Les jeunes avec Macron : la série qui nous prend pour des cons

Les jeunes avec Macron : la série qui nous prend pour des cons

Publié le 03/09/2021 à 14:35 - Mise à jour le 08/09/2021 à 11:07
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Auteur(s): Axel Messaire, pour FranceSoir

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TRIBUNE - L'Élysée a donné son feu vert au mouvement des "Jeunes avec Macron" pour réaliser une campagne d'affichage pré-présidentielle. Après le coup d'éclat avec McFly et Carlito, après les stories instagram centrées sur mangas ou jeux vidéos et ses clichés "hot" à Saint-Martin, la prochaine apparition de notre héros national se fera sur les abribus et sous les couleurs de Netflix en tant que "Président des jeunes". TOU-DOUM, comme qui dirait.

S'agissant des coups de communication, Emmanuel Macron a déjà montré quelques failles. Encore hier, on l'écoutait nous souhaiter une bonne rentrée et rendre hommage à Samuel Paty tout en brandissant le cadre de McFly et Carlito grimaçants (ce qui n'était, soit dit en passant, pas du tout ce qu'il avait promis). 

Voir aussi : Macron, les jeunes et les influenceurs

Alors cette fois-ci, c'est la nouvelle génération qui prend le relais pour montrer son fervent soutien au chef de l'État. Propagande, vous dites ?

@Capture d'écran Le Parisien

Tant elle est parlante, nous ne nous arrêterons pas trop longuement sur la forme de cette affiche. Notons toutefois que pour un "Président des jeunes", le regard tourné vers le passé (la gauche) n'est pas un signe très rassurant... Bien que nous soyons habitués à l'autosatisfaction et au fantasme chez les représentants de LREM (nous reviendrons sur les efforts fournis), le bon sens voudrait que l'on associe plutôt la jeunesse à l'avenir. Les Jeunes avec Macron, eux non plus, n'en sont plus à leur coup d'essai en termes de communication, s'étant déjà entraînés en personnalisant chaussettes, décapsuleurs et casquettes à l'effigie de Brigitte et Manu. Pour les adeptes, rendez-vous sur la boutique en ligne !

Les efforts fournis par le gouvernement

Un peu plus d'un an après le lancement de la fameuse plateforme d'emploi "1jeune 1solution", les membres du gouvernement se sont félicités des résultats : neuf milliards d'euros dépensés, plus de trois millions de visites, 520 000 CDI et CDD signés, et surtout une progression de 42 % des contrats d'apprentissage. Sans oublier que les étudiants ont aussi eu droit à des "chèques psy", à des repas au CROUS à 1€, à un pass culture et à un nouveau numéro vert. Alors, de quoi se plaint-on ?

D'abord, nous pouvons faire dire ce que l'on veut aux chiffres.

Dans un entretien donné à Alternatives économiques le 29 avril dernier, Inès Minin, secrétaire nationale CFDT, charge : "Quand on écoute le gouvernement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, les chiffres sont bons, les objectifs de l’apprentissage ont été dépassés… mais la réalité est plus compliquée, beaucoup de jeunes n’ont encore rien trouvé, ni apprentissage ni place de stage". Elle explique ensuite que sur les 52 000 jeunes concernés, seuls 18 000 auraient réussi à trouver un contrat, 12 000 jeunes seraient « sortis sans solutions », 10 000 auraient abandonné leur formation et 7 000 seraient toujours en recherche, ce que le syndicat qualifie de « demi-échec » voire de « leurre pour les jeunes ». 

Par ailleurs, l'Insee rapporte que le taux d’emploi précaire des 15-24 ans qui travaillent est passé de 17,3 % à 52,6 % entre 1982 et 2020. Bien que la même tendance s'observe chez les autres classes d'âge, ce sont bien les jeunes qui sont le plus à plaindre.

Enfin, le 15 août dernier, l'UNEF rendait aussi son rapport : 

En somme, pas de quoi se retourner fièrement vers le passé, ni bomber le torse au présent.

Et au futur alors ?

Les jeunes, ce sont aussi ceux qui seront restés enfermés chez eux alors que la pandémie ne les concerne que peu, que ce soit en termes de contamination ou de transmission. Ce sont ceux qui, le dirons-nous assez, n'auront pas pu bénéficier d'une vie sociale normale, dont ils ont pourtant besoin plus que quiconque. Ce sont ceux qui subiront les conséquences encore inconnues mais bien craintes de la crise économique qui se prépare. En somme, ce sont ceux qui auront été sacrifiés sur l'autel de la santé et du confort de leurs aînés

Alors que pendant les Trente Glorieuses, ce sont les aînés qui souffraient de la situation politique et économique, aujourd'hui, le paradigme a été inversé. Nos aînés ont vécu avec un emploi et ont pu construire leur vie décemment, transportés par une mondialisation incessante qui les propulsait sans cesse aux quatre coins du monde et qui leur offrait des bijoux de technologie, sans que ses conséquences sur l'environnement ne soient soulignées. Et aujourd'hui, les mesures sanitaires drastiques protègent leur santé au détriment de la jeunesse. Les emplois se font de plus en plus rares et l'économie a du plomb dans l'aile, pendant que l'environnement continue de pâtir d'une industrie capitaliste qui vit son chant du cygne. C'est donc sous couvert de passe sanitaire et de vaccination autoritaire que les jeunes d'aujourd'hui avancent tant bien que mal dans la vie.

Voir aussi : l'entretien avec Juliette Deschateaux, fondatrice du site web "Contre la vaccination obligatoire des étudiants"

Les jeunes, ce sont aussi tous ces enfants qui grandissent enfermés avec leurs parents et enseignants masqués, qui connaissent déjà une baisse de leurs capacités cognitives allant jusqu'à 40 %. Tout ceci promettant de nombreuses maladies chroniques à l'avenir.

Finalement, Emmanuel Macron est peut-être un jeune lui-même, mais de là à dire qu'il en soit le Président, c'est un peu cavalier. Quoi qu'il en soit, pour la série Macron comme pour beaucoup d'autres, passée la cinquième saison, ça devient un torchon. Réfléchissons.

Auteur(s): Axel Messaire, pour FranceSoir

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