Au pied du mur, Macron cherche la porte de sortie d'un blocage annoncé à l'Assemblée

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Jérôme RIVET et Paul AUBRIAT avec le service politique de l'AFP - Paris
Publié le 21 juin 2022 - 06:00
Mis à jour le 22 juin 2022 - 00:55
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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AFP
Bruno Le Maire lors du salon Eurosatory à Paris-Nord Villepinte en Seine-Saint-Denis, le 13 juin 2022

Emmanuel Macron a voulu reprendre l'initiative mardi en consultant les responsables des partis pour trouver des "solutions constructives" afin d'empêcher un blocage politique au Parlement, évoquant un "gouvernement d'union nationale", selon le chef du PCF Fabien Roussel.

M. Macron, "m'a demandé si nos étions prêts à travailler dans un gouvernement d'union nationale" et si une telle initiative "était la solution pour sortir le pays de la crise", a ajouté M. Roussel, dernier des responsables après avoir été reçu mardi soir par le chef de l'Etat à l'Elysée.

"Il envisage, ou la constitution d'un gouvernement d'union nationale, s'il y avait les partis pour y participer", ou "d'aller chercher les soutiens au cas par cas", selon les "sujets", a précisé l'ex-candidat communiste à la présidentielle, qui écarte l'idée d'y participer.

Auparavant, les alliés d'Emmanuel Macron avaient appelé de leurs voeux une "grande coalition" à l'instar de l'ex-Premier ministre Edouard Philippe (Horizons), ou de s'approcher au plus près d'une "union nationale", comme François Bayrou (Modem).

François Bayrou, après avoir été reçu, a estimé, sans croire à un gouvernement d'union nationale, "qu'on peut, tout en étant différent, et même en étant divergents, être responsable". "Il y a une co-responsabilité", a-t-il affirmé.

"Nous allons devoir constituer une grande coalition (...) avec des gens qui spontanément n'ont pas envie de travailler ensemble, avec des gens qui se sont engagés sur des programmes différents, avec des gens qui se sont critiqués", a jugé de son côté le président d'Horizons, qui sera reçu mercredi par le chef de l'Etat, en visant en premier lieu son ancienne famille, LR.

Avec elle, "je vois qu'il est possible d'imaginer une discussion franche, directe, un compromis qui supposera que certains reviennent en arrière sur un certain nombre de positions", a-t-il insisté, tout en ajoutant que cela "pourrait aussi exister avec (...) peut être le groupe socialiste, les écologistes".

Le chef LR Christian Jacob, à sa sortie de l'Elysée, avait répété que le parti de droite refusait d'entrer dans "toute logique de pacte" même s'il ne sera "jamais" dans "le blocage des institutions". Une position contestée par certains élus LR, d'autres comme Catherine Vautrin disant "pourquoi pas" à l'idée de "grande coalition" proposée par Edouard Philippe.

Le chef du PS Olivier Faure a expliqué à Emmanuel Macron que les socialistes étaient "disposés" à "avancer" si le gouvernement prenait des mesures sur le pouvoir d'achat, notamment une hausse du Smic.

Marine Le Pen a elle rappelé que le RN revendiquait "la présidence de la Commission des finances" et la vice-présidence de l'Assemblée, réaffirmant que le groupe d'extrême droite entendait être "dans l'opposition" mais "pas dans l'obstruction systématique".

- "Le fruit qui tombe de l'arbre" -

Emmanuel Macron doit recevoir mercredi Julien Bayou (EELV) et les Insoumis Adrien Quatennens et Mathilde Panot qui a été réélu à la tête du groupe LFI.

Le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a déjà dit qu'il ne serait pas question d'une union nationale. Il s'en est pris à la Première ministre Elisabeth Borne, l'enjoignant à se soumettre à un vote de confiance des députés.

"Cette femme n'a aucune légitimité", a affirmé mardi Jean-Luc Mélenchon, en l'appelant à se soumettre à un vote de confiance des députés. "Nous sommes en train de perdre notre temps avant qu'elle s'en aille", a-t-il ajouté, disant "attendre que le fruit tombe de l'arbre".

Le ministre des Compte publics, Gabriel Attal, a fustigé les "leçons de légitimité" de l'ex-député "à une femme qui est Première ministre et qui a été élue par les Français", rappelant que la majorité présidentielle "a reçu le plus grand nombre de suffrages et le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale".

Emmanuel Macron a envoyé un signe de soutien à sa Première ministre, refusant sa démission, "afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche", selon l'Elysée. Elle recevra d'ailleurs "la semaine prochaine les présidents de groupes fraîchement élus à l'Assemblée nationale", a annoncé la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, à l'issue d'une "réunion de travail" à Matignon avec l'ensemble des ministres.

En poste depuis à peine un mois, la cheffe du gouvernement "est au travail, elle prépare les prochains jours avec le gouvernement, l'ensemble des décrets que nous devons sortir", a souligné Mme Grégoire.

"La Première ministre a plaidé pour rester afin d'avoir les outils pour faire face à la situation et aux urgences des Français", a expliqué son entourage. "Il y a beaucoup de décrets à prendre dans les jours à venir, dont la revalorisation du point d'indice, la deuxième phase de Parcoursup... On ne peut pas se permettre d'avoir un gouvernement qui ne gère pas cela".

"Nous sommes là pour gouverner, nous avons été élus par le peuple français pour gouverner, nous gouvernons sous l'autorité d'Elisabeth Borne et du président de la République", a martelé à sa sortie de Matignon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

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