Chronique N°51 – « La perte de l’esprit critique : Un symptôme covid-19 persistant chez les journalistes, mais pas seulement ! »

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Chronique N°51 – « La perte de l’esprit critique : Un symptôme covid-19 persistant chez les journalistes, mais pas seulement ! »

Publié le 12/02/2021 à 09:15
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Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir
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Tribune : Sur France Info, le 2 février 2021 (ici), la journaliste « Et on en vient à ces chiffres, cette analyse de la mortalité des patients atteints du covid et admis en réanimation. Etude britannique qui porte sur 43.000 patients à travers le monde. La mortalité des patients covid d’unités de soins intensifs est tombée à 36% en octobre. Elle était passée de près de 60% à 42, déjà au printemps dernier. Olivier Joannès Boyau est avec nous. Professeur au CHU de Bordeaux. Vous présidez le comité réanimation de la Société Française d’Anesthésie Réanimation (SFAR). Il semble que cette baisse, elle se stabilise, on va y venir bien sûr, mais d’abord, est-ce que l’on peut de toutes façons parler d’immenses progrès en matière de soins depuis mars 2020 ? »

 

OJB « Oui, alors, ce qui est sûr c’est qu’on a découvert cette maladie quand elle est apparue en mars, avec en plus un nombre gigantesque de patients qui se sont présentés en même temps dans certains endroits, et puis à d’autres, ont été moins touchés, mais donc, effectivement, c’était compliqué de les prendre en charge. Au fur et à mesure qu’on a mieux connu cette maladie, on a pu mettre en place des mesures, nous qu’on appelle des mesures standard de réanimation adaptées, par ce qu’au début, beaucoup de gens étaient évidemment intubés, par ce qu’il y avait une masse importante de patients critiques qui arrivaient. On a pu en intuber moins par la suite, ce qui a permis de diminuer les effets secondaires liés à l’intubation, des infections secondaires, des choses comme ça. On a mieux pris en charge aussi, quand on a découvert qu’il avait des problèmes de coagulation qui se faisait avec ce virus, de thromboses, c’est-à-dire de caillots qui se formaient dans les veines et les artères. Donc, ça, ça a permis de réduire beaucoup d’événements qui se passaient, thrombotiques, donc de caillots. Et puis, la dexaméthasone ensuite, donc les corticoïdes, qui ont montré lors des études une efficacité pour réduire là aussi la mortalité et la morbidité. Donc, tout ça mis bout à bout, ça a permis effectivement de réduire drastiquement la mortalité. Maintenant, on est évidemment à une espèce de plateau par ce qu’on n’a pas de traitement spécifique. On en a cherché beaucoup, on n’en a pas trouvé pour l’instant, en dehors des corticoïdes. Et donc on va stagner… »

 

La journaliste « On sait ce qui marche et ce qui ne marche pas finalement aujourd’hui ? »

 

OJB « Oui, voilà, maintenant, on sait surtout beaucoup ce qui ne marche pas. On continue à essayer de trouver des choses qui marchent. Euh, voilà, ce qui marche c’est la prise en charge des organes défaillants, comme on fait habituellement en réanimation, les anticoagulants, et les corticoïdes. Maintenant, on n’a pas vraiment de traitement spécifique. Donc, reste le vaccin, pour nous débarrasser on l’espère du virus, mais, voilà. Comme avec les virus en général, il y a très peu de médicaments spécifiques, ce n’est pas comme les bactéries ».

 

La journaliste « Il y a des traitements tout de même, que l’on peut encore tester, des améliorations à apporter encore ? »

 

OJB « Oui, oui, il y a encore des traitements qui sont en cours de tests. On a tout essayé, on a essayé le sérum de malades qui avaient guéri, on a essayé tout un tas d’antiviraux, qu’on avait à notre disposition, on a essayé aussi des immunoglobulines, ou d’autres traitements spécifiques. Bon, pour l’instant, malheureusement, beaucoup de résultats décevants. Mais, comme on a l’habitude avec les virus. Ça a été le cas avec beaucoup, beaucoup de virus jusqu’à lors. Et, il n’y a que le vaccin qui fonctionne la majeure partie du temps. Donc, on en reste à nos traitements de réanimation habituelle pour l’instant. Et on a peu d’espoir quand même de trouver le traitement miracle. Ce serait vraiment très étonnant ».

