Chronique n°45 : « la guerre de Troyes(ième vague ?) n'aura pas lieu ! »

Chronique n°45 : « la guerre de Troyes(ième vague ?) n'aura pas lieu ! »

Publié le 30/12/2020 à 14:53
AFP/FS
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Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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Troisième vague ou épidémie de tests antigéniques faussement positifs ? Se dirige-t-on vers un troisième confinement ? Un rereconfinement en quelque sorte…

Avant d’en débattre de manière argumentée et pour prendre un peu de hauteur sur la stratégie obstinée de lutte contre la pandémie choisie par notre exécutif, qui consiste à se cacher pour « vivre avec le virus » et il faut bien le dire, hélas, adoptée par la plupart des pays « dits » développés, observons quelques chiffres à méditer, datés du 23 décembre :

2.550.864 cas covid+ en France depuis le début de la pandémie (source worldometers : ici), soient exactement 3,8% de la population française infectée (Population au 1er janvier 2020 : 67.063.703 ; Source : INSEE)

Sur les 7,8 milliards d’habitants au niveau planétaire, 81.203.929 personnes auraient été infectées par le Sars-cov2, soit à peine plus de 1% de la population mondiale, et 1.773.379 seraient décédées, soit pas plus de 2,3 terriens pour 10.000 seraient morts avec ou à cause du sars-cov-2 (Source worldometers : ici le 28 décembre 2020)

Pourquoi aussi peu de personnes infectées ?

 

Force est de constater que nous devons être extrêmement nombreux à avoir une protection naturelle contre ce Sars-cov-2, immunité innée ou croisée, cellulaire plus qu’humorale, au final, peut-être bien 50 ou 60% de la population, qui sait ?

 

Le Pr Marc LIPSITCH, épidémiologiste des maladies infectieuses à l’Université de Harvard (USA), n’avait-il pas affirmé dès le 25 février, puis confirmé le 2 mars 2020, que son modèle mathématique prédisait sur un an, que 40% à 70% de la population mondiale serait infectée ? (ici)

 

Qui croire alors ?

 

Décès covid-19 en France : 62.573 + 9.000* = 71.573 soit 1.067 décès par million d’habitants

(*) : Selon une estimation réalisée par plus de 2.000 médecins généralistes du syndicat MG France, vers le 25 avril (donc forcément très sous-estimée aujourd’hui), 9.000 décès covid se seraient produits à domicile. Il convient évidemment de tenir compte de ce chiffre ignoré de la DGS, du Ministre et de SPF…

En Suède : 8.279 décès covid-19, soit 820 décès par million d’habitants (même source : ici), soit une surmortalité en France de 30,1% par rapport à la Suède ! LE pays qui n’a pas confiné, pas fermé, pas masqué, pas déconfiné, pas reconfiné, pas détruit son économie, ses vies sociales, culturelles, sportives, gastronomiques…

Mais la question du jour est, faut-il rereconfiner territorialement ?

Entendu le 28 décembre sur la première des radios d’information (en audience) :

Jean Leymarie, journaliste (Source : France Info, 28/12/2020 : ici) « Le gouvernement est face à un choix. Faut-il de nouvelles mesures de confinement ? Faut-il des confinements locaux ? C’est une des questions qui se posent avant le conseil de défense sanitaire prévu demain. On en parle dans moins de 5 minutes… »

Laurent Doulsan, journaliste pour le « Fil Info » : « En France, un conseil de défense se réunira demain pour faire le point sur d’éventuelles mesures à mettre en place pour enrayer la progression de l’épidémie de coronavirus. Sur France Info, le maire de Nancy, Mathieu Klein, a estimé ce matin qu’un reconfinement était inéluctable dans sa région, l’une des plus touchées actuellement par l’épidémie (A partir de 1:30 de l’enregistrement audio : ici)

Jean Leymarie « Il est 16h03 sur France Info. L’État va devoir trancher. Le gouvernement va-t-il décider un nouveau tour de vis face à l’épidémie qui ne faiblit pas ? Un nouveau conseil de défense sanitaire est en tous cas réuni demain, Yannick Falt, mais les décisions importantes, Yannick, devraient intervenir seulement la semaine prochaine ».

Yannick Falt « Eh bien oui, car trop tôt pour arbitrer, l’exécutif veut d’abord pouvoir faire le bilan des fêtes de Noël. Quel impact des repas de familles, des déplacements entre régions, vers l’outremer ou l’étranger aussi, compte tenu de la période d’incubation, 3 à 5 jours en moyenne, parfois plus. On n’y verra plus clair à la fin de cette semaine et en début de semaine prochaine. Et puis c’est aussi la clause de revoyure pour la réouverture des cinémas, musées, théâtres, salles de spectacles. La nouvelle échéance avait été fixée au 7 janvier, jeudi prochain, et c’est l’une des questions sensibles à trancher, alors que la réouverture des lieux culturels a déjà été repoussée de 3 semaines, au grand damne des acteurs du secteur. Elle était initialement prévue le 15 décembre. Il y aura des ajustements nécessaires, prévient l’entourage d’Emmanuel Macron, alors que le gouvernement prépare les esprits depuis plusieurs semaines déjà. Un autre report possible, la réouverture des cafés restaurants le 20 janvier. C’est jusqu’à cette date aussi que le couvre-feu est pour l’instant en vigueur. Sera-t-il ou non prolongé ? »

Jean Leymarie « Et ça dépendra Yannick d’un éventuel, je dis bien un éventuel reconfinement. L’hypothèse est sur la table ».

