Au Sénat, les esprits sont occupés par la surveillance de la population

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Gérard Durrmann, pour FranceSoir
Publié le 15 juin 2021 - 20:28
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Trois parlementaires du Sénat ont rédigé un rapport dans le cadre de la délégation à la prospective intitulé  "Crises sanitaires et outils numériques : répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés".

Voir aussi : le rapport dans son intégralité

Évoquant, pour la crise du covid-19, "un lourd bilan sanitaire de plus de 100 000 morts"(sic), les auteurs négligent de prendre en considération la réalité du nombre de victimes de cette maladie en ne considérant que le recensement, dont on sait pertinemment qu'il a été surévalué par les instances responsables. Ils abordent l'espoir d'un retour à la normale grâce à la vaccination, sans pour autant expliquer les raisons de cette frénésie vaccinale, alors que préventions et traitements précoces ont été complètement ignorés, voire interdits. S'ensuit une mise en garde contres les prochaines épidémies, et donc la nécessité absolue d'un recours aux "outils numériques, en assumant si nécessaire des mesures plus intrusives"(sic) offrant un retour aux libertés en retour.

Les auteurs abordent ensuite les modèles de pays moins "attentifs" aux libertés du peuple : exploitation de tous types de données, quarantaines obligatoires, suivi numérique de l'individu, pass sanitaire... pour une priorité à la santé publique au détriment de la vie privée. Le rapport pointe l'inefficacité de la gestion de la crise par le gouvernement français, responsable d'une augmentation des décès, d'un taux important d'affaiblissement de l'économie et d'un excès de restrictions liberticides. Et d'ajouter que la France ne s'est pas donnée tous les moyens de répondre à la crise. Le pays prendrait aussi le risque de réitérer dans le même sens à la prochaine pandémie en exposant les raisons, à savoir l'impréparation numérique de l'administration et les causes politiques et idéologiques que sont le prix de nos tabous et de nos contradictions.

Constat d'incompétence ? Les auteurs n'hésitent pas à insister sur le fait que plus les technologies sont intrusives plus elles sont efficaces ! Pourquoi donc ne pas imaginer de "pucer" les Français comme le sont nos animaux domestiques ? Cela nous ferait faire des économies d'échelle, lesquelles seraient toutefois loin d'être équivalentes à celles que nous pourrions réaliser si le courage politique existait pour lutter contre les dizaines de milliards de fraudes en tous genres gangrénant les finances publiques.

Sont ensuite développées les coûts de nos tabous et de nos contradictions, en précisant que "notre sensibilité en la matière est devenue coûteuse, et ceci d’autant plus qu’elle repose sur un grand nombre de fantasmes et d’incompréhensions, qu’il faut avoir le courage d’affronter" (sic), allant jusqu'à préciser que "le rapport défend une position claire : à l’avenir, nous devrons recourir bien plus fortement aux outils numériques, en assumant si nécessaire des mesures plus intrusives, mais aussi plus ciblées et limitées dans le temps"(sic). Ne manquant pas d'imagination, nos sénateurs vont même jusqu'à imaginer "Le Crisis Data Hub, une plateforme sécurisée de collecte et d’échange de données dont l’unique fonction est de répondre aux situations de crise (sanitaire ou autre), lorsque des croisements de données massifs et dérogatoires deviennent indispensables, pour sauver des vies sans condamner le pays"(sic).

Voir aussi : Le Crisis Data Hub

La lecture de ce rapport montre que l'idée de surveiller la population est présente dans l'esprit de nos dirigeants. Mais n'allons pas nous imaginer que ce soit dans le seul souci de notre bien-être. Le projet "mondialisation", basé sur la notion d'ultra-libéralisme, nécessite de contrôler chaque individu non seulement sur le plan sanitaire mais sur l'ensemble de ses comportements. Ce projet mondialiste avance à grands pas et cette crise sanitaire - arrivée à point nommé ? - en est un formidable accélérateur. Klaus Schwab, le gourou du World Economic Forum, plus connu sous l'appellation de forum de Davos, est un fervent partisan de l'Internet to Things, c'est à dire le numérique sur tous les outils de production. Il rêve également du "ItoB" (Internet to Body) qui n'est rien d'autre que le marquage numérique de chaque individu pour mieux le surveiller. Surveiller, connaître, disséquer les comportements, gérer les revenus (danger du revenu universel ?), détruire l'État-providence, supprimer le public au profit du tout-privé... autant d'éléments de transformation de la société qui se font sans l'avis des populations. À terme, ces dernières ne seront plus que des masses laborieuses de producteurs-consommateurs dédiés à l'accroissement du profit des multinationales et des banques internationales.

Seront nous aussi "pucés", à l'instar de nos chiens et chats ? Qui sait ?

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