 

La journaliste « Vous évoquiez un plateau effectivement. Vous constatez cette baisse qui se stabilise ? »

 

OJB « Vous voulez dire, au niveau de la mortalité ? »

 

La journaliste « Oui, oui ».

 

OJB « Au niveau de la mortalité, c’est sûr que pour l’instant, on a bien baissé et on va avoir du mal à descendre plus bas, que ces 35-36%. À moins que, parce qu’il faut aussi voir que la population touchée par le covid qui est rentrée en réanimation est un tout petit peu plus jeune maintenant. Donc, la mortalité sera potentiellement aussi un petit peu plus basse [1] ».

 

[1] Là, il en a dit trop ou pas assez. En une seule phrase, il vient de torpiller son argumentaire tendant à prouver que les réanimations ont fait d’énormes progrès dans la prise en charge des formes sévères de la covid. Car, il vient de pointer du doigt ce qu’on appelle une variable « confondante ». Explications :

 

Nous savons que l’âge avancé est le paramètre le plus corrélés aux taux de létalités élevés de la covid19. Donc, il a simplement reconnu que les progrès accomplis en réanimation s’expliquent avant tout par l’exclusion des plus de 75 ans qui a permis un rajeunissement très important des populations admises en réanimation. Rappelons que nous avons connu en France deux phases d’éviction des plus de 75 ans des réanimations. La plus drastique entre le 15 mars (annonce du confinement dur) et le 6 avril 2020 (pic de mortalité à l’hôpital », la présence des plus de 75 ans s’est effondrée, passant de 36,8% à 13,9%. Puis, lors de la deuxième vague, une nouvelle baisse, certes moins forte, mais conséquente, de 30,3% à 23,8%. Donc, pour améliorer les chiffres de mortalité en réanimation, il suffit d’exclure les plus âgés…

Je rappelle que le meilleur épidémiologiste clinicien de la planète, le Pr John Ioannidis, qui n’est pas français, et qui hélas, ne fait pas partie du Conseil Scientifique en France, avait publié en octobre 2020 (ici) les taux de létalité en fonction de l’âge. Ci-dessous, un extrait du tableau 2 en page 5 de sa publication :

 

Vous pouvez donc observer que la létalité (taux de décès parmi les personnes infectées) la plus forte concerne les résidents frêles en EHPAD (Les plus de 85 ans d’après le fichier nominatif de décès de l’INSEE), chez lesquels elle est de 25%. Que les 65-74 ans présentent une létalité 25 fois plus basse. Que dans la fourchette basse chez les moins de 65 ans la létalité est 2.500 fois inférieure à celle des résidents frêles

 

Il est bien évident que si l’étude sur la baisse de la mortalité covi19 en réanimation dont il est question au début de l’interview, laquelle a été publiée dans Anaesthesia le 1er février 2021 (ici), a inclus des réanimations qui comme en France avaient exclu massivement les plus de 75 ans, alors les conclusions de cette revue systématique avec méta-analyse de cohortes observationnelles, seraient très critiquables.

 

En fait, les auteurs le reconnaissent même dans le résumé que je reproduis ci-dessous :

Ils disent bien que l’absence d’accès aux données individuelles des patients empêche toute conclusion qui fasse autorité (traduction de « definitive » dans le Dictionnaire « Harrap's Shorter »). Par ailleurs, le manque de standardisation des publications sur le sujet interdit les comparaisons en termes de risque sous-jacent (comorbidité), de gravité des formes sévères, mais aussi en termes de résultats de santé. J’ai facilement pu vérifier que les données portant sur l’âge des patients inclus dans cette méta-analyse de cohortes observationnelles, ne figurent pas dans la publication.

 

Voilà typiquement le genre de travail qui ne fait pas avancer la science. Désolé, mais je ne comprends pas que les journalistes de France Info n’aient pas lu, ne serait-ce que le résumé, et n’aient pas non plus regardé, préalablement à son interview, les conflits d’intérêts du Professeur Olivier Joannès Boyau avec les industriels de la santé. Nous allons les examiner ensemble un peu plus bas.