YF « Oui le ministre de la Santé lui-même a donné le ton dans le Journal du Dimanche. Le gouvernement prendra les mesures nécessaires. Un troisième confinement est possible si la situation s’aggrave. Autrement dit, si une troisième vague déferle sur le pays après ces fêtes de fin d’année, alors que la situation actuelle n’est pas aussi bonne qu’espérée, Olivier Véran le reconnait. Le virus circule encore trop. 15.000 contaminations en moyenne par jour, alors qu’on était descendu à 11.000. Loin de l’objectif de 5.000 nouveaux cas quotidiens. Mais, ce sont plutôt des reconfinements territoriaux qui sont envisagés avec une situation qui se dégrade dans le Grand-Est, sur la Bourgogne-Franche-Comté, dans les Alpes-Maritimes. Les maires de Reims et Nancy souhaitent d’ailleurs ce reconfinement, alors que le maire de Nice, qui a convoqué ce matin un conseil local de santé publique n’y est pas favorable. Christian Estrosi souhaite que la campagne de vaccination puisse démarrer tout de suite dans son département, les Alpes-Maritimes. Il demande aussi des mesures de contrôle renforcé des déplacements, des tests PCR pour tous les passagers arrivant à l’aéroport de Nice et une limitation des allez et venues avec Monaco, la principauté où affluent les touristes français avec hôtels et restaurants toujours ouverts ».

Département de la Marne, ville principale, Reims

Arnaud Robinet, le maire de Reims, très inquiet de l’évolution des chiffres, fut le premier à proposer sur France Info (ici) le 22 décembre de reconfiner territorialement au vu du rebond épidémique, et cela dès le lendemain de Noël, jusqu’à la fin des vacances.

Qu’en est-il en réalité ?

On comprend l’inquiétude du maire qui voit les chiffres d’incidence sur 7 jours et pour 100.000 habitants dans la Marne, passer de 162 le 16 décembre à 222 le 23 décembre (Graphique ci-dessous).

Mais regardons d’un peu plus près. Le graphique montre une embellie que le maire a passé sous silence. En effet, et cela saute aux yeux dans le graphique ci-dessous, dans le même temps le taux de positivité des tests dégringole, passant de 7% le 16 décembre à 5% le 23.

Mais, comment expliquer ce phénomène pour le moins, surprenant ? Le prochain graphique va nous éclairer

Le nombre de tests réalisés sur 7 jours dans le département de la Marne est passé de 8.608 tests en moyenne le 4 décembre à plus de 25.000 le 23 décembre. Un record pour ce département qui n’avait jamais autant testé. Si on multiplie par 3 les tests, on peut effectivement s’attendre à trouver trois fois plus de personnes positives à la RT-PCR Sars-cov-2. C’est exactement ce qui s’est produit, puisque l’on passe de 387 nouveaux cas sur 7 jours le 4 décembre à 1.252 le 23 décembre.

Cela ressemble quand même à une manipulation. Comment augmenter facilement le nombre de cas positifs ? C’est très simple, il suffit de multiplier les tests…

D’ailleurs France 3 – Grand-Est, titrait le 17 décembre, « COVID 19 - Tests PCR : des laboratoires bientôt débordés à l'approche des fêtes, "ça repart à la hausse depuis lundi" » (ici) en citant le laboratoire privé Bioxa de la Polyclinique de Bezannes (Marne). L’enseigne Bioxa comprend 11 laboratoires privés dans ce département. Mais les Rémoises et les Rémois peuvent aussi se faire tester gratuitement dans les multiples sites hospitaliers du CHU de Reims…

C’est à se demander si Arnaud Robinet n’a pas délibérément poussé à l’augmentation des tests afin de booster l’augmentation des taux d’incidence…

Il est donc clair que les chiffres de la Marne ne sont pas aussi alarmants que veut bien le dire le maire de Reims et ne justifient en aucune manière un reconfinement.


Le département de la Meurthe et Moselle, principale ville Nancy

 

Selon Mathieu Klein, maire de Nancy, un reconfinement régional est « inéluctable » (Source : France Info, 28/12/2020 ; A 4:07 de l’enregistrement ici)

Dans le département de Meurthe et Moselle, le taux d’incidence des 7 derniers jours pour 100.000 habitants est passé de 255 le 14 décembre à 337 le 23 décembre, mais dans le même temps, la positivité s’écroule, passant de 8,1% à seulement 4,5%.


 

La Meurthe et Moselle, comme la Marne, a multiplié par plus de 3 le nombre de tests réalisés par semaine entre le 4 et le 23 décembre, pour atteindre 54 744 tests réalisés. Un chiffre jamais atteint dans ce département. Mécaniquement, le nombre de nouveaux cas a plus que doublé sur la période.

Il serait intéressant de savoir quelle est la part des tests antigéniques dans cette envolée… En effet, Le Canard Enchaîné titrait le 24 décembre « Ces tests qui fabriquent de faux malades » (ici), relayant les résultats édifiants d’une étude apparemment sérieuse, menée par Biogroup (ici), l’un des leaders de la biologie médicale en France. En « vie réelle », 63% des personnes testées positives par les tests antigéniques ne le seraient pas…

Le démarrage tonitruant de ces tests « rapides » couplé au non-respect fréquent pour la réalisation des tests RT-PCR des nombres de cycles d’amplification qui au-delà de 33 ou 35 cycles créent en masse des faux positifs (personnes non contagieuses mais considérées comme tel à tort) pourraient bien être à l’origine de ce que certains appellent déjà la « 3ème vague ». Un simple artéfact [1] qui pourrait provoquer un nième reconfinement, encore plus injustifié que les précédents !

[1] « Phénomène d’origine artificielle ou accidentelle, rencontré lors d’une observation ou d’une expérience » (Source : Petit Larousse Illustré 2020) ; « Phénomène créé de toute pièce lors d'une expérience, qui produit un effet indésirable. Exemple : L'artefact peut prendre la forme d'un signal aberrant ou d'une altération biologique » (Source : L’Internaute ici).

D’ailleurs, sur le site data.gouv.fr où il est possible de télécharger les données quotidiennes de la base SI-DEP (système d’information de dépistage : ici), on peut lire :

D’ailleurs, c’est justement à partir du 8 décembre que les chiffres d’incidence nationaux ont commencé à repartir à la hausse. Cela se voit sur le 3ème graphique de ma chronique précédente (N°44 : ici)

Tels de petits chevaux de Troie, les tests antigéniques se sont (trop) rapidement immiscés dans les données SI-DEP…

Examinons donc, ce qu’il se passe dans d’autres départements de la région Grand-Est

Le département de l’Aube, principale ville, Troyes

Rebelotte !

