Monsieur le Président. Mesdames, Messieurs du gouvernement. Mes hommages  !

Auteur(s)
Xavier Azalbert, France-Soir
Publié le 17 mai 2023 - 21:30
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Macron
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F. Froger / Z9, pour France-Soir
Merci, Monsieur le Président. Merci à votre gouvernement.
F. Froger / Z9, pour France-Soir

ÉDITO/HOMMAGE - Messieurs et dames du gouvernement, en ces temps étranges - allez savoir pourquoi ? - même les médias mainstream ironisent à votre endroit, voire critiquent ouvertement vos propos et vos actions. Et pour ce faire, ils reprennent expressément les dires de ceux qu’ils traitaient naguère de complotistes. 

Des temps d'opprobre ainsi jetés sur vous ignominieusement, Messieurs et Dames, “iels” du gouvernement et vous, Monsieur le Président, par ceux qui d'ordinaire accomplissent au mieux leur mission de relayer vos propos tels des évangiles.  

Des médias qui d’ordinaire louent ainsi chacune de vos actions, comme si elles consistaient en la quintessence absolue du courage politique et humain, de la dévotion pour la patrie, du respect de vos engagements, de la respectabilité, de l'intelligence et du sublime.   

En ces temps de solitude et d'incompréhension probablement très difficiles pour vous, psychologiquement, ne serait-il point temps d’appeler tous ceux qui me suivent dans mes pérégrinations journalistiques et éditoriales à vous rendre hommage ?  

Un hommage dû à “chacun et chacune” d'entre vous pour reprendre l’une des expressions pléonastiques préférées du président. Ça en donne le ton. 

Françaises, Français, 

Mes Chers compatriotes, 

En ces temps où tous, sans exception, nos hauts dirigeants sont critiqués, moqués, raillés comme jamais ils ne l'ont été auparavant - pas même au plus haut du hardi, lorsque Charlie Hebdo, le Bébête Show et les Guignols de l'Info étaient au sommet de leur art -, rendons-leur hommage, s'il vous plaît, sans outrecuidance aucune, ni second degré. Plutôt au troisième. 

Oui. Rendons hommage à Olivier Véran. Il doit être éminemment compliqué et pesant de mentir publiquement en tant que porte-parole du gouvernement. Cela même s'il a déjà magnifiquement officié de la sorte tandis qu'il était ministre de la Santé, nonobstant le caractère plus que questionnable de ses dires à l'époque. 

Rendons hommage à Jean Castex. En dépit de la passion pour les trains qu'il dit nourrir depuis qu'il est tout petit, que ce doit être dur, depuis qu'il a été transféré à la RATP pour bons et loyaux sévices, d'avoir dorénavant un train-train plus que pépère, métro, boulot, dodo, comparé à ce temps où, lorsqu'il était Premier ministre, il a régalé avec les fans de Bourvil mieux que Patrick Sébastien. 

Rendons hommage à Gérald Darmanin. Avec ses prises de position envers les femmes, il a rendu jaloux Tariq Ramadan. Et bravo aussi à ce coup de génie pour s'extirper des diverses accusations que moult femmes ont proféré à son endroit odieusement car, au vu de leur caractère inadmissible, l'immobilisme de la justice faisant, la prescription des faits était atteinte. Sans oublier par ailleurs ses paroles de donneur de leçons sur la gestion des migrants en Italie, qui a failli déclencher une crise diplomatique au point que certains Transalpins ont demandé des excuses. 

Rendons hommage à Marlène Schiappa. Faisant fi de l'obligation qui est faite à un secrétaire d'État en exercice, certes réclamée par des réfractaires au progrès à la limite du terrorisme car appréciant encore la décence républicaine, de faire preuve d’un minimum de décence en politique, la susnommée a osé s’exhiber dans Playboy. Sans oublier sa sélection sans faute ni partialité des 17 bénéficiaires du fonds Marianne. Une sélection tellement objective qu’elle déclencha une demande d’information du sénateur Raynal ainsi qu’une ouverture d’enquête du Parquet national financier (PNF). Quel talent ! 

Rendons hommage à Bruno Le Maire qui, “dilaté comme jamais” par rapport au concept de dette publique, a joué en la matière un creusement en profondeur de celle-ci, que seul Rocco Siffredi aurait pu peut-être battre les bons jours, s’il avait été à sa place à la tête du ministère de l’Economie et des Finances. 