 

Nous pouvons vraiment parler de « Fakenews » à propos de ces soi-disant « immenses progrès » réalisés par les réanimations dans la prise en charge des formes sévères de la Covid19. Certes, il est bien sûr préférable pour une radio d’apporter de bonnes nouvelles à ses auditeurs. Cela peut les rassurer et ceux-ci lui en seront très reconnaissants. Mais quel dommage que la cellule « Le vrai, du Faux » de France Info ne se soit pas autosaisie de la nouvelle pour en vérifier la véracité ? 

 

L’interview du Pr Olivier Joannès Boyau se poursuit (À 3:53 de l’enregistrement ici) :

 

La Journaliste « Est-ce que vous savez si les variants du covid19 à ce stade compliquent la prise en charge, vous complique la prise en charge ? »

 

OJB « Non, pour l’instant on n’a pas de données qui puissent dire que les variants nouveaux sont plus agressifs que les précédents. Ils sont plus contagieux, ils sont plus virulents, la contagiosité est plus importante, mais en revanche, ils ne sont pas plus incisifs, ils ne sont pas plus graves. Donc, pour l’instant, on ne voit pas ça et les données de l’Angleterre ne montrent pas une gravité plus importante des malades contrairement à ce qu’on a pu entendre au départ. Mais, il est plus contagieux, ça c’est sûr ».

 

Sans grande surprise, le Pr Olivier Joannès-Boyau est bardé de liens d’intérêts avec des géants du dispositif médical et quelques poids lourds de l’industrie pharmaceutique

Comme il a été mentionné par la journaliste qu’il préside aussi la commission réanimation de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation), ma curiosité m’a poussé à examiner dans la base « Transparence Santé » les bonnes relations entretenues par cette société savante avec les industriels de la santé. Je n’allais pas être déçu du voyage.

Vous avez bien lu, pour organiser son congrès annuel de 3 jours au Palais des Congrès de la Porte Maillot, la SFAR a bénéficié de pas moins de 1 723 545 Euros octroyés par les généreuses firmes pharmaceutiques et fabricants de matériel médical qui évoluent dans l’univers de l’anesthésie et de la réanimation…

 

On ne peut que rester pantois devant l’investissement colossal (plus d’un million d’euros) réalisé au profit de la SFAR par le laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), une société anonyme de droit privé depuis le 29 juillet 2005, qui auparavant avait le statut de Groupement d’Intérêt Public (GIP), et qui détient l'exclusivité du fractionnement du plasma issu des dons de sang bénévoles, collectés sur le territoire français par l'Établissement français du sang (EFS).

 

A noter que Baxter aurait fait le 10 mai 2019 une sous déclaration de près de 6 000 euros

En effet, le montant de la convention n’est que très modique, 6 €, alors que l’on peut lire dans le « nom de la manifestation » qu’il s’agit d’un « soutien logistique et financier 6000 € ». Au passage, toutes les conventions présentent une « contrepartie » et le(s) « lieux de la manifestation était « Marseille, Bordeaux, Paris, Strasbourg »

 

Une autre convention déclarée par Baxter, signée avec la SFAR portait de manière plus cohérente les mentions suivantes :

Le même jour, un peu plus tard (À 7:25 de l’enregistrement ici) :

 

Journaliste : « La Haute Autorité de Santé autorise donc l’utilisation du vaccin AstraZeneca en France mais uniquement pour les moins de 65 ans. Les experts estiment que les données scientifiques sont insuffisantes pour l’instant pour ouvrir son usage chez les plus âgés, Olivier Emond ? »

 

Olivier Emond « Avec cette recommandation, la HAS est sur la même ligne que les autorités sanitaires de pays voisins comme l’Allemagne ou la Suède qui elles aussi ont limité l’utilisation aux moins de 65 ans. Ce nouveau vaccin sera donc proposé en priorité à deux types de populations en France. D’un côté tous les personnels de santé ou du monde médico-social et de l’autre, les personnes âgées de 50 à 65 ans, présentant des facteurs de comorbidités, un diabète, une obésité ou une pathologie respiratoire chronique. Ce vaccin doit être administré en deux fois, avec un délai de neuf semaines entre les deux injections. Les médecins, les infirmiers, mais aussi les pharmaciens et les sagefemmes, pourront faire cette vaccination. L’AstraZeneca rentre donc dans un circuit logistique plus traditionnel que ses deux prédécesseurs du fait de sa plus grande facilité de conservation, un simple frigo étant suffisant. Deux millions et demi de doses seront normalement livrées ce mois-ci en France dont 465 000 dès la semaine prochaine ».