« Et dix de der »

François Baroin, maire de Troyes et président de l’association des maires de France, a déclaré sur Public Sénat le 25 novembre 2020 « Le confinement est une réussite ». J’ignore totalement sur quelle base il s’appuie pour affirmer cela et je suis en total désaccord. En revanche, il aspire à rompre avec le modèle « d’un Etat suradministré à Paris, surcentralisé, dominé par un courant politique qui pense qu’en appuyant sur un bouton ça descend directement vers les territoires, ça ne marche pas depuis des années et c’est une mauvaise compréhension du fonctionnement de l’administration de notre pays ».

 

En outre, François Baroin a avoué être hypocondriaque et se méfier même des vaccins

Le département du Haut-Rhin, principales villes, Colmar et Mulhouse,

Sur France Info le 27 décembre (A 3:23 de l’enregistrement ici), Éric Strauman, maire LR de Colmar, dans le Haut-Rhin, n’est pas pour reconfiner après les fêtes : « Lorsqu’on parle de reconfinement à l’échelle des régions, je n’y suis pas favorable. Il faut aller plus dans le détail. Reconfiner à l’échelle des départements, pourquoi pas. Pourquoi punir des départements qui ont des bons chiffres ? Par ce que la situation en Bourgogne était équivalente et à l’intérieur des grandes régions il y a des disparités importantes d’un département à l’autre. On a constaté lors du premier confinement, par exemple on avait fermé les Ardennes alors que les Ardennes avaient des très bons chiffres. Donc, moi je plaide plutôt à des fermetures à l’échelle des départements pour répondre de manière la plus précise possible à l’évolution de cette pandémie, même si on sait, et je l’ai écrit dès le mois de novembre que probablement on va repartir vers des épisodes de reconfinement au mois de janvier ».

Nous retrouvons dans le Haut-Rhin exactement le même cas de figure que précédemment.

Entre le 9 et le 23 décembre, le taux d’incidence augmente de 164 à 223 (des niveaux qui tutoient les seuils habituels à partir desquels on parle d’épidémie, mais qui n’ont rien d’astronomique), mais dans le même temps la positivité des tests s’effondre, passant de 7,9 à 4,7%.

Mais c’est sur ce second graphique que l’effet de la multiplication des tests sur l’augmentation des cas positifs est le plus criant. Entre les 2 et 23 décembre, l’augmentation du nombre de tests réalisés est de +156%, et celles des nouvelles contaminations de +63%. C’est donc bien le nombre de tests qui tire à la hausse les nombres de nouvelles contaminations…


Juste pour le « fun », nous allons aussi regarder le Bas-Rhin et sa plus grande ville Strasbourg, qui a sacrifié son illustre « Marché de Noël » sur l’autel de la propagation du virus…



Notre exécutif qui se réuni ce 29 décembre pour statuer, aura-t-il la capacité à rechercher et identifier les clefs de cette évolution des chiffres qu’il juge alarmante, mais qui en réalité est totalement artificielle. J’en doute sérieusement !

Au micro de Jean Leymarie, était ce même 27 décembre interviewé Pierre-Louis Druais, Professeur de médecine générale et membre du conseil scientifique covid (A 4:35 de l’enregistrement ici)

Jean Leymarie « Nous avons une nouvelle arme contre le coronavirus, le vaccin, tenir ensemble encore, déclare Emmanuel Macron. Est-ce que ça va nous permettre d’en finir avec les restrictions sanitaires à moyens ou à longs termes ? »

P-LD « Écoutez, c’était un moment très attendu, et on l’a eu rapidement, plutôt que prévu dans l’histoire même de la fabrication des vaccins, pour autant, ça reste le seul traitement préventif des maladies virales. Le vaccin, et là en l’occurrence, pour le covid, on espère qu’on aura non seulement une action sur le risque de complications, mais peut-être dans l’avenir, saura-t-on s’il y a un effet sur la transmission. Mais, ça dépend de 2 choses. Ça dépend du degré d’adhésion de la population au vaccin pour obtenir une protection populationnelle importante. Et puis ça dépend du fait qu’il faut continuer à appliquer les mesures barrières. Puisque tant qu’on n’a pas de notions sur la transmissibilité, c’est encore l’application des mesures barrières qui est, sont les outils de protection de la population et des personnes ».

Jean Leymarie « Oui, car cette première journée, c’est le lancement assez médiatique de ce vaccin, cette campagne qui va monter en puissance. Elle va concerner la semaine prochaine 23 établissements dans les régions de Paris, Lyon, Lille, et Tours. Puis, s’intensifiera encore. Objectif, d’ici fin février, c’est un million de vaccinés parmi les plus âgés, les plus vulnérables. Particuliers et soignants dans les 7.000 Ehpads et autres établissements assimilés. Est-ce que cet objectif est tenable selon vous ? »

P-LD « Oh oui, c’est la phase 1 qui a été définie par la Haute Autorité de Santé, et bien sûr que c’est tenable. Puisque ça va s’articuler sur, en fait la relation entre les patients, les personnes concernées et leurs familles et leurs médecins de familles. Le médecin traitant va avoir pour fonction d’une part d’informer sur le vaccin, d’autre part de faire un bilan de la situation clinique du patient pour dire si la vaccination est possible, s’il n’y a pas d’obstacle, de contre-indications en particulier. Et puis surtout, travailler avec le patient et les familles sur leurs questionnements, sur leurs craintes, pour lever tout doute ».

Jean Leymarie « Rassurer, effectivement, car il y a cette étude de Santé Publique France, très récente, qui dit que 40% des Français sont prêts à se faire vacciner. Six français sur dix qui donc ne veulent pas se faire vacciner. La défiance ne recule pas, au contraire, elle prend de l’ampleur. Ça vous inquiète ? »

P-LD « Bien écoutez, c’est une nouvelle qui était attendue. On sait bien que notre pays a une vraie hésitation et une résistance au vaccin, dans bien des cas. Pour autant, quand je prends mon expérience de médecin généraliste, avec les familles quand on explique les choses, quand on apporte des réponses claires et qu’on essaye d’être au plus près des réalités et de ce que l’on sait, c’est-à-dire de la connaissance, on arrive quand même à obtenir une adhésion. Donc, j’espère qu’on fera bouger ces chiffres, sinon, le vaccin tant attendu peut-être un échec sur le fait que le seul recours qu’on a pour casser cette épidémie, au-delà des mesures barrières, et on a vu quel coût social et économique ça a, ben, c’est le vaccin qui est le recours ».

