Marcelo Luna: l'enfant de Sao Paulo sauvé de la drogue par le surf

Marcelo Luna: l'enfant de Sao Paulo sauvé de la drogue par le surf

Publié le 04/01/2017 à 20:58 - Mise à jour le 06/01/2017 à 10:50
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Sauvé par le surf quand il était un adolescent toxicomane de la banlieue de São Paulo, Marcelo Luna a traversé l'Atlantique la trentaine passée pour relever un autre défi de taille: dompter les vagues géantes de Nazaré.

"Quand j'ai vu des images de ces vagues pour la première fois, j'ai découvert ma raison d'être, comme si je venais de rencontrer l'amour de ma vie", raconte Marcelo Luna, Brésilien au petit gabarit, trois ans après ce coup de foudre.

Persuadé que son destin est lié à cette ville de pêcheurs et station balnéaire du centre du Portugal, il s'est fait tatouer sur l'avant-bras l'image d'une vague démesurée se fracassant au pied du phare emblématique qui surplombe Praia do Norte.

"J'ai choisi de lancer ma carrière à Nazaré car un surfeur capable d'affronter la mer ici peut le faire n'importe où dans le monde", explique le self-made man de 32 ans qui, dans l'attente d'un sponsor majeur, a vendu sa société immobilière et sa voiture afin de financer sa passion.

Marcelo Luna a grandi dans un quartier ouvrier voisin d'une favela de São Bernardo do Campo, ville située au sud de Sao Paulo. A mi-chemin entre la mégalopole brésilienne et la côte. Son père, alcoolique et violent, a abandonné sa femme et ses enfants, qui se sont alors retrouvés dans le besoin.  "J'avais du mal à gérer tout ça, alors je me suis rebellé et j'ai commencé à boire et fumer à l'âge de neuf ans. Puis à onze ans j'ai commencé à prendre de la drogue", se souvient-il.

Sa descente aux enfers prend fin à l'âge de 16 ans, quand un ami l'emmène à la plage et le pousse sur une planche alors qu'il ne savait même pas nager. "J'ai cru que j'allais mourir, mais ce jour-là j'ai décidé que le surf ferait partie de ma vie. C'est le surf qui m'a libéré de la drogue, qui a transformé ma façon de voir les choses et d'interagir avec les autres."

Prenant des vagues de 15 mètres dès sa deuxième saison, "Marcelinho" a trouvé sa place au sein de la communauté des surfeurs de l'extrême qui se retrouvent chaque année pour les grandes houles à Nazaré, entre l'automne et l'hiver.

S'il rêve comme tous les autres de battre le record mondial de la plus grosse vague jamais surfée, une déferlante de 78 pieds (23,77 mètres) chevauchée à Praia do Norte par l'Américain Garrett McNamara en novembre 2011, Marcelo Luna veut aussi "devenir un surfeur renommé pour pouvoir influencer la vie des gens de façon positive".

Marqué par son enfance difficile, il a monté un projet de prévention contre la drogue et la délinquance auprès d'enfants et d'adolescents auxquels il livre son histoire personnelle, qu'il présente comme un exemple de "ténacité face à l'adversité".

Devant trois classes d'un collège de Nazaré, il énumère tous les différents métiers qu'il a exercés afin de "récupérer le temps perdu" et enfin pouvoir se consacrer entièrement à ce sport de glisse extrême, qui exige un entraînement rigoureux et du matériel coûteux.

"C'est très important pour ces jeunes d'entendre l'histoire de Marcelo, se réjouit leur prof de mathématique, Nélia Mendes. Rencontrer quelqu'un qui n'a jamais renoncé à ses rêves malgré toutes les difficultés, ça leur ouvre de nouveaux horizons."

Touchés par son parcours atypique, plusieurs habitants de Nazaré ont pris fait et cause pour l'affable Brésilien, en l'hébergeant ou en le guidant par radio depuis la falaise les jours de grosse mer.

Le maire lui-même, Walter Chicharro, estime que "Marcelo est un +grand petit homme+, car il a le courage de s'attaquer à ces énormes vagues mais aussi de prendre son histoire pour apporter quelque chose à la communauté qui l'accueille".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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