 

Bonsoir Odile Launay, Infectiologue, membre du comité scientifique vaccin covid19, coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur (À 8:38 de l’enregistrement ici).

 

Journaliste : « Qu’avez-vous pensé des annonces ce soir du chef de l’État, début mars, 80% des pensionnaires des EHPADs qui le souhaitent, seront vaccinés. Ça représente un demi-million de personnes. Et puis, cette annonce aussi qu’on a envie de retenir, quatre sites de production en France du vaccin d’ici à la fin du mois ».

 

Pr OL « Ben, je pense que c’est des bonnes nouvelles parce qu’aujourd’hui, nous avons donc 3 vaccins qui ont eu une autorisation de mise sur le marché en Europe. Mais, la difficulté est qu’on a un manque de doses assez important, en particulier du premier vaccin qui est l’ARN messager, puisqu’on a aujourd’hui des doses qui permettent tout juste de faire la deuxième dose aux personnes qui ont reçu la première dose. Alors qu’on voudrait encore pouvoir protéger encore plus de personnes et en particulier les personnes de plus de 75 ans [2] qui jusqu’à présent ont un accès relativement difficile à la vaccination ».

 

[2] Désolé, mais les essais sur les vaccins de Pfizer et de Moderna, les « chouchous » de Mme Launay, n’ont pas inclus davantage de volontaires âgés de 75 ans et plus, que celui d’AstraZeneca n’a inclus de plus de 69 ans !

 

Journaliste « Vous diriez quand-même que la campagne de vaccination va connaitre une accélération dans les prochains jours, les prochaines semaines ? »

 

Pr OL « Ben l’arrivée du vaccin d’AstraZeneca va apporter un nombre de doses supplémentaires qui est bienvenu. La difficulté c’est que, ils vont, ces vaccins vont être réservés comme on l’a dit ce soir, aux personnes de moins de 65 ans, dans la mesure où les essais ont été réalisés majoritairement sur des sujets plus jeunes et qu’on a très peu de données pour pouvoir les utiliser chez les plus de 65 ans [3]. Donc, on est dans une situation où on n’a pas suffisamment d’ARN messager, euh, de vaccins à ARN messager, pour vacciner les plus de 75 ans qui représentent environ 8 millions de personnes et on va avoir ces vaccins qu’on va pouvoir administrer chez les moins de 65 ans. Il reste la catégorie des 65-75 ans pour lesquels il va falloir encore attendre un petit peu pour pouvoir les vacciner ».

 

[3] Cette information est exacte, je le confirme. Ci-dessous le tableau 1, page 6 de la publication des résultats de l’essai AstraZeneca dans le Lancet (ici), avec mes annotations dans la marge de droite. Les plus 70 ans, 444 personnes randomisées pour recevoir le vaccin ou le placebo, ne représentent que 3,8% de l’ensemble des 11.636 volontaires inclus dans l’essai. La répartition des tranches d’âges parmi les plus de 70 ans n’est pas précisée, pas même seulement l’âge médian dans ce sous-groupe…

 

Journaliste « Est-ce que c’est la première fois Odile Launay que l’on déconseille un vaccin pour une catégorie d’âge ? »

 

Pr OL « Oh, je ne crois pas que ça soit, qu’on déconseille. La position de la Haute Autorité de Santé est de dire qu’en l’absence de données suffisantes et dans la mesure où on a un autre vaccin, il est préférable de préserver, de garder ce vaccin à ARN messager qui a montré son efficacité chez les plus âgés [4], à la population plus âgée. La difficulté ce que comme on manque de façon importante de ces vaccins, on est dans une situation où finalement, on va vacciner des gens plus jeunes parce qu’on manque de données dans une population plus âgée et ça, ça peut poser problème ».

