Le Corps européen de solidarité: un démarrage lent mais prometteur

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Le Corps européen de solidarité: un démarrage lent mais prometteur

Publié le 04/12/2018 à 15:29 - Mise à jour à 17:51
© EMMANUEL DUNAND / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): La Maison de l'Europe de Paris, édité par la rédaction

-A +A

Le Corps européen de solidarité a reçu le prix Innovation en politique de l’Institut de l’innovation de Vienne, le 17 novembre, deux ans après son lancement. Retour sur ce programme qui a eu des débuts fragiles mais est en cours, en cette journée internationale des volontaires du 5 décembre.

Le 17 novembre 2018, le Corps européen de solidarité a reçu le prix Innovation en politique dans la catégorie Civilisation. Une des huit catégories que décerne l'Institut de l'innovation de Vienne (Innovation in Politics Institute). Cette récompense permet, après un peu plus deux ans d'existence, le début d'une reconnaissance d'un projet qui tend à s'établir. En effet le 14 septembre 2016, lors du discours sur l'Etat de l'Union, Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne, a appelé à la création de ce Corps européen de solidarité, afin de réaffirmer la solidarité entre les différents Etats membres de l'Union européenne (UE).

Lire aussi - Erasmus+: l'Europe s'ouvre aux étudiants mais pas que

Pour y arriver, l'idée de la Commission a été de se tourner vers les jeunes Européens. Ceux-ci ont la possibilité de s'engager dans un projet de solidarité au sein de l'espace européen. Cette expérience s'inscrit dans le but de la solidarité mais aussi de participer activement à la vie en société et de permettre ainsi un contexte favorable à l'emploi. En effet, il faut rappeler le fort taux de chômage que subissent les jeunes Européens. En août 2016, la moyenne était de 18,6% au sein de l'UE pour les moins de 25 ans.

> Un besoin de clarification au bout d’un an seulement

Ce programme de solidarité n’est pourtant pas très connu et a nécessité un travail de refonte un an seulement après son lancement, grâce à une série de consultations citoyennes. En effet, en décembre 2016, le Corps européen de solidarité était inclus dans d’autres programmes. Par manque de clarté, de cohérence et le risque d’efficacité minimum, il a depuis juin 2018 été décidé de lui donner une base juridique afin de le rendre autonome. Ce programme a désormais ses propres objectifs et son propre budget. Cela permet aussi d’éviter qu’il empiète sur le budget des autres programmes, tel qu'Erasmus+. Les contours des missions et les conditions d’accès ont également été précisés. L’âge des participants a été mieux défini, entre 18 et 30 ans. La durée de la mission doit être comprise entre 2 et 12 mois, en tant que volontaire ou travailleur. Ces missions doivent avoir une dimension solidaire, qu’elle soit éducative, environnementale ou humanitaire, et avoir lieu sur le territoire européen. Il a également été ajouté que tous les frais des participants (hébergement, transport et nourriture) sont pris en charge.

Les jeunes bénéficieront de formations pour mener à bien les missions qui leurs seront confiées ainsi que sur demande, une formation linguistique en cas de besoin. Ils pourront même faire valoir leurs compétences dans la vie professionnelle par la délivrance, à la fin de la mission, d'un certificat reconnu par les institutions.

Son budget jusqu’à 2020 est de 1,26 milliards d'euros. Cette somme permettrait, selon les estimations de la Commission, que 350.000 jeunes puissent s'inscrire dans une activité de solidarité d'ici 2020.

C'est dans ce cadre par exemple qu'une Française, Manon 22 ans, fut la toute première à participer au corps européen de solidarité. Elle s'est rendue à Budapest où sa mission était de promouvoir auprès du grand public les effets du programme de la coopération transfrontalière du Danube, deuxième plus grand fleuve d'Europe. Ce dernier traverse 14 pays dont 9 au sein de l'Union européenne. Cette mission s'inscrivait sous diverses questions telles que la biodiversité, les développements sociaux-économiques, l'énergie, la mobilité...

> Des critiques mais déjà 90.000 jeunes inscrits

Cependant l'utilité du Corps européen de solidarité est encore soumise à de vifs débats. Selon certains responsables politiques européens, il serait plus judicieux de reporter son établissement définitif à 2025. En effet, c'est la date qui fut retenu pour un autre projet de la Commission, celui d'un espace européen de l'éducation. Pour certains, il serait plus logique d'inclure ce dispositif dans ce nouvel espace. En effet, ils soulignent l'objectif commun de favoriser l'emploi et inclusion sociale à travers la culture et l'éducation.

D’autres estiment que la mission de solidarité est en bonne voie, mais que celle de l'emploi est à revoir. Brando Benifel, eurodéputé italien estime ainsi à ce propos que "ces instruments sont utiles pour mobiliser les jeunes, pour développer une identité européenne, mais pour créer de l’emploi, nous avons besoin d’économies plus solides, de croissance, nous avons besoin d’investissements". Au-delà de ces interrogations, la décision de juin 2018 prévoit que le programme sera remis en question à partir de 2020.

L'avenir incertain du Corps européen de solidarité n'a pas empêché Jean-Claude Juncker de souligner l'importance de l'engagement des jeunes depuis deux ans dans ce programme. "Près de 90.000 jeunes se sont inscrits et plus de 10.000 y participent à travers toute l'Union européenne", a-t-il déclaré lors de la remise du prix d'Innovation en politique au corps européen de solidarité ce 17 novembre 2018. Les volontaires, célébrés par cette journée internationale des volontaires du 5 décembre, sont donc de plus en plus nombreux à vouloir tenter l’aventure.

Voir:

"Erasmus Days" - 10 choses à savoir sur Erasmus+

Témoignages: 30 personnes qui ont fait Erasmus racontent leur expérience dans un livre

(Centre d’Information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris)

Auteur(s): La Maison de l'Europe de Paris, édité par la rédaction


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Avec le Corps européen de solidarité, les jeunes ont la possibilité de s'engager dans un projet de solidarité au sein de l'espace européen.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Lifestyle




Commentaires

-