De Pandore à la Pandémie

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Jean-Pierre Tournier pour FranceSoir
Publié le 27 novembre 2020 - 18:11
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De Pandore à la Pandémie
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Tribune : Prométhée est l’archétype du philosophe, il n’a pas dérobé le feu, bien au contraire il l’a découvert en lui-même. C’est ce feu interne qui offre la chaleur au corps et le soutien, c’est ce feu particulier qui lui offre la lumière métaphysique pour le guider hors de la caverne des illusions médiatiques et superficielles. C’est l’esprit qui anime l’intelligence commuée en sagesse, elle est liée au « rocher », base fixe contenant la source divine de l’esprit du vin, volatil. C’est l’esprit seul qui peut fixer le soleil sans se brûler la rétine et qui offre la régénération perpétuelle. Quand le feu est extériorisé, il crée le désordre et le chaos au sein des diverses manifestations populaires séculaires, notamment celle de la révolution française, mais aussi celle qui a saccagée le parlement d’Arménie et plus récemment le parlement du Guatemala.

L'image de Jupiter assis sur les nuages est une vision pour les enfants de moins de 7 ans que nous devons abandonner. Pour Platon le principe supérieur est inconnu, pour Pythagore il est le Grand Architecte de l'Univers. Le philosophe tout comme le scientifique étudie et cherche à comprendre par lui-même en observant la Nature microscopique, macroscopique, il étudie aussi l'Homme sociétal, l'Homme moral, du physique à la psyché.

C'est pour cette simple raison, que nous devons nous libérer pour chercher par nous-même, sans instituteur formaté, à séparer le vrai du faux en nous, puis, par extension, le vrai et le faux commun avec nos semblables. Par ce biais, voir si on peut en tirer des leçons générales, physiques, morales, spirituelles. La démarche d’un adulte part du postulat que nous devons apprendre à connaître au lieu de croire.

 

C'est ce que proposent les sociétés fraternelles séculaires qui en raison de tout ce que nous venons d'énoncer ont été pourchassées par la religion politique et jugées dangereuses par le pouvoir, car émancipant leurs membres à devenir des Hommes libres, affranchis de la superstition, des fausses croyances et de la bigoterie. Quand une obédience politique pose l'anathème, excommunie ses semblables, nous avons à faire à un système dévoyé, il n'est plus la maison de l'Esprit, mais une sorte de secte politique nauséabonde.

 

"Heureusement, certains sont nés avec un système immunitaire spirituel qui, tôt ou tard, rejettent la vision illusoire de ce monde qui leur a été greffée depuis la naissance jusqu’au conditionnement social.

Ils commencent à sentir que quelque chose est mal ; apparaît alors la recherche de réponses.

La connaissance intérieure et les expériences extérieures anormales leur montrent un côté de la réalité que les autres ignorent et ils commencent ainsi leur voyage vers l’éveil.

Chaque étape du voyage est faite en suivant leur cœur au lieu de suivre la foule et en choisissant la connaissance et non pas les voiles de l’ignorance." Henri Bergson (1859-1941)

 

Quant au sein de l’Homme, la boite de Pandore est ouverte il est envahi par les maux. Il en est de même pour l’Etat quand la notion de servir à la Nation a disparu, l’eau nourricière républicaine se corrompt, et au lieu d’abreuver la bienfaisance et la bienséance, base du bonheur national, elle devient un acide qui s’infiltre partout en cascade de l’exécutif au législatif à l’administratif au point où, un préfet départemental puisse donner des ordres illégaux aux regards du Droit aux brigades garantes de la paix. Las, force est de constater que d’esprit, nul n’est avisé que par son conscient, vu que c’est par celui-là même que nous nous jugeons. Par conséquent les hommes se complaisent dans de fausses idées et opinions, car l’erreur a comme la Vérité ses amants. Assurément nos dirigeants ont décidés de se faire haïr plutôt qu’être aimés, ce choix néfaste et étonnant les conduit sur des situations périlleuses dont l’Histoire est parsemée.

 Il n’existe en définitive qu’une seule gouvernance celle de servir le principe de toutes choses.

 

« Il y a en effet deux façons de prendre soin de toute chose : la première, générale, qui consiste à mettre en ordre en commandant avec une autorité royale sans intervenir, et la seconde, particulière, qui consiste à produire immédiatement soi-même et qui provoque, par le contact de l'agent avec ce sur quoi il agit, la contamination du premier par le second » Plotin - Traité 1-6.

 

Voilà bien exprimé la différence entre servir avec la Nation et la prétention de servir la Nation en suivant des intérêts particuliers : la contamination matérielle provient de là ! Heureusement tous les maux sont sortis de la boite de Pandore, mais la « patience » cachée tout au fond, a été préservée car elle contient la corne d’abondance garante de jours meilleurs. Quelle merveilleuse mythologie antique qui enseigne aux humbles de toutes époques !

 

Quand les vertus ne sont pas acquises, point de Justice et point de Clémence. La Tempérance faisant défaut, la Prudence devient une maigre opinion qui reflète le manque de Force : celle-ci nécessite dans les bases mathématiques et géométriques de profonds travaux entre la rectitude, l’ubiquité et la Loi. Le véritable fondement d’une constitution est le caractère social ; quand le vinaigre est mélangé à l’huile nous avons à faire à une escroquerie, tout particulièrement quand on porte atteinte à ce fondement en se prétendant représentant de la Nation. Heureusement les mémoires ne nous limitent pas, elles nous protègent, un peuple ou un individu sans mémoire est condamné à recommencer les mêmes erreurs.

 

« Souviens-toi que tu es comme un acteur dans le rôle que l’auteur t’a confié : court s’il est court ; long s’il est long. Il dépend de toi de bien jouer ton rôle mais non de le choisir » Epictète

 

Vous l’avez compris la véritable pandémie, celle qui va causer le plus de blessés et de morts, est l’épidémie virale de la destruction de nos acquis sociaux, de nos libertés, de notre pouvoir d’achat savamment orchestrée sur l’échiquier mondial depuis des décennies, la destruction des infrastructures hospitalières, mais aussi de notre souveraineté, pour la remplacer par la dépendance aux minima sociaux. Tout a commencé avec l’abaissement du revenu des agriculteurs et l’incurie programmée touche à présent les commerces ; les crises inventées sont comme des guerres internes artificielles qui suppriment des emplois et en définitive affaiblissent la véritable économie locale pérenne d’une richesse partagée et contributrice de stabilité et de paix sociale. Au lieu de cela nous assistons à la naissance de lois scélérates accompagnés par des décrets tout aussi mortifères qui nous accompagnent en fin de démocratie vers un système qui ne porte pas son nom mais dont on devine la finalité.

En réalité je ne sais pas si vous avez pris conscience de l’existence de la « porte », si vous l’avez cherché, si vous l’avez trouvé, si vous avez toqué sur elle dans l’attente et si de l’intérieur elle a été ouverte pour vous offrir la « Pax Republica »  afin d’être anobli par elle.

 

« Socrate : Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu’on appelle aujourd’hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l’un ou l’autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l’impossibilité d’agir ainsi, il n’y aura de cesse, aux maux des cités, ni à ceux du genre humain »

  • La République, Platon

 

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