Pierre-Louis Druais devrait peut-être regarder du côté de la Suède (ici), pour pondérer l’enthousiasme dont il fait preuve au sujet des mesures de confinement, de restrictions y compris de certaines mesures barrières telles que le port du masque. En ce qui concerne le vaccin, a-t-il bien regardé d’un peu plus près les résultats de la seule étude clinique de phase 3 publiée à ce jour. L’unique médecin généraliste du Conseil scientifique doit connaitre de grands moments de solitude au milieu de tous ces spécialistes hospitaliers…

Puis Jean Leymarie enchaîne avec l’interview du sociologue Jean Viard dans la rubrique hebdomadaire du dimanche « Question de société » (A 12:19 du même enregistrement ici). En voici un morceau choisi :

Jean Viard « On a sauvé en 2020, en France des centaines de milliers de vie et dans le monde des millions, je le dis souvent. Mais, on se bat à 5 milliards, puisqu’on est 5 milliards à avoir été confinés à peu près au cours de l’année. On se bat pour la vie des anciens. Et pour ça, puisque c’est plutôt les vieux qui meurent, pour sauver la vie des anciens, on a accepté en particulier de ruiner en partie notre économie. Et si vous voulez d’un point de vue du récit mémoriel qu’on en aura dans les décennies suivantes, c’est quand même quelque chose de grandiose. Ruiner l’économie dans une société fascinée par la consommation, par le travail, par tout ça, pour quoi faire ? Pour sauver les plus anciens »

Ce type est complètement cinglé ou alors c’est du cynisme. Il dit n’importe quoi. En vérité, nous n’avons rien sauvé. Hélas, bien au contraire. Il relaie les projections débiles des épidémiologistes modélisateurs sans le moindre esprit critique. Il n’a pas vu l’absence de protection des ainés et même l’euthanasie légalisée avec le Rivotril® et autres benzodiazépines injectables (ici), alors que les réanimations ont exclu massivement les plus de 75 ans (ici)… Encore un qui ferait mieux d’observer ce qu’a fait la Suède (ici)…

Interview de Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau et président de la Fédération Hospitalière de France (A partir de 4:35 de l’enregistrement audio : ici)

Jean Leymarie « Frédéric Valletoux, vous avez entendu l’appel de ces élus, notamment dans le Grand-Est. Appel à des reconfinement locaux. Sinon, nationaux. Que souhaitez-vous ? »

FV « Je comprends cet appel, par ce que, il émane de maires dont les villes sont particulièrement touchées et dont les hôpitaux sont particulièrement touchés. Et c’est vrai que derrière ces stratégies de confinement ou de couvre-feu, il y a bien sûr l’appréciation de la capacité des hôpitaux à faire face et à continuer à prendre en charge tous les patients covid qui en ont besoin, alors même que l’hiver est déjà une période de pleine activité, surtout là en ce moment. Entre Noël et le jour de l’an, ça fait partie avec la semaine du quinze-août des semaines où traditionnellement à l’hôpital on a quoi qu’il se passe, en dehors même des épidémies exceptionnelles, on a le plus d’activité. Donc, je pense que le gouvernement n’échappera pas sans doute, peut-être pas demain, puisse qu’on n’aura pas encore demain les données qui sont liées, je veux dire à la période de Noël, elle-même, ce sera sans doute, c’est beaucoup trop tôt, mais sans doute la semaine prochaine, n’échappera pas à des mesures plus strictes. Est-ce que c’est des mesures qui vont concerner des territoires ou pas… »

Jean Leymarie « C’est-à-dire ? Qu’est-ce qui est le plus efficace ? Est-ce que c’est un 3ème confinement généralisé ? Des confinements locaux ? Par ville ou par métropole ? ou par département ? par région ? Une prolongation du couvre-feu ? ou son extension ? Qu’est ce qui marche le mieux et le plus selon vous ? »

FV « Il va falloir sans doute envisager des confinements locaux, euh régionaux, sans doute, euh peut-être, en tous cas des mesures plus ciblées sur certains territoires. Peut-être qu’il faudrait aussi adapter la stratégie de vaccination, qui jusqu’à présent était une stratégie par tranches d’âges ou selon le caractère de fragilité des personnes qui pouvaient être concernées. Fragilité sur le plan de la santé. Peut-être qu’il faut reconsidérer cela et accélérer la vaccination dans les régions les plus touchées ».

Jean Leymarie « Changer de stratégie alors ? »

FV « En tous cas, adapter la stratégie, euh... Pourquoi pas ? Euh la vaccination en France, on voit qu’elle va se dérouler de manière assez progressive. Peut-être trop progressive, diront certains. Puisqu’on voit dans certains pays on est capable de vacciner plus vite plus de monde. Mais, en tous les cas, on n’échappera pas je pense à un tour de vis, si on peut dire ça comme ça, de mesures, et en tous cas de mesures plus drastiques, plus draconiennes, au moins dans les régions les plus touchées, parce que l’emballement du virus fait que les lignes hospitalières sont vraiment soumises à rude épreuve, notamment dans ces régions ».

Jean Leymarie « Comment ça tient en ce moment à l’hôpital public ? Vous redoutiez, vous le disiez, cette période des fêtes qui est toujours assez tendue. Comment ça se passe aujourd’hui dans les hôpitaux publics que vous représentez Frédéric Valletoux ? »

FV « La période, elle est, elle est très tendue par ce que c’est aussi la période pendant laquelle, et c’est normal, on autorise les personnels à pouvoir prendre des vacances. Le repos est nécessaire. On ne peut pas toujours fonctionner sous tension et ça pendant des mois et des mois. Faut rappeler qu’au mois de février on fêtera entre guillemets un an, hein, de plan blanc et de mise sous tension des organisations hospitalières, donc des personnels hospitaliers. Ça tient aussi, parce que on continue aussi à déprogrammer, il faut le dire, et donc à finalement à concentrer les forces hospitalières sur la prise en charge de patients covid, inévitablement au détriment, peut-être d’autres types de prises en charge, d’autres consultations. Euh, et donc des pertes de chance à l’arrivée pour certains français. Donc, l’hôpital essaie de tout faire, mais ses moyens restent limités, d’autant plus là, dans la période de vacances de Noël en ce moment et dans la période hivernale, qui sera celle des premières semaines de l’année 2021 ».