 

[4] Quel mensonge ! L’essai PFIZER montre une baisse d’efficacité de près de 10 points lorsque l’on compare le sous-groupe des 18-65 ans sans facteurs de risque avec celui des plus de 65 ans, dont l’âge médian n’est en réalité que de seulement 70 ans ! Cela signifie à l’évidence qu’ils ont inclus très peu de volontaire au-dessus de 75 ans. L’essai de Moderna est bâti sur une structure d’âges identique, puisque l’âge médian des deux populations est de 52 ans. Chers lecteurs, vous pourrez retrouver toutes les explications détaillées et l’accès aux données publiées dans ma chronique N°46 (ici)

 

Journaliste « Interroger ce soir sur TF1, Emmanuel Macron a également ajouté que la campagne de vaccination à elle seule, ne pourrait répondre dans l’immédiat à la pression épidémique. Que veut-il dire par là ? »

 

Pr OL « Ben, on entend par là que le virus circule à une intensité assez élevée actuellement avec l’apparition de ces variants qui progressivement, finalement, va remplacer le virus ancien, et un variant qui est beaucoup plus contagieux. On sait qu’en Île de France par exemple, la proportion de ce variant, c’est 20% des diagnostics qui sont faits, alors que ça représentait à peu près 1% au début du mois. Euh, donc, ce variant va prendre toute la place et ce variant présente la particularité d’être plus contagieux, donc avec, lorsqu’une personne est infectée un risque une fois et demie à deux fois plus important qu’elle transmette ce virus. Donc, on est confronté vraiment aujourd’hui à la nécessité d’être très vigilant, de détecter, de faire le diagnostic de ces infections, de pouvoir tester les contacts et de pouvoir isoler les cas infectés pour éviter une transmission, une dissémination trop importante de ces virus ».

 

Journaliste « Emmanuel Macron, qui dit également qu’il faut prévoir maintenant ce qu’on produira à l’automne et à l’hiver prochain en matière de vaccins. C’est possible ça ? »

 

Pr OL « Ça met en évidence la question d’une part de la durée de protection que confère ces vaccins [5]. Est-ce que on va être protégé de façon prolongée ou est-ce qu’il va falloir faire des rappels de vaccination, un peu comme on fait avec la grippe. Et puis, la deuxième question que ça pose, c’est, est-ce que ces vaccins vont rester pleinement efficace sur ces variants et si ce n’est pas le cas, la nécessité probablement de faire des vaccinations, des rappels ou des nouvelles vaccinations avec un vaccin qui sera adapté cette fois-ci aux variants. Et donc, là encore, on se rapproche de ce qu’on vit chaque année avec la grippe où il faut revacciner et adapter le vaccin en fonction des virus qui circulent ».

 

Journaliste « En clair, recommencer une campagne de vaccination dès l’automne prochain. C’est un peu ça hein ? Ce que vous dites ».

 

Pr OL « Personne ne peut le dire aujourd’hui. Mais, c’est dans les éventualités. Mais, à la différence de la grippe, on a des vaccins qui sont des vaccins efficaces, avec une efficacité qui est bien supérieure à celle qu’on observe avec la vaccination antigrippale [6]. Ce n’est pas le même virus. Ces vaccins à ARN messager, sont des vaccins extrêmement efficaces [7]. Donc, on va réussir à contrôler la circulation du virus, de ses variants, grâce à ces vaccins qui, on a de la chance et heureusement vont permettre de finalement de s’adapter au virus et à ses variants ».

 

[5] Une grande incertitude qui n’a toujours pas été levée…

 

[6] Il faudrait déjà que l’on connaisse l’efficacité du vaccin contre la grippe. Quelque part, la formulation du Professeur Odile Launay, laisse à penser que le vaccin contre la grippe n’est pas très efficace…

 

[7] Probablement chez les sujets jeunes et en bonne santé qui sont quasiment les seuls à avoir été inclus dans les essais. Mais, en revanche, nous ignorons quelle est l’efficacité chez les plus de 70 ans qui n’ont pas été inclus dans les essais Pfizer, Moderna et AstraZeneca

 

Pourquoi défend-elle aussi vertement les vaccins à ARN messager ? Pour le savoir, il suffit de regarder ses conflits d’intérêts déclarés (ou pas) par les firmes pharmaceutiques dans la base publique Transparence santé.

116 520 euros de montants d’avantages perçus, de montants de conventions et de rémunération. Pfizer étant son deuxième sponsor. En sachant que nous sous-estimons la réalité, car il existe une importante sous-déclaration, il est même possible de parler de dissimulation pour certains labos :

- 85 des 100 conventions signées (85%) par les industries de santé avec cette infectiologue, ne déclarent aucun montant ! La dissimulation est-elle devenue la règle ?

- Aucune des 32 conventions signées avec les 3 entités juridiques de SANOFI (SANOFI AVENTIS PASTEUR, SANOFI PASTEUR et SANOFI PASTEUR MSD SNC), ne comporte de montant !

