Crise sanitaire : de la malveillance des puissants

Crise sanitaire : de la malveillance des puissants

Publié le 11/11/2021 à 09:00
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Auteur(s): Serge Rivron, pour FranceSoir

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TRIBUNE — Du fait de l’abjection mercantile et sanitaire qui a pris le pouvoir dans les nations occidentales la pandémie que nous subissons est un triomphe pour la part maudite de l’humain : nous assistons à la fois au triomphe exécrable des kapos, des menteurs, des minables, de la lâcheté, de la bêtise et de la veulerie. Un triomphe qui est exactement de même nature que celui qu'offrent toutes les tyrannies aux collabos et aux aigris. Assujettie par la peur, l'humanité se résume au pire d'elle-même.

Oui, la magnifique gestion de la « crise sanitaire par les dirigeants occidentaux aura eu sur l’humanité des effets effroyables, dont il est hélas à prévoir qu’ils perdureront bien au-delà du moment où toute cette clique aura été désavouée par l’explosion de la vérité – explosion d’autant plus éloignée et tardive que tout ce qu’il y a de plus hideux en l’homme n’a cessé d’être sollicité pour permettre à la charge de mensonges nécessaires aux mercantis qui nous gouvernent de bien asseoir leur sujétion.-

Tous les ressorts de la laideur mentale et psychologique auront en effet été sollicités, non seulement en tant que composantes de l’âme, mais en tant que carburant des interactions cognitives et sociales les plus néfastes.

Sous la houlette abjecte de la peur, bien sûr, parce qu’il n’est pas de meilleur moyen de réduire l’intelligence humaine à néant. La peur rend celui qui en est atteint non seulement perméable à n’importe quelle sottise, mais aussi prêt à exercer sur ses semblables toutes les agressions susceptibles de leur nuire pour peu qu’il s’en sente justifié par son droit à survivre. La violence devient instantanément légitime, dès lors qu’elle permet d’écarter de son chemin celui ou ceux qui menacent son paisible cours. C’est ainsi que nos gouvernants n’ont eu de cesse de terroriser les crédules, à coups de chiffres de décès, à coups de statistiques de risques menaçant la vie de chacun jusque dans son intimité. Mais ils ont aussi réussi à les persuader qu’il était moralement responsable et civique de se faire le petit flic de ses voisins, de ses collègues, et même de sa propre famille. Ils ont introduit la division et la suspicion, les ont récompensées.

Les ayant divisés et affolés, ils ont fait de citoyens qui se croyaient adultes et responsables, des enfants idiots et désespérés – car ils ont aussi aboli l’espérance, et c’est sans doute ce qu’ils ont commis de plus grave et de plus odieux. Et le paradoxe, c’est que chez nous, en France, ceux qui ont orchestré cette monstruosité l’ont fait au prétexte de la bienveillance qu’ils avaient mise à leur programme !

Ayant trompé et rabougri l’intelligence de leurs menaces, ceux qui diffusent et manipulent la peur possèdent du même coup un ressort incassable pour s’assurer dans la durée l’assentiment des imbéciles qu’ils ont dupés : l’orgueil - puisqu’il est impossible à un humain normalement doté de reconnaître qu’il a été trompé, mais aussi qu’il a, qui plus est, fait sous lui depuis des mois. Ainsi, les dupés s’enfoncent dans l’erreur et le déni jusqu’à préférer voir détruits ceux qui osent les confronter aux conséquences de leur jobardise. 

Tout ce qu’on voit triompher depuis dix-huit mois, l’aigreur des incompétents des plateaux, l’incohérence institutionnelle et institutionnalisée, le mensonge assumé et permanent de ceux qui étaient censés nous informer et nous protéger, le chantage, la délation, la félonie de nos représentants - dont la récente abdication de leurs prérogatives par 122 députés supporters du tyran Macron, bref : la trahison de tout l’apanage des vertus humanistes qui ont fondé notre culture, découle de cette manipulation malveillante de l’âme par la peur.