Jean Leymarie « Frédéric Valletoux, merci, le président de la Fédération Hospitalière de France, en direct, sur France Info ».

Eh bien, il n’a pas dit grand-chose, pas répondu précisément aux questions posées. Il n’a rien à proposer, en dehors de changer la stratégie vaccinale. Nous sommes vraiment dans le pays de l’hospitalo-centrisme. C’est un politique aguerri, qui manie la langue de bois et n’est pas prêt à remettre en cause les choix de ceux qui nous gouvernent. En fait, on a tout arrêté, tout fermé, pour ne pas gêner les hôpitaux…

Mais, remontons une semaine en arrière, nous sommes le 22 décembre, il est 11h00 (A 0:50 de l’enregistrement audio : ici) Frédéric Carbonne avec Soizic Bour officient sur France Info. On parlait déjà de la nouvelle variante du virus détectée au Royaume Uni. Ils tendent alors le micro au Pr Jean-Daniel Lelièvre, Chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Henri Mondor, à Créteil (AP-HP) qui veut « calmer le jeu » :

J-DL « Il est déjà chez nous, mais, certes, il faut prendre des précautions lorsque l’on parle de mutants. Mais, pas non plus affoler les foules ».

Frédéric Carbonne « Que dites-vous, pas de panique ? ».

J-DL « Pas de panique. Là le problème, c’est qu’on est dans un temps politique, on n’est pas dans un temps scientifique. Il nous manque un certain nombre de données scientifiques, pour vraiment statuer sur cette nouvelle mutation. Tout ce que l’on a c’est des corrélations, on ne sait pas si ce virus est plus infectant, sa dangerosité, il ne donne pas à priori des maladies plus graves. Calmons un petit peu le jeu. Il y a une mutation, c’est normal. Les scientifiques s’en emparent et regardent ce qu’il se passe. Mais ne commençons pas à dire que c’est la catastrophe ».

Un peu plus loin (A 2:20 de l’enregistrement audio : ici), Frédéric Carbonne « Et du côté des autorités françaises, l’heure est toujours à une forme d’autosatisfaction, pas question de changer la stratégie en cours, Emmanuel Macron, dans le journal L’Express, aujourd’hui parle de l’efficacité modèle du 2ème confinement [2], Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, qui affirme que le virus circule moins vite, beaucoup moins vite chez nous que dans d’autres pays, pourtant cette hypothèse d’une 3ème vague, elle ne parait plus faire grand doute. Certains dans la communauté scientifique, Véronique Julia, annoncent déjà un nouveau pic pour la 3ème semaine de janvier ».

[2] Quel mensonge ! Ou alors, ce n’est pas un président de la République comme les autres. C’est un dieu. Il est doté de superpouvoirs : Le 28 octobre il annonce un reconfinement qui doit entrer en vigueur le 30, et le pic d’incidence est atteint dès le 2 novembre. 4 jours pour stopper le virus. Trop fort Manu !

Véronique Julia « Avec des collègues de l’hôpital de Nancy, l’infectiologue Christian Rabaud a mis au point durant la première vague une modélisation de l’épidémie. Elle s’est révélée fiable, puisqu’elle avait prévu l’ampleur des pics atteints en France en avril et en novembre dernier. Ce qu’elle prévoit aujourd’hui, c’est une remontée du nombre de patients en réanimation, dès cette semaine. Au rythme actuel de progression des cas, et sans restriction supplémentaire, on aurait ainsi le 4 janvier 4 à 500 patients de plus en réanimation. C’est-à-dire autour de 3.500 patients sévères en France. Si on ne fait rien, le pic sera là avant la fin janvier. Christian Rabaud : »

Pr Christian Rabaud « Si on attend le 7 (janvier), comme c’est prévu, pour décider d’éventuellement renforcer les mesures, le pic aura lieu le 22, quinze jours plus tard, pour l’occupation des réanimations. Faut à peu près 15 jours. C’est là où on peut remonter entre 4.500 et 5.000 [3].

Véronique Julia « Voilà qui nous ramènerait à la même occupation qu’à la mi-novembre, au pic de la deuxième vague. Alors que faire pour l’éviter ? Ils sont quelques-uns à évoquer un reconfinement nécessaire dès le 26 ou le 28 décembre. Tout en reconnaissant que d’autres considérations sont à prendre en compte. En particulier la santé psychique des français. Bref, savourons les fêtes avec modération, en gardant en tête qu’il faudra sans doute bel et bien en payer le prix. Même si le couvre-feu, la fermeture des écoles et les vacances pendant quinze jours devraient quand même contribuer à freiner l’accélération de l’épidémie [4]

[3] C’est « à la louche » ou « au doigt mouillé » sa modélisation ! On va suivre ça de près…

 

[4] Ben, non. Ce n’était pas une accélération de l’épidémie, mais une accélération du nombre de tests réalisés, de surcroit faussement positifs…

Nous avançons dans l’émission du 22 décembre, dirigée par Frédéric Carbonne (A 8:10 de l’enregistrement audio : ici). La parole est donnée au Dr Gaël Durel.

Frédéric Carbonne « Vous, vous êtes gériatre et vous présidez l’Association Nationale des Médecins Coordonnateurs et du Secteur Médico-social (MCOOR : ici). A quelques jours du début de cette campagne de vaccination, vous avez l’impression, vous, de savoir quoi dire exactement aux résidents, justement, pour ce consentement qui est extrêmement important ? »

Dr Gaël Durel « Alors pour l’instant, donc comme Monsieur Olivier Véran, vous l’a annoncé, on attend l’avis de la commission technique vaccinale de la HAS, qui va donc bien indiquer à chaque médecin quelles sont les indications, contre-indications et les effets secondaires attendus de telle manière à pouvoir informer de manière claire chaque personne, chaque résident, sur le vaccin qui va lui être proposé à partir de la mi-janvier, de telle manière à pouvoir recueillir son consentement. Puisqu’aucun vaccin ne sera fait en EHPAD, sans l’avis de la personne et donc sans son consentement. Et c’est bien la question qui est la plus importante actuellement ».

