Derc'hen, Fañch: pourquoi les prénoms bretons posent problème à l'administration française

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 24 janvier 2018 - 12:02
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Le prénom breton Derc'hen a été refusé par la mairie de Rennes.
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La Mairie de Rennes a été contrainte de refuser à des parents le prénom breton Derc'hen pour leur enfant. En cause, l'apostrophe interdite depuis une circulaire de 2014 qui avait déjà supprimé le tilde du prénom Fañch. La maire compte demander à la ministre de la Justice de revenir sur cette règle.

Les prénoms traditionnels bretons posent décidémentproblème à l'administration française. Après Fañch à Quimper, c'est Derc'hen qui a été refusé à Rennes.

Pourtant en principe, les parents sont libres de donner le prénom qu'ils souhaitent à leurs enfants sauf s'il nuit à l'intérêt de l'enfant parce qu'il est par exemple ridicule ou grossier, ou encore s'il méconnaît le droit d'un tiers à voir protéger son nom de famille.

Voir: L'état-civil refuse qu'un bébé porte le prénom breton Fañch

Mais ce n'est pas en l'espèce l'opportunité de donner ce prénom qui pose problème mais son orthographe. Une circulaire de 2014 prévoit en effet que "seul l'alphabet romain peut être utilisé et que les seuls signes diacritiques admis sont les points, tréma, accents et cédilles tels qu'ils sont souscrits ou suscrits aux voyelles et consonne autorisés par la langue française" (source).

Le texte énumère ces cas particuliers (à- â - ä- é - è - ê - ë - ï - î - ô -ö - ù - û - ü- ÿ-ç) mais exclut donc l'apostrophe ainsi que le "ñ". Une situation qui irrite certains élus et parents bretons puisque le patois local accorde une place notable à ces deux signes alphabétiques. La grogne se fait d'autant plus sentir qu'ils étaient auparavant autorisés et qu'il y a donc des Fañch et des Derc'hen nés avant 2014.

Lire aussi: Appeler son enfant Jihad, est-ce légal?

"Il n’y a pas formellement de refus de la mairie de Rennes en tant que tel, (...) la Ville de Rennes est engagée de longue date dans la promotion de l’usage et de l’apprentissage de la langue bretonne", juge Marc Hervé, adjoint au maire de Rennes interrogé par Ouest France. Et d'ajouter: "l’unité de la République n’est pas mise en défaut à cause d’une apostrophe ou d’un tilde, que je sache".

La Maire de Rennes compte demander à la ministre de la Justice de revenir ou de faire évoluer cette circulaire. En attendant, les parents en question ont dû se résoudre à enregistrer leur enfant à l'état civil sous le nom de Derchen, sans apostrophe.

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