17:13
Amie Humphries / Unsplash
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Auteur(s): FranceSoir

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Un confinement national n’est pas une bonne nouvelle pour les français, mais pour la nature et les animaux, c’est l’inverse. Lorsque les humains sortent moins, les animaux prennent leurs aises: les dauphins s’aventurent tout prêt de la côte, les cerfs se promènent en ville, et les canards traversent les routes. Si la nature aime le confinement, c’est à cause de dégâts causés par l’activité humaine, tout particulièrement l’une des dernières tendances: la recherches des photos les plus exotiques, aventurières et animalières possibles, pour attirer les “likes” sur Instagram. Selon un reportage de Radio Canada, Instagram, le réseau social des images paradisiaques par excellence, a un impact négatif sur l’environnement, qui va parfois jusqu’à la destruction de la nature et la dénaturalisation des paysages, en raison de la surfréquentation causée par la recherche frénétique de photos.

Des photos truquées qui dénaturalisent les paysages

Sur Instagram, on trouve des quantités illimitées de photos à couper le souffle, d’influenceurs perdus au milieu de nulle part, dans un paysage de rêves… La plupart du temps, cet endroit paradisiaque est bien à l’autre bout du monde, mais si des influenceurs l’ont pris en photo, il est probable qu’en vous rendant sur place, vous découvrirez un site saturé de touristes, qui dénaturent visuellement et physiquement l’endroit, qui s’avère en réalité beaucoup moins impressionnant que sur Instagram, une fois débarrassé de tous les filtres et retouches. Les sites naturels les plus préservés sont aujourd'hui assaillis par les touristes en quête de la photo parfaite à diffuser sur leurs réseaux sociaux.
Radio Canada  évoque par exemple le cas du Joffre Lakes, un endroit qui n'était pas très connu avant les réseaux sociaux, mais qui est devenu très populaire sur  Instagram, notamment grâce à la géolocalisation et aux photos d’eau turquoise. Selon le garde du parc, l'affût massif de touristes n’est pas seulement un problème pour la gestion des passages aux toilettes et la propreté des lieux… L’ambiance est aussi complètement différente, les sentiers sont saturés de gens qui ne sont là pour profiter de l'expérience en plein air, mais qui restent collés à leur téléphone.

Nans-les-pins, le cas provençal

Ce phénomène est global, et il affecte bien sûr les paysages français. À Nans les pins, dans le Var,  les sources de l'Huveaune ont subi le même sort. La mairie a été obligée d'appeler les visiteurs à la retenue. Un arrêté municipal a rappelé l'interdiction de stationnement, et la police municipale a dû se rendre sur place pour contrôler les afflux de promeneurs. Le site des sources était jusqu'alors surtout connu des randonneurs locaux, mais quelques photos d’eau cristalline de la source dans un Groupe Facebook ont suffit pour être reprises par des comptes Instagram, ce qui a attiré l'attention de plusieurs milliers de personnes actives sur les réseaux sociaux, captivées par les photos d’eau turquoise.

Instagram, le réseaux des filtres , nous empêche de retourner à la vraie vie

Selon Eric Letonturier, sociologue et maître de conférences à l’université Paris Descartes Sorbonne, les instagrameurs sont sujets a une addiction aux likes, ce qui les pousse à tenter de reproduire les photos qui ont du succès. Mais en copiant des photos, les sites naturels risquent la surfréquentation et l’on peut questionner le caractère authentique des photos.

Certains influenceurs mettent leur vie en danger pour une photo

Pour une belle photo pour Instagram, certains sont capables de s'aventurer dans des eaux froides en plein hiver, de faire la queue au soleil pour se photographier sur la balançoire le plus populaire des rizières de Bali… Parfois, des gens peuvent même mettre leur vie en danger. C'est le cas de Kelly et Kody, le couple derrière le compte positravelty, qui a publié une photo très critiquée, car, Kelly était suspendue dans le vide, pendant que son copain la tenait par les bras… mettant sa vie en péril seulement pour faire une photo pour des “likes”. 

Irons-nous jusqu'à détruire la nature pour des “likes”?

Le tourisme motivé par les selfies n'est pas seulement source de pollution des sites naturels; il tue aussi l'ambiance de tranquillité et de déconnexion que recherchent les passionnés de la nature. Cette tendance a aussi un impact négatif sur la faune de ses sites. Certains instagrameurs cèdent même à la tentation de débusquer et déranger des animaux sauvages, seulement pour un selfie .
Le nouveau confinement mis en place va donc faire souffler un vent de tranquillité sur les sites naturels, et pourra faire réfléchir les touristes à la préservation de la nature, menacée par l’influence destructrice des likes Instagram.

Auteur(s): FranceSoir


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Instagram, le réseau social des images paradisiaques par excellence, a un impact négatif sur l’environnement, qui va parfois jusqu’à la destruction de la nature et la dénaturalisation des paysages, en raison de la surfréquentation causée par la recherche

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