FC « Oui, c’est ça, notamment le consentement de personnes, qui ne font, ben, qui n’ont pas forcément tous leurs moyens et qui n’ont pas de famille pour décider pour elles. C’est ces personnes-là pour qui ça va être très compliqué ? »

Dr Gaël Durel « Compliqué, dire qu’on est déjà habitués à ce genre de situations. Tous les soins que l’on applique à une personne qui n’a pas ses facultés cognitives, qui n’est pas capable de comprendre la nécessité de ce soin-là, doit être à chaque fois discutée avec une discussion éthique. Donc, quel est le bénéfice de ce soin-là ? Est-ce que la personne a émis, à partir du moment où elle avait encore ses capacités, un refus systématique à une vaccination, à un traitement, à une hospitalisation, à une chirurgie ? Si c’est le cas, eh bien donc, on devra respecter ce choix-là. Si par contre, on a estimé que toute sa vie elle était d’accord pour être vaccinée, qu’elle n’avait jamais émis de, d’idées défavorables. Donc on peut penser que cette personne-là aurait accepté. Donc vu le risque que représente la maladie, 25% de décès parmi les formes symptomatiques en EHPAD, il faut quand même rappeler ça. Donc et par rapport à ces 25% de décès, on a un vaccin traitement qui limite de manière considérable les formes graves et les complications, notamment les hospitalisations [5] ».

[5] Présentation idyllique de l’efficacité du vaccin. Rappelons d’abord que les 25% de mortalité observées sont liées en premier lieu au refus massif par les hôpitaux d’hospitaliser les plus de 75 ans en provenance d’EHPAD (voir ma chronique N°7 : ici). Pour ce que nous savons vraiment de l’efficacité clinique de ce vaccin, qui a été testé principalement chez des sujets en bonne santé, qui n’avait probablement aucunement besoin d’être vaccinés. Que très peu de sujets très âgées (50% des décès toutes causes pendant les épidémies d’infection à virus respiratoire s’observent en effet chez les plus 85 ans (ici), ont été inclus dans l’essai Pfizer. Que vu le faible nombre de participants, la durée très courte d’observation, la définition trop large des formes sévères, dans l’essai clinique de phase 3, rien ne peut être conclu en ce qui concerne l’efficacité de ce vaccin à réduire chez les personnes très âgées la mortalité toutes causes, même liée au coronavirus, ni les hospitalisations en réanimation, ou encore les intubations avec ventilation mécanique (Voir mes deux chroniques portant sur les vaccins N°40 : ici et N°43 : ici)…

Peu après, (A 10:55 de l’enregistrement audio : ici), Frédéric Carbonne  aborde le sujet de la vaccination des soignants à risque en EHPAD « Alors, les résidents des EHPADs sont prioritaires, il y a aussi une partie des personnels. Ceux qui sont âgés ou qui ont des fragilités, qui sont vulnérables, mais les soignants des EHPADs sont-ils pressés de se faire vacciner. Voici le reportage de Lauriane Delanoë »

LD « Enfin un vaccin, lance le Dr Marcellin Meunier. Ce gériatre dans plusieurs EHPADs de Vendée, se fera vacciner quand il le pourra ».

Dr Marcellin Meunier « Je veux le faire par acte citoyen. Par ce que, ben oui, participer à la rupture de la chaîne. Être un maillon de moins dans la chaîne. Ouais, je pense que c’est quelque chose d’important. Si on peut en vaccinant les gens retrouver une vie la plus normale possible en particulier, pour nos anciens en EHPAD. Ouais, c’est quelque chose de tout à fait positif. Ça y est, enfin, on a une arme qui va nous permettre d’être efficace [6]. Quand même, on a 60.000 morts en France, les quelques réactions allergiques etc…, faut faire la part des choses, il me semble qu’il n’y a pas photo ».

[6] Oui, efficace pour empêcher des contaminations chez les bien-portants, probablement. Mais avec seulement 170 participants à l’essai de phase 3 qui ont été contaminés au moins 7 jours après l’administration de la seconde dose de vaccin, certes 162 dans le groupe placebo et 8 dans le groupe vaccin à ARN de transfert, alors que le nombre de participants de plus de 85 ans est inconnu (Les plus à risque de faire une forme vraiment grave et de décéder de la covid-19), aucune conclusion n’est possible sur l’efficacité chez les plus âgés ! Ce Monsieur croit sur parole la réclame faite par le labo et nous allons comprendre pourquoi un peu plus loin…

Au total, ce seront ce jour-là, quatre médecins avec des conflits d’intérêts conséquents, qui auront été interviewés par le journaliste Frédéric Carbonne sur France Info :

N’hésitez-pas à zoomer le tableau

 

Sur BFM-TV le jour de Noël en soirée, le Dr Benjamin Rossi, jeune Médecin interniste à l’hôpital Robert Ballenger d’Aulnais-sous-Bois, était interviewé par la journaliste Alice Darfeuille, qui l’interrogeait pour savoir si le variant britannique du virus sars-cov-2 était déjà présent en France :

 

Dr Benjamin Rossi « De manière générale en science, il faut accepter la modestie. Le problème de cette épidémie covid, et le mal qui a été fait à la science, c’est que beaucoup de professeurs ont affirmé beaucoup de choses. Et je crois qu’en sciences, il faut douter en permanence et qu’il est très difficile d’affirmer. Quelqu’un qui dit, « c’est ça, c’est ça », n’est pas vraiment scientifique. Il faut qu’il y ait une approche didactique [7] et puis de doute, et après, trouver des preuves. Donc, il y a peut-être des éléments qui nous échappent »

 

[7] Qui a pour objet d’instruire, pédagogique

 

 

Alice Darfeuille « Comment les décrypter ces chiffres ? Qu’est-ce qu’ils nous disent ? Et notamment, ces nouvelles contaminations qui repartent à la hausse ce soir ? »

 

Dr Benjamin Rossi « Ils nous disent que l’épidémie n’est pas encore jugulée, que le virus circule dans la population ».