- Aucune des 17 conventions signées avec les 2 entités juridiques de PFIZER (PFIZER SAS, PFIZER PFE FRANCE), ne comporte de montant !

 

Le Groupe SANOFI, « fleuron industriel français » détient-il un passe-droit sur Transparence santé ?

Le groupe PFIZER a-t-il aussi un passe-droit sur transparence santé ?

Sur la même radio, le 6 février (À 14:28 de l’enregistrement ici), voici ce qu’il se disait :

Journaliste « L’Info, Armel Balogog : Top départ de la vaccination avec le sérum d’AstraZeneca. Priorité aux soignants et aux personnes à risque de 50 à 65 ans. Pas au-delà, faute de données scientifiques suffisantes sur l’efficacité des doses sur les personnes âgées [8]. Les livraisons du vaccin donc, commencent aujourd’hui, 273 000 dans plus d’une centaine d’établissements et 300 000 de plus la semaine prochaine ». 

 

[8] Il y a deux poids, deux mesures ! La HAS refuse l’utilisation du vaccin AstraZeneca, faute de données probantes chez les personnes âgées. Mais elle ferme les yeux sur la baisse d’efficacité de dix points du vaccin Pfizer chez les volontaires de 70 ans d’âge médian, par rapport aux 18-65 ans sans facteur de risque, et sur l’absence de données d’efficacité établies chez les plus de 65-75 ans pour ce vaccin, comme pour celui de Moderna ! Honte à ce Comité technique des vaccinations corrompu par les fabricants de vaccins !

 

Mais, il y eu pire encore. Le 10 février sur la même radio d’information continue (À 15:19 de l’enregistrement ici), c’était au tour du comité d’experts de l’OMS de s’exprimer « Le groupe d’expert de l’OMS sur la vaccination anticovid, juge le traitement préventif d’AstraZeneca valable pour les plus de 65 ans [9]. Il peut également être administré dans chacun des pays soumis à la présence de variant du coronavirus, estime ce comité d’experts de l’organisation mondiale de la santé »

 

[9] Ce comité de l’OMS serait-il encore plus corrompu que celui de la HAS ?

En matière d’effets indésirables graves, parmi lesquels des décès observés dans les jours qui suivent la vaccination chez des personnes très âgées et frêles, sujet dont on ne parle plus, et dans le prolongement de ma chronique N°48 « Déjà 132 décès déclarés dans Eudravigilance seulement 26 jours après l’autorisation de mise sur le marché du vaccin Pfizer » (ici), je vous propose de prendre connaissance de la  lettre ouverte au Ministre britannique en charge de la campagne vaccinale anticovid, et au secrétaire d’Etat britannique en charge de la santé « Mise en garde urgente concernant les décès liés au vaccin Covid-19 chez les personnes âgées et dans les maisons de soins » – 5 février 2021 – (ici) et particulièrement bien documentée…

 

Autre sujet sur lequel il faut une fois de plus revenir, et qui illustre parfaitement le sentiment de résignation et de manque de curiosité, comme d’esprit critique, des médias et de leurs journalistes depuis le début de cette pandémie :

 

Le journal télévisé de 8h00 sur France 2, le 8 février 2021, s’ouvrait avec Julien Benedetto « Alors, pour limiter la propagation de l’épidémie, le protocole sanitaire est renforcé. A compter d’aujourd’hui, les masques en tissu, ces masques fait maison, sont interdits dans les écoles, collèges et lycées. Audrey Vuetaz : « Les masques fabriqués à la maison, ne sont plus les bienvenus à l’école ce matin. De la primaire au lycée, il faut désormais porter un masque chirurgical ou FFP2, ou encore un masque en tissu lavable de catégorie 1. Le but, limiter le risque de contamination par les nouveaux variants, car ces 3 modèles sont plus filtrants que les masques faits maison [10]. Pour reconnaitre un masque de catégorie 1, il faut regarder sur son emballage, et chercher s’il y a bien la mention UNS1, AFNOR-SPEC S76-001 (ici). En général, ils sont vendus en pharmacie ou en grandes surfaces. Les consignes sont claires. Ce sont aux parents de fournir ces masques à leurs enfants. Mais, en cas d’oubli et de doute, il n’y a pas encore de sanction prévue. Dans un premier temps, les établissements devraient pouvoir fournir un masque de catégorie 1 aux élèves qui n’en n’ont pas ».