Rendons hommage à Jean-Michel Blanquer pour son courage et son abnégation. En effet, il n'a pas hésité, le bougre, à tutoyer le ridicule de la sorte mieux que le dernier des benêts quand il était ministre de l'Éducation nationale. Dans une séquence réalisée sans trucage, il a fait, délibérément, dans une phrase de trois mots, deux fautes d’orthographe tellement grossières, qu'elles ont pu être relevées par une élève de CM2, qui a ainsi pu faire étalage de sa parfaite maîtrise, elle, de la langue de la république. 

Rendons hommage à Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture, qui ne manqua pas d’oser remettre en cause le certificat Information Politique et Générale (IPG) de France-Soir pour se rendre compte finalement que le média “Défense de la France” remplissait les conditions requises.  

Rendons aussi hommage, au passage, à l’actuelle ministre de la Culture Rima Abdul Malak, dont la commission paritaire suspendait ledit certificat IPG de France-Soir le 30 novembre 2022, avant que cette décision ne soit suspendue par le tribunal administratif de Paris le 13 janvier 2023, au motif de partialité. 

Rendons hommage à Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, qui mise en examen par la Cour de Justice de la république a vaillamment décidé de ne pas se rendre aux convocations des juges.

Rendons hommage à Monsieur Éric Dupond-Moretti. Diable ! Histoire de détendre un peu l'atmosphère, ce joyeux drille montre l’exemple en faisant des bras d'honneur en pleine séance des représentants du peuple. L’homme avait prévenu qu’en cas d’acceptation du poste de ministre de la Justice, pour lequel il indiquait n’avoir aucune compétence (quelle clairvoyance !) et qu’il déclinerait (quelle souplesse !), cela serait “un sacré bordel”. Enfin un politique qui tient ses promesses !

N’oublions pas non plus que Monsieur Dupond-Moretti a redonné ses lettres d’or à la présomption d’innocence en démocratie : il est le seul ministre de la Justice qui n’a pas eu à démissionner, ni n’a montré l’envie de le faire, après avoir été... mis en examen par la justice de son pays. Pour des faits présumés, rappelons-le, punis de 10 ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende, qu'il aurait commis non pas dans sa vie privée ou avant d'exercer les fonctions de ministre, mais bien dans l'exercice de ses fonctions. Un exploit en son genre ! 

Et, enfin, par ces motifs, rendons hommage à notre phare national, Emmanuel Macron. Pour orchestrer une telle transparence, une telle intégrité, pour arriver à avoir une équipe gouvernementale à ce point hors norme que la presse internationale le salue unanimement, il faut être sacrément couillu. Même l’ONU le félicite dans ses rapports (et ses tweets) à propos de l’état de la démocratie en France. La consécration ! 

Monsieur le président, n'en déplaise à ceux qui, nostalgiques des allocutions télé solennelles du général de Gaulle, préfèrent l'exercice du pouvoir qu'il a eu au vôtre, et qui du coup se vautrent dans l'irrespect vous concernant au prétexte d'une chienlit qu'ils avancent être patente dans le pays, hommage à vous !  

Votre peuple, odieux et si méchant envers votre personne, ne vous mérite pas (1). Vous avez appris à ne plus faire attention à ces “gens qui ne sont rien” qui perdent leur temps à décrire une déliquescence à tous les niveaux et dans tous les domaines dont ils vous imputent injustement l'entière responsabilité et qui, à ce titre, scandent à votre passage “MACRON DÉMISSION !”, en appellent à d’improbables Référendum d'Initiative Populacier ou agitent frénétiquement des casseroles. Ils feraient mieux de chanter la Marseillaise ! Quoi, Sire ? Ils le font aussi ? 

(1) À moins que tout cela ne soit un quiproquo, en ces temps troublés ? Il faudrait alors prendre en considération une sorte de conflit en cours, d’un litige à évaluer avec objectivité et impartialité. Il faudrait alors répondre à cette question : “Qui a commencé le premier à ennuyer l’autre ?”
Et donc, qui mérite quoi ? Une forme de retour au vrai mérite républicain, en somme.

Si vous me le permettez, je vous en reparlerai une prochaine fois.

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