 

Alice Darfeuille « Qu’il circule plus activement ? »

 

Dr BR « Ben, qu’il a tendance à circuler de plus en plus activement. Ça fait toujours un petit peu comme ça. On commence par avoir quelques cas, qui contaminent ? Tant que le taux de gens infectés dépasse le nombre de gens qui guérissent, et bien on voit une augmentation du nombre de cas, et puis on voit la diffusion du virus qui est encore là. Donc, il faut insister sur le respect des mesures barrières. C’est vrai que nous, on n’aimerait pas voir début janvier les hôpitaux et les réanimations pleines comme on a vu déjà en novembre, et surtout comme on a vu en mars, puisque c’était là où c’était le plus éprouvant. 

 

 

Alice Darfeuille « Le couvre-feu, jusqu’au 20 janvier, ça peut suffire à garder la situation sous contrôle, selon vous Benjamin Rossi ? »

 

Dr BR « Je ne sais pas [8], j’espère, parce que je n’ai pas envie qu’on fasse un nouveau reconfinement. On ne peut pas affirmer aujourd’hui que le couvre-feu sera suffisant. On voit qu’avec le couvre-feu, on a eu une tendance à l’augmentation ces dernières semaines. On sait que les gens vont se réunir pour les fêtes de Noël et peut-être pour le réveillon, en faisant moins attention sûrement aux mesures de distanciation sociales. Donc, il n’est pas impossible que ce soit insuffisant. J’espère que ce sera suffisant en tous cas ».

 

[8] Bravo, il fait preuve de modestie, il doute. Peut-être est-il un vrai scientifique !

 

Alice Darfeuille « Il y a des étapes intermédiaires entre le couvre-feu et un reconfinement national ? Il y a par exemple des reconfinements locaux dans le Grand Est. Il y a plusieurs élus locaux qui d’ores et déjà disent au gouvernement, il faut reconfiner et il faut le faire dès maintenant, et surtout, il faut le dire dès maintenant. Euh, est-ce que cela pourrait être le bon intermédiaire selon vous ? Dans les villes ou les régions où la situation est déjà compliquée ? »

 

Dr BR « Disons, qu’actuellement, tous les gouvernements au Monde entier cherchent les bonnes situations, les bons moyens entre les couvre-feux partiels, euh, les confinements partiels, les couvre-feux, la fermeture de certaines activités. Et dans ces équations-là, on n’a pas trouvé vraiment la solution parfaite ».

 

Mais, à ce moment, notre jeune médecin interniste va craquer et se comporter comme l’un des professeurs qu’il critiquait au début de son interview :

 

Dr BR « On sait très bien qu’un confinement permet d’empêcher la diffusion du virus et que ça fonctionne [9], on sait qu’on a eu quand même un succès au mois de novembre, un succès relatif avec le couvre-feu [10], donc c’est pour ça d’ailleurs qu’il a été remis en place. C’est l’expérience qu’a eu la France par les décisions qui ont été menées. Peut-être que si on pouvait imaginer d’autres choses. Il y a plein d’autres choses probablement à imaginer. Euh, après qu’elle va être celle qui va être la plus efficace ? Ce qui est certain, c’est que le confinement fonctionne, le couvre-feu fonctionne un petit peu, mais un peu moins. Voilà, après il y a des mesures comme la Corse [11] ».

 

[9] Il est où le doute du scientifique ? Elle est où l’approche didactique ? Elles sont où les preuves ? Comment l’efficacité du confinement a-t-elle été mesurée ? Une évaluation comparative a-t-elle été réalisée ?

 

[10] Mêmes remarques

 

[11] Le Préfet de Corse et la Directrice de l’Agence Régionale de Santé ont mis en place pendant les vacances de Noël une obligation de se faire tester avant d’arriver dans l’Île de Beauté. Concrètement, un test négatif est requis (ici)…

 

 

 

Nous retrouvons France Info, le 26 décembre dans un Fil Info (A 20:29 de l’enregistrement audio : ici),

où il est question du nouveau variant identifié au Royaume Uni, mais aussi en France, en Espagne et en Allemagne :

 

Bernard Thomasson « Laeticia ce nouveau variant est-il plus contagieux ? »

 

Laetitia de Germon « Une étude britannique parle d’une contagiosité de 50 à 74% plus importante que la souche la plus répandue jusque-là. Selon l’infectiologue Benjamin Davido, ce variant va empêcher le nombre de contaminations de baisser et risque d’entraîner une tension hospitalière. Les estimations montrent qu’il permet au virus d’être plus contagieux. Cela veut dire que le R0, le taux de reproduction du virus peut monter jusqu’à 0,4 points supplémentaires. Mais, pour contrôler la circulation du virus, le taux doit rester en dessous de 1, et en France, nous sommes autour de 0,96. En Angleterre, ils réfléchissent à accélérer la campagne de vaccination pour ne pas être dépassé par les évènements. Une décision qu’il serait bien de prendre en France, a estimé sur France Info l’infectiologue Benjamin Davido ».

 

Voir les conflits d’intérêts très conséquents du Dr Benjamin Davido déclarés dans la base Transparence Santé à la fin de ma chronique N°41 : ici.

 

Un peu plus tôt, ce même 26 décembre Edouard Marguier interviewait le Pr Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHU de Lille (A 6:12 de l’enregistrement audio : ici), pour parler du virus mutant.

 

Edouard Marguier « Cet exemple montre l’importance de tester systématiquement les personnes qui viennent de Grande Bretagne ? »

 

Pr PF « Et puis l’importance aussi de séquencer le virus, puisqu’il y a un risque important, on l’a vu à Tours, que les porteurs de virus venant d’Angleterre aient cette nouvelle variante qui est peut-être plus contagieuse, voire plus dangereuse que les autres ».