 

[10] Quel journaliste a vérifié l’existence d’étude(s) clinique(s) randomisée(s) et contrôlée(s) publiée(s), bien conduite(s), ayant démontré chez des soignants ou dans le grand public, que le port du masque (quel qu’il soit, chirurgical, FFP2, ou en tissus de catégorie 1), par rapport à l’absence de masque, réduisait les nouvelles contaminations virales (virus respiratoires : grippe H1N1, syndromes grippaux, sars-cov-2…) ? Quel journaliste a eu la curiosité de consulter les normes AFNOR qui s’appliquent à ces masques et particulièrement celles qui évaluent le « pouvoir filtrant » ?

 

Vidéo « France 2_JT_Masque de fabrication artisanal interdit dans les écoles, collèges, lycées_08-02-2021.mp4 »

 

Pour mémoire, voici la méthode mise au point par la Direction Générale de l’Armement (DGA), Centre MNRBC (Maîtrise nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique) pour mesurer le « pouvoir filtration » des masques en tissu grand public de catégorie 1 :

 

« Chaque masque est disposé sur une tête de mannequin placée dans un caisson rempli de particules de sel [11]. Cette tête simule une respiration humaine. La comparaison entre la densité de particules présentes dans la bouche et celles contenues dans le caisson permet de calculer le pourcentage d’arrêt des particules » (Source : ici)

 

[11] Particule de sel de 3 micromètres de diamètre (soit 22 à 50 fois plus grosses que le virus sars-cov-2 qui mesure entre 60 et 14 nanomètres)

 

Les tailles comparées de particules de 3 µm avec celles d’un virus SARS-COV-2 respectivement de 60 nm et de 140 nm (taille minimal et maximal du nouveau coronavirus et de ses variants)

 

 

C’est mon côté cartésien, rationnel, curieux, bref scientifique. Personnellement, je ne prends pas tout pour « argent comptant ». J’ai partagé mes trouvailles sur l’inefficacité des masques et l’absence de pertinence des dernières recommandations en la matière du Haut Conseil de Santé Publique, dont on se demande ce qu’il a de « haut », dans ma chronique N°49 (ici), que je vous invite à (re)lire…

 

Décret du 27 janvier qui interdit le port des masques en tissus de fabrication artisanale à l’école, au collège et au lycée (ici)

 

Conclusion 

Je ne supporte plus ces spécialistes, pour la plupart PU-PH (professeurs des universités – praticiens hospitaliers), corrompus par l’argent des firmes pharmaceutiques ou des fabricants de matériel médical, qu’ils soient infectiologue, épidémiologiste, virologue, médecins de santé publique, anesthésistes-réanimateurs, etc…, qui se pavanent sur les plateaux TV, ou font entendre leur voix sur les ondes radiophoniques. Ils sont dans la dissonance cognitive. C’est-à-dire que pour ne pas se mettre dans la position inconfortable d’avoir à refuser les faveurs que leur accordent les industriels de la santé, ils s’autopersuadent que leurs produits (médicaments, dispositifs médicaux) sont les meilleurs chacun dans leur domaine, alors que ce n’est absolument pas la réalité.

 

Je ne supporte plus ces journalistes qui leur tendent le micro sans avoir investigué un minimum auparavant le sujet qu’il couvre ou sur leurs conflits d’intérêts déclarés dans Transparence santé pour les leaders d’opinion qu’ils interviewent. Ils n’ont pas analysé les informations élémentaires et ne pose pas les bonnes questions. La Loi voudrait d’ailleurs que lorsque quelqu’un qu’ils interrogent s’exprime sur un ou plusieurs produits de santé, qu’ils lui demandent de déclarer ses liens d’intérêt. Ils ne le font jamais et il n’y a jamais de sanction…

 

Cette perte d’esprit critique, que chacun aura pu constater, est-elle simplement liée à une « paresse intellectuelle », à de la crédulité, à la dérive vers plus d’immédiateté de l’information dans les médias, ou à une soumission à des pressions pour interroger un tel, plutôt qu’un autre ou encore, pour relayer au mieux la communication gouvernementale ?

 

Cette question me semble cruciale en cette période si particulière.

Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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