Homosexualité: comment faire son coming-out?

Homosexualité: comment faire son coming-out?

Publié le 17/08/2017 à 17:26 - Mise à jour le 22/08/2017 à 18:22
©Karen Pulfer Focht/AP/Sipa
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Auteur(s): Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction
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Même si l'homosexualité est de mieux en mieux acceptée de nos jours, il n'est pas toujours facile de l'annoncer à ses proches par crainte de leurs réactions. Pour "FranceSoir", le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer donne les clés essentielles pour franchir cette étape en toute sérénité.

De nos jours, l’homosexualité est bien moins stigmatisée qu’autrefois même si l’homophobie est loin d’avoir disparu bien évidemment. L’expression "coming-out" est entrée dans les mœurs après que des personnalités aient révélé publiquement leur homosexualité. Elles ont permis d’ouvrir une porte close.

Depuis des siècles, rappelons les terribles persécutions que vécurent les homosexuels au travers des âges. Ils avaient, entre autres, l’obligation de porter un triangle rose en détention pendant la Seconde Guerre mondiale. De nos jours, il reste un grand nombre de pays où l’homosexualité est "interdite".

Souvent, la question de savoir pourquoi untel ou untel fait son coming-out est fondamentale: il s’agit pour l’auteur de ce coming-out de se débarrasser d’un fardeau sociétal ou de mettre un terme à des rumeurs désagréables. Ce faisant, le show-business ou la politique a permis à des adolescents ou à des adultes pouvant être complexés par cette homosexualité de pouvoir à leur tour le dire à leur entourage afin de se sentir libérés de ce que certains ressentent comme une souffrance.

Il est intéressant de savoir que rares sont les homosexuels qui regrettent d’avoir révélé leur attirance pour une personne du même sexe. Pour autant, cela n’est pas une étape facile, elle peut susciter insultes et rejet des proches ou des moins proches. Il reste toujours un tabou sur l’homosexualité: les avancées culturelles et sociologiques permettent de tenter de la faire accepter et surtout d’expliquer que l’amour doit primer sur tout.

Rappelons que, souvent, la haine des autres n’est rien d’autre que la haine de soi! La psychanalyse, parmi ses nombreux courants analytiques, nous rappelle à tous notre part d’homosexualité avec ou sans passage à l’acte. Il est plus évident de "mettre la poussière sous le tapis" que de prendre le risque de ne pas être compris ou accepté en se confiant. Cacher sa vie n’est pas aisé: les questions venant de la famille, des amis, des collègues ne sont pas simples à gérer.

Un coming-out doit s’assumer. En effet, il ne serait pas habile de laisser une lettre ou de rédiger un mail. Si vous avez décidé de vivre en harmonie avec vous-même, il faudra expliquer votre bonheur de vive voix avec la conviction de l’amour et de la sincérité. Laisser traîner des indices dans l’espoir de ne pas être obligé d’en parler pourrait être suspicieux quant à votre véritable volonté de partager votre choix, et de réellement l’assumer. Votre interlocuteur ou la personne qui découvrirait cette information par un biais détourné voulu par vous pourrait penser que vous le vivez mal, que vous en souffrez ou que vous ne l’assumez pas.

Durant mes consultations, lorsque mes patients soulèvent la question de la famille, il me semble de bon ton d’expliquer ou de rappeler ce qui doit animer leur vie: le bonheur et l’amour. Cet amour peut et doit être vécu avec la personne de votre choix. Insistez sur votre sentiment, votre choix de vie.

De ce fait, vous ne passerez pas pour quelqu’un en souffrance mais pour une personne qui assume ce qu’elle ressent et qui s’épanouit dans une relation. Mes patients me disent que leurs parents reviennent souvent sur l’idée selon laquelle ils ne seront jamais grands-parents. Cette perspective n’est plus une fatalité grâce au développement des lois comme des coutumes.

Choisissez principalement parmi vos proches la personne que vous sentez la plus à même de vous comprendre et d’accepter votre bonheur même s’il ne correspond pas aux standards dits "classiques". Ou alors dites-le à vos parents, mais séparément, afin de ne pas créer un effet de malaise ou de boomerang. Le coming-out doit être vécu comme une libération, comme l’aube d’une nouvelle vie ou vous ne serez plus obligé de censurer votre parole, modifier les noms et les rôles des acteurs de votre vie.

Cependant, attendez d’être persuadé de votre orientation. Prenez le temps de vivre avec votre conjoint(e) afin de ne pas avoir à faire un "faux coming-out" car si certains parents comprennent la situation, d’autres peuvent faire un rejet. Il ne faut pas oublier cette occurrence si on est en rapport de dépendance face à ses parents (vivre chez eux, dépendre d’eux financièrement).

Parfois les parents imaginent et vous infligent des privations comme s’il s’agissait d’une punition ayant vocation à vous ramener sur le chemin qu’ils ont choisi pour vous. Heureusement, souvent le temps fait son œuvre et les parents comprennent que ce ne sont pas les soi-disant codes sociaux judéo-chrétiens qui créent le bonheur mais que le bonheur demande à jouir de la liberté de ses sentiments.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.

Auteur(s): Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction

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Selon Rodolphe Oppenheimer, il faut prendre le temps de vivre avec son conjoint(e) afin de ne pas avoir à faire un "faux coming-out".

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