 

Edouard Marguier « Alors, cette personne est placée à l’isolement, on l’a dit, et les personnes qu’il a rencontrées sont en train d’être répertoriées, c’est le traçage des contacts, rappelez-nous comment ça se passe ? »

 

Pr PF « Ce qui se passe c’est que, je pense que cette personne a dû être un sujet contact, puisqu’elle était asymptomatique, on lui a fait un test, et puis comme elle venait d’Angleterre, le virus a été envoyé à l’Institut Pasteur, a été séquencé, on a retrouvé cette variante anglaise. Et là, on va rechercher quelles sont les personnes qui l’ont contacté. Ça ne va pas être simple ».

 

Edouard Marguier « D’autant plus qu’en ce moment-même, d’autres prélèvements positifs pouvant évoquer ce coronavirus variant, sont en cours de séquençage par les laboratoires. Ça veut dire quoi ? ça veut dire qu’il y aura sans doute d’autres zones de France qui seront concernées par ce coronavirus mutant ? »

 

Pr PF « Il va y avoir d’autres zones, d’autant plus que dans quelques jours, ça ne sera plus les gens qui viennent d’Angleterre, mais la deuxième et la troisième génération qui vont être porteurs de ce virus. Ce qui veut dire qu’on n’aura pas l’idée de tester spécifiquement ce virus. Donc, la seule solution aujourd’hui, c’est de séquencer de manière aléatoire un certain nombre de gens positifs un peu partout en France, de manière répétée, pour savoir si cette souche nouvelle se répand en France ou si elle reste localisée à Tours ou dans quelques endroits ».

 

Edouard Marguier « Séquencer, ça veut dire, rechercher la présence de ce virus-là, quoi ? de ce coronavirus qui a muté ? »

 

Pr PF « Il n’est pas suffisant de regarder si cette souche est là. Il faut savoir s’il n’y a pas d’autres souches nouvelles. Si celle-ci n’a pas bougé, puisqu’elle va évoluer de toute façon. Et donc, la seule question c’est, comme on séquence le génome humain, et d’ailleurs c’est exactement les mêmes machines et dans les mêmes endroits, on va séquencer l’ARN du virus, et puis faire comme en Angleterre ou dans d’autres pays, savoir exactement qu’elle est l’apparition de nouvelles souches, différentes des premières. Ça, c’est relativement facile. Le plus difficile, ça va être d’essayer de trouver des corrélations avec la maladie. Est-ce qu’elle est plus contagieuse ? Est-ce qu’elle est plus sévère ? Et ça ça demande un suivi des patients qui n’est pas très très facile ». 

 

Edouard Marguier « Oui, parce que c’est ce que nous disent les autorités anglaises. Ce virus n’est pas forcément plus dangereux, mais il est beaucoup plus contagieux. C’est encore à vérifier ça ? »

 

Pr PF « En Angleterre, c’est une simple coïncidence. C’est-à-dire que à Londres, où la souche nouvelle est importante, il y a eu une explosion du nombre de nouveaux cas, alors que c’était plutôt en baisse, quelques jours plus tôt. Donc, on en a déduit que c’était lié à cette souche. Il peut y avoir d’autres raisons. Mais, plus on séquencera et plus on trouvera la souche, plus on sera capable de dire si oui ou non, cette souche est plus dangereuse que les autres ». 

 

Edouard Marguier « Dans cette crise, de toutes façons, on a toujours besoin de mettre à jour les connaissances et c’est d’ailleurs pour cela que Moderna et Pfizer qui ont mis au point les vaccins, jusque-là, des vaccins à ARN messager, disent qu’en six semaines ils pourront modifier ce vaccin. C’est possible ça ? »

 

Pr PF « Techniquement, c’est possible de modifier le vaccin. La seule question qu’on peut se poser, c’est, est-ce qu’il faudra refaire des tests cliniques ou ceux qui auront été faits avant seront-ils suffisants ? Par ce que s’il faut refaire les tests cliniques, ça retarde de 3 ou 4 mois à chaque fois. Donc, ça, il faut que les autorités compétentes nous le disent. Tant qu’on aura des gens infectés, on va avoir des modifications, et c’est pour ça qu’il faut accélérer le mouvement sur la vaccination, et en même temps, faire très très attention à séquencer les souches, par ce que, il faut tout surveiller et je pense qu’en France on n’a pas encore assez surveillé dans les derniers temps. Il y a d’autres pays comme l’Angleterre ou le Danemark, qui ont fait ça mieux que nous ».

 

Edouard Marguier « A savoir, vous dites qu’on n’a pas assez surveillé, on n’a pas été assez prudents en passant en couvre-feu après le confinement. C’est ça que vous voulez nous dire ? »

 

Pr PF « Non, non. Je ne discute pas du tout les questions de confinement. Je discute le fait qu’on n’ait pas assez surveillé les souches virales et qu’on ne les ait pas assez séquencées. Il y a à peu près 0,5% des virus séquencés qui l’ont été en France et c’est absolument pas suffisant pour qu’on fasse cette surveillance correcte. Et là, un certain nombre de scientifiques dont je suis, ont proposé un réseau sentinelle, qui s’appelle « Senticov » avec le séquençage d’échantillons de plusieurs milliers de patients, de manière répétée, pour qu’on suive enfin ce qui se passe en France, puisque la situation Française est quand même un petit peu ennuyeuse. On ne sait pas exactement quelle est la proportion de gens en France dans les différentes régions qui portent le virus et deuxièmement, on ne reconnait même pas la nature de la souche. Donc, on est un peu à l’aveugle ».

 

Edouard Marguier « Ce qui est dommage, parce qu’on est un pays qui teste quasiment le plus en Europe ».

 

Pr PF « Oui, on teste beaucoup, mais on ne sait pas exactement ce qu’on teste, on n’a pas d’idées très claires. Par exemple, en Angleterre, il y a une chose extraordinaire, c’est d’avoir utilisé une société française de sondage d’opinion, qui s’appelle Ipsos, qui envoie à des personnes qui sont représentatives, par la poste des tests salivaires et les gens les renvoient par la poste, et donc on sait en permanence dans tous les endroits d’Angleterre quelle est la proportion de gens qui portent le virus et en plus, comme ils les séquencent, ils savent quel type de virus. Ils savent mieux que nous ».

 

Les conflits d’intérêts déclarés par les industries de santé dans la base de données publique « Transparence Santé » pour le Dr Benjamin Rossi et le Pr Philippe Froguel :

 

 

Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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