Numérique à l'école: un bilan mitigé pour l'OCDE


François Hollande entend instaurer son plan numérique à l'école pour la rentrée 2016 qui doit, entre autres, équiper plus de 5.000 écoles et collèges en tablettes numériques. Un rapport Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l'OCDE publié ce mardi souligne que le "e-enseignement" n'est pas en soi un gage de réussite.
"Le numérique n’est pas la solution miracle à l’école. Tout dépend de la façon on fait travailler les élèves avec", explique Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, qui rassemble 34 pays).
En effet, selon cette étude, les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TIC (technologies de l’information et de la communication) à l’école n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.
Au contraire, selon les chercheurs de l'OCDE, les pays où les élèves passent moins de 15 minutes par jour sur ordinateur ou tablette en classe sont ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. C'est le cas de Singapour ou de la Corée du Sud, et même de la France qui figure aujourd'hui dans le haut du classement. A l'inverse, des pays comme l'Espagne, où les élèves passent plus de 30 minutes par jour sur un support numérique, obtiennent des résultats en nette baisse.
"Fournir un iPad ne changera rien, puisque les élèves de 5e ont déjà une connexion à Internet", résume Éric Charbonnier. De fait, le rapport pose qu'il n'y a pas, en France, de "fracture numérique": selon les données Pisa 2012, 99% des élèves de 15 ans ont au moins un ordinateur à la maison et 96% des élèves défavorisés ont accès à Internet chez eux.
"Le numérique est intéressant quand il permet d’augmenter le temps passé à étudier et à s’exercer pour un élève. Et lorsqu’il permet une meilleure individualisation de la pédagogie. Il faut investir dans le numérique, mais intelligemment en définissant les bonnes pratiques pédagogiques en amont", résume Eric Charbonnier.
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