Méfiance et flicage sont devenus les deux mamelles de notre quotidien malade. Dans les lieux publics, les magasins, sur les places et les rues, même, on ne compte plus les interventions hargneuses de citoyens arborant fièrement leur regret de ne pas voir châtiés séance tenante ceux qui refusent le conformisme servile maquillé du faux-nez de « civisme » et réclamé par la hiérarchie étatique - ce monde où nul ne se sent plus coupable de déshonneur puisque chacun s’empresse de revendiquer de n’en être qu’un pion obéissant, : « je me contente de respecter la consigne, moi, monsieur ».

Ainsi l’infection qui règne a gangrené la société et les rapports humains à un point tel qu’elle est capable désormais, de « rouler toute seule » ; et l’on voit effectivement mal comment l’humanité pourra lui survivre, quand elle a laissé le conformisme et l’angoisse la salir jusqu’à tolérer que ses meilleurs serviteurs, les plus utiles contributeurs au bien-être social soient chassés de leurs postes par la volonté arbitraire d’une poignée de manipulateurs incompétents et nocifs. Qu’il suffise de rappeler :

- Les médecins et chercheurs bannis de leurs fonctions pour avoir dit ce qu’il ne fallait pas dire, pour avoir soigné avec ce qu’il fallait refuser de prescrire pour ne pas qu’on s’aperçoive que des remèdes sans danger et peu chers sont efficaces, pour avoir cherché à rassurer et à prendre en charge des mourants ;

- Les soignants interdits de fonctions parce qu’ils refusaient de se plier à l’obligation de subir une pseudo-médication non testée et dangereuse ;

- Les sauveteurs qu’on empêche de sauver, pour les mêmes raisons, et alors qu’on a arrêté l’économie des deux tiers des nations du monde en prétextant du danger de saturation de nos capacités de secours et de soin ;

- Les enseignants, professeurs des lycées et collèges, poussés à la démission parce qu’on leur demande d’enseigner masqués à des enfants que le masque étouffe physiquement et mentalement ; hommes et femmes dont la vocation est précisément de transmettre à des petits d’homme les outils qui font de l’homme un être de liberté et d’unicité, dont on exige qu’ils les élèvent soudain comme du bétail anonyme ;

- Flics, même – pourtant le seul corps professionnel à qui le projet délétère de nos gouvernants fait risette et dont l’avenir prospère, quand celui des autres a disparu – mais qui sont vomis par tous parce qu’ils sont sommés de discriminer et de punir de préférence les citoyens qui sauvent l’honneur de nos valeurs et de laisser courir ceux qui les méprisent.

Les dupes du récit délétère du régime me disent en général que l’humanité n’en est hélas pas à sa première traversée du désert, et qu’il y a des exemples pas très vieux d’abominations dont elle a réussi à se relever. Sans doute. Il n’empêche que depuis quelque temps, - trois ou quatre mois, pas plus - j’entends fréquemment, des vieilles gens ou des personnes que la maladie condamne, me dire, ou m’écrire, que le monde tel qu’il se dessine leur semble si odieux que l’approche de la mort leur paraît presque heureuse ! Et je ne suis pas certain que ce genre de pensées ni de propos aient été souvent annonciateurs de lendemains qui chantent.

Si l’avenir advient finalement, ce ne sera certes pas à ceux dont chaque décision, chaque mot, chaque acte le font déchanter qu’on le doit mais, comme toujours, à ceux qui auront su leur résister. Car seule l’espérance sauve l'avenir.
 

Serge Rivron a été rédacteur-concepteur en publicité, critique littéraire, de spectacles et de cinéma pour Libération et a collaboré aux revues Résonances, Stroker, Segno cinema, Verso, Nunc, e-torpedo, Bellaciao.org, Stalker, Les Corps Célestes et Antipresse. Il est le cofondateur d'Ecrits Studio et du Festival du film rhônalpin qu'il a coordonné pendant 17 ans. Il ne rechigne pas à tremper sa plume acide dans le commentaire de l'actualité. Il est l'auteur de Crafouilli (Les provinciales, 2000), La Chair (Jean-Pierre Huguet éditeur, 2008) et Octobre russe (Pluton, 2010). Voir son site.

Auteur(s): Serge Rivron, pour FranceSoir

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