Le tir à balles réelles, une nouvelle thérapie prometteuse dans la lutte contre le Covid-19 ?

Le tir à balles réelles, une nouvelle thérapie prometteuse dans la lutte contre le Covid-19 ?

Publié le 21/11/2021 à 19:30
©Getty
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Auteur(s): Erwan Lubovski, pour FranceSoir.

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HUMEUR - Alors qu’une « cinquième vague » s’apprête à engloutir l’Europe, tous les regards du vieux continent se tournent vers les « non-vaccinés »  dont la responsabilité dans l’inefficacité du vaccin semble désormais établie. La peur gagne, un vent de panique se lève, il faut agir, et vite !

« Si rien n’est fait, on aura 80 000 cas à Noël » a affirmé le professeur William Dab sur LCI ce vendredi. « Antivax : comment s’en débarrasser ? » titrait CNews samedi matin, tandis que Renaud Muselier qualifiait les non-vaccinés de « bombe virale » un peu plus tôt dans la semaine* et que la présidente de la BCE Christine Lagarde estimait qu’ils représentaient une « menace pour la stabilité financière. »

Il y aurait de quoi craindre le pire si les initiatives encourageantes ne se multipliaient dans l’Union européenne ces derniers jours. Ainsi l’Autriche (fidèle à ses traditions) a-t-elle testé l’enfermement des non-vaccinés (avant finalement d’enfermer tout le monde) ; la France s’est illustrée en envoyant des chars ou le GIGN mater la rébellion des Guadeloupéens qui s’opposent aux mesures sanitaires ; et la Lettonie a suspendu les députés non-vaccinés... Pas mal, mais ce sont les Pays-Bas, terre historiquement progressiste, qui ont été cette fois à l’avant-garde en proposant une nouvelle approche thérapeutique à ses citoyens récalcitrants : le tir à balles réelles.

On se demande bien pourquoi personne n’y a pensé avant. Le calcul est pourtant simple, en se débarrassant des 10 ou 20% de non-vaccinés de la population, on atteindrait le Graal des 100% de vaccinés ! CQFD. Fin de partie pour le Covid, retour immédiat à « la vie d’avant », enfin ! Une thérapie de choc qui porte en elle de nombreux bénéfices, comme la fin du passe sanitaire, et donc la réhabilitation de cette « liberté » que quelques poignées d’illuminés complotistes s’imaginaient avoir perdue avec l’instauration du passe en question. Ironie de l'histoire, ils ne seront plus là pour en profiter.

Un nouvel espoir ?

À la liste des atouts de cette nouvelle thérapie prometteuse s’ajoute celle de l’économie. Outre le fait qu’une balle coûte moins cher qu’un vaccin, les défenseurs de cette méthode originale notent que « le schéma thérapeutique complet » sera beaucoup plus accessible, puisqu’aucun rappel ne sera nécessaire ! Tout se règlera d’un coup, d’un seul ! Voilà qui devrait faire taire les récriminations des râleurs toujours prompts à discuter une politique sanitaire qui ne se soucie pourtant que de leur bien-être.

L'occasion aussi de rabattre le caquet des anti-science, puisque point d’expérimentation ou d’innovation révolutionnaire ici, que de l'ancien, du bio, du solide : une méthode ancestrale qui a fait ses preuves sous toutes les latitudes. Et cette fois, il ne sera pas nécessaire d'invoquer un futur imaginaire pour avancer un hypothétique « on n'a jamais eu autant de recul. » Le recul est déjà là.

« Ça va piquer un peu »

Mais ne nous emballons pas. Il n’y a bien sûr pas de solution idéale ou de « baguette magique » pour nous sortir de la crise sanitaire, et cette thérapie pourtant prometteuse de la « balle réelle » n’est pas encore mise en place qu’elle se trouve déjà des détracteurs dont la mauvaise volonté n’a d’égale que l’irresponsabilité. « Une balle, ça fait mal », ont fait remarquer certains d’entre eux. On ne les contredira pas là-dessus, et les non-vaccinés étant notoirement des chochottes qui ont peur des piqûres (cf. Cyril Hanouna), on peut bien leur accorder qu'une balle fait plus peur qu’une aiguille et un fusil qu’une seringue. Mais à la fin, il s’agit de sauver des vies !


Il est vrai également que le 9 mm, munition la plus courante des forces de l’ordre européennes manque un peu d’efficacité ou de puissance. Avec un soupçon d’ambition, on pourrait très bien imaginer nos policiers équipés de calibre 12. Utilisé à distance rapprochée, celui-ci à l’avantage d’une efficacité maximale et d'une vitesse record. « On ne sent rien... », ont rassuré plusieurs experts médiatiques sur la base de témoignages recueillis post-mortem : «...Vous serez soufflés ! » De quoi rassurer les derniers sceptiques.

L'union, c'est la force !

On déplorera malgré tout une fois de plus le manque de coordination en Union européenne : quand l’Autriche teste l’enfermement des non-vaccinés, la France teste les chars en Guadeloupe, et les Hollandais le tir à balles réelles. Où est le partage ? Où est le projet commun ? Voilà qui malheureusement apportera de l’eau au moulin des détracteurs de l’UE qui ne manqueront pas de pointer du doigt cette propension des pays membres à faire cavalier seul, en dépit du bon sens.
 


Est-il si compliqué pour les dirigeants de faire front commun, d’organiser un brainstorming à Bruxelles d’où émergerait une solution globale, et pourquoi pas (soyons fous) finale ?! On pourrait idéalement imaginer une convergence des mesures : confinement des non-vaccinés (et autres anti-tout) contrôlé par des chars qui tireraient à balles réelles (calibre 12) sur les contrevenants ? Un peu d’audace ! Ou alors que l’on ne s’étonne pas de voir les « eurosceptiques » dénoncer une nouvelle occasion manquée de bien faire.


Enfin, reste à espérer qu’a minima les grands médias prendront le problème à bras-le-corps, et qu’après le sondage « Faut-il enfermer les non-vaccinés ? » de BFM (60 % de oui), on nous propose rapidement un sondage « Faut-il tirer sur les non-vaccinés ? ». Le résultat risque d’en surprendre plus d’un.   

 

*oubliant un peu vite que lui-même, double vacciné, a contaminé douze personnes : voir "Renaud Muselier et la vaccination : à trop vouloir prouver..."

Auteur(s): Erwan Lubovski, pour FranceSoir.

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